31 mars 2009
La Maison-Blanche veut mettre l'accent sur la diplomatie et le développement.

Washington - La nouvelle stratégie des États-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan ciblera le démantèlement des réseaux terroristes et emploiera à cette fin un vaste éventail de moyens, allant de l'amélioration des capacités des forces de sécurité régionales à une nouvelle attention portée à la diplomatie, au développement et à la coopération internationale, a déclaré le président Obama.
« Nous devons nous assurer que ni l'Afghanistan ni le Pakistan ne servent d'abris sûrs à Al-Qaïda », a dit M. Obama le 29 mars lors d'un entretien accordé au programme Face the Nation de la chaîne de télévision CBS. Le président a qualifié le nouveau plan de « stratégie d'ensemble qui compte non seulement sur des fusils et des bombes, mais aussi sur des agronomes, des médecins et des ingénieurs pour aider à créer un climat dans lequel les gens reconnaissent qu'ils ont plus à gagner en devenant nos partenaires et ceux de la communauté internationale qu'en adhérant à certaines de ces idéologies extrémistes ».
Annoncé le 27 mars, le nouveau plan est le résultat d'un examen approfondi de la politique américaine mené sur plusieurs mois et de consultations étroites avec des responsables afghans et pakistanais ainsi qu'avec les alliés des États-Unis au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité à laquelle participent 41 pays en Afghanistan sous le commandement de l'OTAN.
M. Obama avait déjà ordonné le déploiement en renfort de 17.000 soldats et marines pour appuyer la mission de maintien de la paix sous mandat onusien à l'approche des élections afghanes prévues pour août. Le nouveau plan des États-Unis préconise l'envoi de 4.000 soldats supplémentaires, dont la tâche sera de renforcer les progrès accomplis dans la formation des forces de sécurité afghanes afin qu'elles puissent protéger leur pays.
« Un élément central de notre stratégie est de fournir de l'entraînement à l'armée nationale afghane pour qu'elle puisse jouer un rôle capital », a précisé M. Obama. « C'est l'une des quelques réussites dont nous avons été témoins au cours des dernières années (...) En effet, l'armée nationale afghane a beaucoup de crédibilité. Ses soldats sont des combattants efficaces. Nous devons renforcer cela. »
Le plan met également en lumière la nécessité d'appuyer le Pakistan dans sa lutte contre les extrémistes, a souligné M. Obama, un point ponctué par l'attentat suicide contre une mosquée qui a fait plus de 50 morts, le 27 mars, dans le nord-ouest du pays, et par une attaque terroriste contre une école de police de Lahore, le 30 mars.
« L'un des points de plus en plus préoccupants de ces dernières années est la notion, je pense, chez le Pakistanais ordinaire qu'il s'agit d'une façon ou d'une autre d'une guerre qui concerne les États-Unis mais ne le concerne pas », a indiqué M. Obama. « Cette attitude, je pense, a entraîné au Pakistan une recrudescence graduelle de l'extrémisme qui constitue la menace la plus importante contre la stabilité de son gouvernement, et en fin de compte, la menace la plus importante contre le peuple pakistanais. »
M. Obama souhaite une présence civile plus vaste en Afghanistan et a demandé au congrès américain d'adopter une proposition de loi autorisant une aide directe au Pakistan de 7,5 milliards de dollars sur 5 ans. Ces fonds serviraient à construire des écoles, des routes et des hôpitaux de même qu'à renforcer la démocratie pakistanaise. Cette proposition de loi est parrainée par le sénateur démocrate John Kerry, qui est président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, et par le principal sénateur républicain siégeant à cette commission, M. John Lugar.
« Pour œuvrer avec le Pakistan, notre tâche n'est pas seulement militaire, elle consiste également à utiliser nos compétences pour renforcer les siennes, par le biais d'initiatives civiles, notamment de développement et d'aide humanitaire », a ajouté M. Obama.
Le président a également invité le Congrès à adopter une autre proposition de loi visant à créer des zones de développement économique dans les régions frontalières pakistano-afghanes et à faire naître l'espoir dans ces lieux ravagés par la violence.
« Ce que nous voulons faire, c'est dire au peuple pakistanais : « Vous êtes nos amis. Vous êtes nos alliés. Nous allons vous donner les outils nécessaires pour vaincre Al-Qaïda et éliminer les zones de refuge des extrémistes. Mais nous nous attendons aussi à une certaine responsabilité de votre part, et à ce que vous deveniez conscients de la gravité et de la nature de cette menace. »