Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

26 mai 2009

Le président Obama condamne fermement les essais nucléaires de la Corée du Nord

 
Manifestation anti-nucléaire à Séoul (Corée du Nord) le 25 mai 2009.
Des Sud-Coréens se manifestent contre l'essai nucléaire de la Corée du Nord le 25 mai 2009 à Séoul.

Washington - Le récent essai nucléaire et les lancements de missiles à courte portée par la Corée du Nord représentent « une grave menace pour la paix et la sécurité dans le monde, et je condamne fermement ces agissements inconsidérés », a déclaré le président Obama à la Maison-Blanche le 25 mai.

Le chef de l'exécutif américain a affirmé que ces actions entreprises par le régime nord-coréen mettaient en danger tout le nord-est asiatique, enfreignaient le droit international et allaient à l'encontre des engagements déjà pris par la Corée du Nord de ne plus effectuer d'essais d'armes nucléaires ou de missiles balistiques. La Corée du Nord a procédé le 25 mai (le 24 mai à 21 h, heure de Washington) à l'essai souterrain d'une bombe atomique et à trois tirs de missiles balistiques sol-air et sol-mer à courte portée. Le 26 mai, elle a lancé deux autres missiles.

« La Corée du Nord n'obtiendra ni la sécurité ni le respect par la menace et par des armes illégales », a souligné le président. « Les efforts de la Corée du Nord en vue de mettre au point des armes nucléaires, de même que son programme de missiles balistiques, constituent une menace à la paix et à la sécurité mondiales. »

Le 25 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné à l'unanimité le tout dernier essai nucléaire nord-coréen, avec deux alliés traditionnels de la Corée du Nord, en l'occurrence la Chine et la Russie, exprimant leurs fermes objections à ce test, ont indiqué des responsables américains.

Des responsables du gouvernement nord-coréen ont informé le département d'État de l'intention de Pyongyang de procéder à un essai d'explosion nucléaire moins d'une heure avant que celui-ci n'eût lieu. Le Service géologique des États-Unis a confirmé avoir détecté une activité sismique de source artificielle à l'installation nord-coréenne d'essais nucléaires sur la côte est de ce pays au moment où son gouvernement dit avoir procédé à une explosion souterraine, a indiqué un haut responsable du gouvernement des États-Unis.

Immédiatement après avoir été notifiés par des représentants du gouvernement nord-coréen de l'imminence d'un essai nucléaire, les États-Unis en ont informé la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, qui sont leurs partenaires aux pourparlers à six, l'initiative qui vise à convaincre la Corée du Nord d'abandonner son programme de mise au point d'armes nucléaires, a précisé le même responsable.

Celui-ci, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que cet essai nucléaire effectué par la Corée du Nord avait une puissance de quelques kilotonnes d'explosifs, soit environ la même que celle de son test mené en 2006. L'analyse des données sur cette explosion par des experts américains en armements nucléaires se poursuivra pendant quelques jours encore, a ajouté le haut responsable gouvernemental.

La Corée du Nord a effectué son premier essai d'une bombe nucléaire en octobre 2006, ce qui a poussé le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter la résolution 1718. Celle-ci interdit à la Corée du Nord de procéder à des essais de missiles, d'armes nucléaires et de lancements. Mais, le 5 avril dernier, ce pays a lancé un missile de type Taepodong-2, d'une portée de 6.700 kilomètres, susceptible, théoriquement, de menacer l'Alaska, Hawaï et la majeure partie de l'Asie de l'Est. Cet essai qui, d'après les autorités américaines, a été un échec (la fusée a plongé dans l'océan Pacifique), a été qualifié de violation de la résolution du Conseil de sécurité. Ce dernier a conséquemment publié une déclaration présidentielle condamnant le lancement du 5 avril.

Dans le cadre de l'émission de la chaîne CBS intitulée Early Show et diffusée le 26 mai, la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, Mme Susan Rice, a déclaré : « Nous devons prendre du recul et reconnaître que le comportement irresponsable de la Corée du Nord au cours des derniers jours - son essai d'un engin nucléaire, ses essais de lancement de missiles à courte portée - sont clairement des actions provocatrices et déstabilisatrices. »

Elle a ajouté que le Conseil de sécurité allait chercher à adopter une nouvelle résolution « qui aura plus de mordant. J'escompte des sanctions supplémentaires. » Elle a toutefois précisé que les États-Unis et leurs partenaires des pourparlers à six souhaitaient un règlement diplomatique de ce dossier.

« Nous allons œuvrer avec nos amis et alliés pour faire front à cette attitude et nous allons redoubler d'efforts en vue de créer un régime international de non-prolifération que tous les pays seront tenus de respecter », a déclaré M. Obama dans la roseraie de la Maison-Blanche.

Selon le haut responsable du gouvernement, M. Obama s'est entretenu avec le premier ministre japonais Taro Aso et avec le président sud-coréen Lee Myung-bak aux fins de consultation et de coordination de la réaction à l'essai nucléaire nord-coréen. Dans le même temps, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a téléphoné à des responsables russes et chinois. La Maison-Blanche a fait savoir que le gouvernement s'engageait à rechercher une action du Conseil de sécurité qui comprendrait des mesures concrètes pour endiguer les activités de la Corée du Nord dans les domaines des armes nucléaires et des missiles balistiques.

M. Lee a annoncé que la Corée du Sud allait participer à l'Initiative de sécurité contre la prolifération (PSI), parrainée par les États-Unis, qui regroupe plus de 90 pays autorisés à intercepter des navires et des avions soupçonnés de transporter des armes de destruction massive et matériels connexes.

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