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06 mai 2009

M. Biden exhorte Israël à renoncer aux implantations et à favoriser la solution des deux États

 
Joe Biden
Le vice-président des États-Unis, M. Joe Biden.

Washington - Le statu quo qui perdure depuis plus d'une décennie au Proche-Orient n'a favorisé ni les intérêts des États-Unis ni ceux d'Israël, a déclaré le vice-président Joe Biden à des partisans d'Israël aux États-Unis.

Il existe certaines obligations dont doivent s'acquitter toutes les parties concernées pour que les initiatives de paix puissent aboutir, a-t-il dit, soulignant d'une part celle de l'Autorité palestinienne de combattre le terrorisme et l'incitation contre Israël, et d'autre part celle d'Israël d'œuvrer avec les Palestiniens en faveur de la « solution des deux États » et de cesser ses implantations.

« Il s'agit de prouver son intention par des actes concrets et non des actes de foi », a déclaré M. Biden le 5 mai lors de la conférence annuelle du Comité américain d'affaires publiques sur Israël (American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC) à Washington.

« Israël doit œuvrer en faveur de la solution de deux États. Vous n'allez pas aimer ce que je vais dire, mais ne construisez plus de colonies de peuplement, démantelez les avant-postes déjà sur le terrain, et accordez aux Palestiniens la liberté de circulation (...) »

L'engagement des États-Unis en faveur de la paix et de la sécurité d'Israël est « non négociable » et « n'est pas sujet à changement » sous le gouvernement Obama, a affirmé M. Biden. « La responsabilité fondamentale » des États-Unis est de faire en sorte « qu'il y ait toujours, toujours un endroit où les Juifs du monde entier puissent aller, et cet endroit doit toujours être Israël ».

Les États-Unis cherchent actuellement à stabiliser la région en mettant fin à la guerre en Irak, en concentrant leurs efforts sur l'Afghanistan et le Pakistan, et « en engageant à cette fin tous les pays de la région, y compris ceux avec lesquels nous avons d'énormes désaccords, et ce dans l'intérêt de notre sécurité nationale », a ajouté le vice-président.

M. Biden a aussi indiqué que les États-Unis adopteraient « une diplomatie directe fondée sur des principes bien définis à l'égard de l'Iran dans le but avant tout de l'empêcher de se doter d'armes nucléaires », ce qui risquerait de déclencher une course aux armements dans la région « et nuirait à la sécurité de tous les pays ».

Les États-Unis ont fait des ouvertures à l'Iran dans un esprit de respect mutuel, lui offrant une voie qui « lui permettrait de prendre la place qui lui revient de droit au sein de la communauté internationale, sur les plans politique et économique », a souligné M. Biden. Mais si cette ouverture aboutit à un échec, « nous aurons un soutien international accru quand il s'agira d'envisager d'autres options ».

L'Iran a joué un rôle dangereux au Proche-Orient en appuyant des organisations telles que le Hamas et le Hezbollah et en sapant l'autorité de certaines entités dans la région. L'Iran a réussi à exploiter le conflit israélo-palestinien en sa faveur, a précisé M. Biden.

Le conflit qui se poursuit entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes limitrophes fournit à l'Iran « un terrain sur lequel exercer son influence, parrainer les éléments terroristes et enflammer l'opinion publique ».

M. Biden a indiqué que la Russie, les États-Unis, les Nations unies et l'Union européenne - baptisés Quatuor pour la paix au Proche-Orient - doivent appuyer l'Autorité palestinienne en lui fournissant des fonds et les outils nécessaires pour l'aider à gouverner la Cisjordanie et apporter une assistance aux Palestiniens à Gaza.

Le vice-président a souligné que la formation fournie par les États-Unis et leurs partenaires aux forces de sécurité palestinienne réformées « a impressionné tout le monde, jusqu'aux responsables de la sécurité israélienne, par le professionnalisme et l'efficacité dont les policiers palestiniens ont fait preuve depuis ». M. Biden a ajouté que le gouvernement Obama a demandé au Congrès d'allouer des fonds supplémentaires pour élargir ce programme.

M. Biden a instamment invité les États arabes à s'appuyer sur l'initiative arabe de paix de 2002 pour « faire des gestes de bonne foi pour montrer aux dirigeants et au peuple israéliens que la promesse de mettre fin à l'isolement d'Israël dans la région est réelle et sincère ».

Le Hamas, qui dirige Gaza, ne peut avoir de statut légitime que s'il renonce à la violence, qu'il reconnaisse le droit d'Israël d'exister et qu'il convienne de respecter les accords israélo-palestiniens déjà conclus, a précisé M. Biden. « Ces conditions ne sont pas déraisonnables ; elles représentent les normes fondamentales de conduite internationale. »

M. Biden a également exigé « la libération immédiate et inconditionnelle » de Gilad Shalit, le soldat israélien retenu par le Hamas depuis 2006.

Le vice-président Biden a aussi indiqué que les États-Unis exploreraient les possibilités de paix entre Israël et la Syrie, ce qui pourrait, dit-il, « refaçonner la région » mais ne saurait se faire aux dépens de la sécurité d'Israël ou de la souveraineté et de l'indépendance du Liban.

« Nous sommes conscients de l'immensité du défi à relever (...) et des choix difficiles à faire », a déclaré M. Biden. Mais il a ajouté que la voie suivie au cours des dernières années n'apporterait ni à Israël ni aux Palestiniens la paix et la sécurité, et n'assurerait pas à la région la stabilité ou le progrès dont elle a besoin.

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