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12 mai 2009

La remise en liberté de Mme Saberi par les autorités iraniennes est encourageante

 
Reza et Akiko Saberi
Les parents de Roxana Saberi, Reza et sa femme Akiko, attendent que leur fille soit libérée de la prison Evin à téhéran le 11 mai 2009.

Washington - Les États-Unis se réjouissent de la remise en liberté de la journaliste irano-américaine Roxana Saberi qui est sortie de la prison Evin de Téhéran après qu'une cour d'appel iranienne eut réduit sa peine de huit ans de prison ferme à deux ans avec sursis, a déclaré la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton.

« Je viens de parler à l'ambassadeur de la Suisse aux États-Unis qui a confirmé, en sa qualité de représentant de la puissance protectrice, que Mme Roxana Saberi a été remise en liberté », a indiqué Mme Clinton le 11 mai à l'ouverture du point de presse quotidien du département d'État.

Mme Saberi est une journaliste indépendante qui a souvent travaillé pour la National Public Radio américaine et la British Broadcasting Corporation de même que pour des agences de presse ; elle avait été arrêtée vers la fin de janvier après avoir acheté une bouteille de vin, ce qui constitue un délit en Iran. Mais d'autres chefs d'inculpation avaient ensuite été retenus contre elle, notamment pour exercer sa profession sans carte d'accréditation - la sienne ayant expiré en 2006 - avant d'être accusée d'espionnage en faveur des États-Unis. Mme Saberi avait été jugée et reconnue coupable dans un procès à huis clos qui avait duré une heure le 13 avril à l'issue duquel elle avait été condamnée à une peine de huit ans de prison ferme.

Les avocats de Mme Saberi ont plaidé en faveur de sa libération auprès d'une cour d'appel iranienne le 10 mai. Le lendemain, le porte-parole du ministère iranien de la justice Alireza Jamshidi a déclaré à l'IRNA, l'agence de presse officielle de l'Iran, « qu'en raison de la décision de cette cour, Mme Saberi sera naturellement remise en liberté ». Selon les conditions de la sentence modifiée, Mme Saberi est interdite d'exercer sa profession en Iran pendant cinq ans, a indiqué son avocat Abdolsamad Khorramshahi.

Les parents de Mme Saberi l'attendaient à sa sortie de prison puis ils se sont tous rendus à la maison qu'ils occupent à Téhéran en attendant de quitter le pays, selon les médias. Mme Saberi a grandi à Fargo, dans l'État du Dakota du Nord mais vivait depuis six ans en Iran quand elle a été interpellée.

Son père, Reza Saberi, a déclaré à l'Associated Press : « au cours des prochains jours, nous préparerons notre voyage pour rentrer dans notre pays ».

La Maison-Blanche a indiqué que le président Obama était soulagé d'apprendre que Mme Saberi avait été remise en liberté et qu'il espérait l'accueillir bientôt à son retour aux États-Unis. « Nous voulons souligner qu'elle avait été accusée à tort. Mais nous nous félicitons de ce geste humanitaire », a déclaré le secrétaire de presse présidentiel Robert Gibbs, le 11 mai, lors du point de presse quotidien.

Mme Clinton a indiqué que les États-Unis continuaient « de contester les chefs d'accusation retenus contre Mme Saberi et les verdicts rendus. Mais sa remise en liberté nous est très encourageante et nous lui transmettons, à elle et à sa famille, nos meilleurs souhaits. »

Le porte-parole par intérim du département d'État Ian Kelly a dit que les États-Unis voient en cette décision exactement ce qu'elle représente : « Pour nous, il s'agit d'un geste humanitaire. Notre objectif a toujours été la sécurité et le bien-être de Mme Saberi et sa remise en liberté. »

« Nous continuerons à faire pression en faveur du retour aux États-Unis, sains et saufs, de tous les citoyens américains détenus en Iran, notamment Esha Momeni. »

Esha Momeni est étudiante de second cycle à l'université d'État de Californie à Northridge. Elle avait été interpellée le 15 octobre 2008 par les autorités à Téhéran pour une contravention présumée de la circulation. Mme Momeni menait des recherches pour son doctorat sur le mouvement des femmes en Iran quand elle a été arrêtée et détenue dans la même prison Evin où se trouvait Mme Saberi.

Auparavant, les États-Unis avaient déjà fait savoir qu'ils étaient préoccupés par l'arrestation et la condamnation de Silva Harotonian, qui avait été interpellée le 26 juin 2008 et accusée d'activités visant à promouvoir « une révolution de velours » en Iran. « Nous exhortons de nouveau les dirigeants iraniens à accorder la libération à Mme Harotonian. Les chefs d'accusation retenus contre elle sont dénués de fondement », indique un communiqué publié par le département d'État le 6 mai.

M. Kelly a déclaré que les États-Unis sont toujours préoccupés par diverses questions relatives à l'Iran, y compris la situation des droits de l'homme.

Les communications entre les États-Unis et le gouvernement iranien se font par le biais de l'ambassade de Suisse à Téhéran, la Suisse étant la puissance protectrice des citoyens américains en Iran. Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran le 7 avril 1980 après que des étudiants iraniens eurent saisi l'ambassade des États-Unis le 4 novembre 1979 et retenu son personnel en otage. Le 24 avril 1981, le gouvernement suisse a assumé la représentation des intérêts des États-Unis en Iran.

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