20 mai 2009

Washington - Les États-Unis aideront la Bosnie-Herzégovine et les autres pays des Balkans à adhérer à l'Union européenne, ceci étant « la seule voie réelle qui mènera à un avenir de sécurité et de prospérité », a déclaré le vice-président Joe Biden.
Dans un discours prononcé le 19 mai au parlement bosniaque à Sarajevo, M. Biden a exhorté les personnalités politiques du pays à écarter leurs différends et à œuvrer de concert sans tenir compte des divisions ethniques ou des rivalités politiques.
« Notre message est clair : le gouvernement Obama-Biden maintiendra et redynamisera l'engagement de longue date des États-Unis en faveur d'une Europe entière, libre et en paix. La porte est ouverte aux pays de cette région pour qu'ils se joignent à une telle Europe », a dit M. Biden, selon le texte de ses propos publié à Washington.
« Les États-Unis vous aideront à passer par cette porte. »
Mais M. Biden a également indiqué aux parlementaires bosniaques que les États-Unis étaient inquiets de la tendance actuelle observée dans le pays. « Depuis trois ans, nous sommes témoins d'une recrudescence dangereuse du discours nationaliste qui joue sur la peur de la population pour fomenter la colère et la rancœur », a souligné le vice-président des États-Unis.
M. Biden a affirmé que le seul avenir réel était de se joindre à l'Europe en tant que Bosnie-Herzégovine ; mais pour le moment, « vous ne suivez pas ce chemin », a-t-il ajouté.
Le vice-président a également dit aux parlementaires que certains avaient tenté de rebrousser chemin au regard des réformes essentielles qui ont été entreprises au cours de la décennie écoulée et qui avaient conduit l'Union européenne et l'OTAN à offrir à la Bosnie-Herzégovine de devenir membre de ces organismes multinationaux. « Nous avons entendu certaines voix s'exprimer dans le langage du maximalisme et de l'absolutisme qui détruit les États, et non pas celui du compromis et de la coopération qui permet de les bâtir », a déclaré M. Biden.
« Les résultats sont prévisibles : un manque de confiance de plus en plus profond entre les collectivités, l'impasse au sujet des réformes, et des positions dangereuses quant à l'avenir qui rappellent les tragédies que la population de ce pays n'a pu surmonter qu'avec beaucoup de difficultés », a indiqué M. Biden.
En 1995, les États-Unis ont contribué à faciliter la conclusion d'un accord de paix qui a préservé les frontières internationales du pays et mis fin à trois ans de guerre. La conférence qui a permis d'y arriver avait été tenue à la base Wright-Patterson de l'armée de l'air des États-Unis à Dayton, dans l'État de l'Ohio ; c'est pourquoi l'accord définitif conclu en novembre 1995 a été baptisé Accords de Dayton.
« Vous devez concentrer vos talents et votre énergie sur les questions qui sont d'un intérêt essentiel à tous les Bosniaques - la création d'emplois, la croissance économique, l'éducation de vos enfants », a dit M. Biden. « Vous devez accepter le fait que la Bosnie a besoin d'un système équilibré qui garantisse les intérêts de tous les peuples et minorités qui constituent sa population. »
M. Biden a atterri à Sarajevo le 19 mai, la première étape d'une tournée de trois jours dans les Balkans ; il doit se rendre en Serbie le 20 mai puis au Kosovo le lendemain. À Sarajevo, M. Biden a été rejoint par Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne et par le représentant de celle-ci pour la Bosnie, Valentin Inzko.