08 mai 2009
Mme Clinton reçoit le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Washington - La réduction des arsenaux nucléaires est l'une des plus importants sujets de discussion entre les États-Unis et la Russie, mais un vaste éventail de dossiers internationaux, du Proche-Orient à la Corée du Nord, figure à l'ordre du jour des deux pays.
La secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton et le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov ont eu un entretien le 7 mai à l'issue duquel ils se sont rendus à la Maison-Blanche pour des consultations avec le président Obama, au cours d'une semaine bien chargée pour Washington de questions internationales de grande importance. Le président Obama et Mme Clinton avaient tenu auparavant des consultations trilatérales cruciales avec les dirigeants de l'Afghanistan et du Pakistan sur la recrudescence de l'insurrection talibane dans ces deux pays. C'est un dossier qui intéresse également la Russie qui a ouvert un corridor de ravitaillement sur son territoire pour la force de sécurité dirigée par l'OTAN en Afghanistan.
Mme Clinton a dit que son entretien avec M. Lavrov avait porté sur divers dossiers, notamment l'Afghanistan, la Corée du Nord, le Proche-Orient, l'Iran, la Géorgie et le Conseil OTAN-Russie. « Nous tentons surtout (...) de faire le nécessaire afin que les États-Unis et la Russie poursuivent toujours un dialogue dynamique entre eux », a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe au département d'État.
« Nous attachons beaucoup d'importance à nos négociations sur la stabilité stratégique, notamment la rédaction d'un nouvel accord qui remplacera le START-1 (le Traité sur la réduction des armes stratégiques) qui expire au début de décembre prochain », a dit M. Lavrov par le biais d'un interprète. Le chef de la diplomatie russe a ajouté qu'un calendrier pour le sommet de juillet serait bientôt annoncé de même qu'un ordre du jour détaillé.
Le président Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev ont déjà exprimé leur engagement en faveur d'un nouveau traité sur la réduction des armes nucléaires qui remplacerait le START-1. Lors du sommet économique du G-20 tenu à Londres le premier avril, MM. Obama et Medvedev avaient tous deux déclaré qu'ils souhaitaient voir un projet de traité d'ici leur prochaine rencontre qui aura lieu à Moscou au début de juillet avant le sommet du G-8 en Italie.
Le traité de 1991 sur la réduction des armes stratégiques (Strategic Arms Reduction Traity ou START-1 de son sigle anglais) vient à expiration le 5 décembre. L'accord qui le remplacerait est considéré comme le premier pas vers la réalisation d'un ordre du jour préconisant l'élimination de telles armes qui a été proposé par MM. Obama et Medvedev. Les États-Unis et la Russie possèdent 95 % des ogives nucléaires stratégiques du monde.
« Le ministre des affaires étrangères et moi-même avons discuté de ce que nous pouvons faire, d'un commun effort, pour établir la norme et l'exemple visant la manière d'améliorer la sécurité des installations nucléaires et de prévenir la prolifération de matériel nucléaire dans le monde entier », a indiqué Mme Clinton.
La secrétaire d'État a ajouté que l'ordre du jour bilatéral s'élargissait pour inclure, entre autres, la crise économique internationale, les changements climatiques et l'Arctique.
« Ce sont, à notre avis, des dossiers sur lesquels il y a va de notre intérêt de coopérer, et la collaboration entre les États-Unis et la Russie est aussi dans l'intérêt du monde entier », a souligné Mme Clinton.
La stabilité en Géorgie
La secrétaire d'État a dit qu'elle s'était également entretenue avec M. Lavrov de leurs préoccupations respectives sur la Géorgie et ses deux régions sécessionnistes de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Le statut de celles-ci avait brièvement provoqué une guerre entre la Russie et la Géorgie en août 2008.
« Nous avons eu l'occasion de parler des conditions et du besoin de stabilité sur le terrain », a dit Mme Clinton. « Et je pense que M. Lavrov, tout comme le gouvernement russe, reconnaît que la stabilité et une solution pacifique aux tensions en Géorgie sont dans l'intérêt de tout le monde. »
Mme Clinton a ajouté qu'un différend dans un domaine n'exclut pas la coopération dans d'autres.
« Quant à la situation dans le Caucase, notamment sa partie méridionale, nous en avons discuté aujourd'hui », a déclaré M. Lavrov. « Il est vrai, nous avons des divergences d'opinion évidentes. Mais nous sommes d'accord sur une chose, et c'est sur le fait que nous devons faire de notre mieux pour parvenir à la stabilité dans cette région. »
Sur le dossier des ambitions de l'Iran et de la Corée du Nord de se doter d'armes nucléaires, Mme Clinton et M. Lavrov ont tout deux affirmé qu'ils œuvraient de concert et par le canal de groupes multilatéraux pour trouver une solution qui permettra de prévenir une nouvelle prolifération de ces armes.