06 mai 2009
Propos de M. Richard Holbrooke

Washington - Les relations entre les États-Unis et le Pakistan doivent être marquées par la constance et par la cohérence de manière à garantir un partenariat vigoureux dans le cadre de la lutte contre les talibans extrémistes, a déclaré le représentant extraordinaire des États-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan, M. Richard Holbrooke.
« Un Pakistan stable, sécurisé et démocratique est essentiel pour protéger les intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale », a-t-il dit le 5 mai, devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants.
« L'objectif stratégique fondamental du président Obama est de perturber le réseau Al-Qaïda, de le démanteler et finalement de le vaincre ainsi que de supprimer les refuges en Afghanistan et au Pakistan », a-t-il précisé. En réponse à des questions des membres de la commission, il a indiqué que le Pakistan était « un État en proie à des pressions énormes dans les domaines social, politique et économique ».
M. Holbrooke a exprimé ces propos la veille des entretiens trilatéraux qui devaient avoir lieu le 6 mai, à la Maison-Blanche, entre le président Obama, le président de l'Afghanistan, M. Hamid Karzaï, et le président du Pakistan, M. Asif Ali Zardari. Ces entretiens, a-t-il dit, auront lieu tous les trois mois, et la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, et lui doivent les animer.
Le 6 mai, Mme Clinton et M. Holbrooke doivent diriger deux entretiens avec MM. Karzaï et Zardari, qui seront suivis, le 7 mai, d'entretiens entre des responsables de moindre rang. Dans les deux cas, il y aura des réunions séparées et des réunions communes au département d'État et à la Maison-Blanche avec le président Obama.
Il est essentiel que le Pakistan réussisse à faire face aux talibans extrémistes pour que la politique afghane des États-Unis donne des résultats, a indiqué M. Holbrooke aux membres de la commission des affaires étrangères. On estime que les talibans et les membres restants du réseau Al-Qaïda se terrent dans la vaste chaîne de montagnes de l'Hindou Kouch située entre l'Afghanistan et le Pakistan. Ces dernières semaines, les forces pakistanaises se sont opposées aux insurgés talibans dans la région de Buner qui se trouve à une centaine de kilomètres de la capitale du Pakistan, Islamabad.
Les talibans ont récemment progressé dans la vallée de Swat, puis dans la vallée de Buner en combattant les forces gouvernementales pour établir leur mainmise sur les régions du nord-ouest du pays.
En mars, le président Obama avait annoncé son intention d'accroître le soutien des États-Unis à l'Afghanistan et au Pakistan. Une partie de ce soutien doit prendre la forme d'une aide non militaire au Pakistan, de l'ordre de 1,5 milliard de dollars par an pendant cinq ans. M. John Kerry, sénateur démocrate qui est à la tête de la commission sénatoriale des affaires étrangères, et M. Richard Lugar, sénateur républicain membre de cette commission, ont déposé au Congrès, le 4 mai, une proposition de loi à cet effet.
Cette proposition de loi autorise l'octroi d'une aide visant à financer des projets tels que la construction de routes, d'écoles et d'hôpitaux, une partie de cette aide pouvant cependant servir à des fins militaires. Par ailleurs, le Congrès envisage aussi d'accorder au Pakistan une aide supplémentaire s'élevant à 2,3 milliards de dollars, dont 400 millions seraient destinés à la lutte contre les insurgés.