27 mars 2009
L'entretien du président avec le secrétaire général de l'OTAN à Washington

Washington - Alors que l'OTAN s'apprête à célébrer le soixantième anniversaire de sa fondation, le président Obama préconise un renforcement de son engagement en Afghanistan et de son action pour faire face aux problèmes communs en matière de sécurité qui se posent aux 26 États membres de cette organisation.
« Nous sommes persuadés que nous pouvons créer un processus qui permettra à l'OTAN, qui est déjà forte, de le devenir encore plus et d'être aussi plus efficace dans la coordination de nos efforts en Afghanistan », a-t-il dit à l'issue de son entretien avec le secrétaire général de cette organisation, M. Jaap de Hoop Scheffer, le 25 mars à la Maison-Blanche.
Les deux hommes se sont entretenus de la réunion au sommet de l'OTAN qui aura lieu à l'occasion du soixantième anniversaire de cette organisation les 3 et 4 avril, en Allemagne et en France.
Depuis l'entrée en fonction du président Obama, le gouvernement des États-Unis a consulté de nombreux pays sur les moyens de faire des progrès en Afghanistan. L'OTAN, qui est à la tête de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) créée par l'ONU, joue un rôle primordial en vue d'aider ce pays à détruire les refuges des terroristes dans son territoire et à sortir de décennies de guerre et de pauvreté.
Alors que le nombre des attaques lancées par les talibans est le plus élevé depuis 2001, M. Obama a décidé récemment d'envoyer en Afghanistan 17.000 soldats et marines américains en vue de renforcer la force internationale de maintien de la paix, d'accélérer la formation de soldats et de policiers afghans et d'améliorer la sécurité en prévision des élections qui doivent se tenir en août.
Son envoyé spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan, M. Richard Holbrooke, s'est rendu le 24 mars au siège de l'OTAN, à Bruxelles, pour informer les autres membres de cette organisation des résultats de l'examen approfondi par la Maison-Blanche de la politique afghane des États-Unis. Le président Obama doit annoncer la nouvelle politique de son gouvernement au sujet de ce pays le 27 mars.
« Nous sommes convaincus que nous allons pouvoir faire en sorte que les forces des États membres de l'OTAN qui ont déjà fait tant de sacrifices et travaillé si dur soient revigorées et que la coordination qui aura lieu soit encore plus efficace alors que nous menons à bien la mission de l'OTAN », a dit le président.
Outre les forces de maintien de la paix, la mission de l'OTAN, dont les effectifs sont au nombre de 50.000, s'occupe aussi de 26 équipes provinciales de reconstruction chargées de l'aide humanitaire et du développement financés par la communauté internationale. Ces équipes ont notamment construit des centaines de dispensaires dans tout le pays, permettant ainsi à 83 % des Afghans, contre 8 % en 2001, d'avoir accès à des soins médicaux de base, ainsi que des écoles pour 7 millions d'enfants, dont 2 millions de filles dont la scolarisation était interdite du temps des talibans.
La nouvelle politique des États-Unis figurera en première place sur l'ordre du jour de la réunion au sommet de l'OTAN, ainsi que lors de la conférence internationale sur l'Afghanistan qui doit avoir lieu le 31 mars à La Haye (Pays-Bas). La secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, représentera les États-Unis à cette conférence qui portera sur les nombreux problèmes de ce pays et de pays environnants en matière de sécurité.
La réunion au sommet de l'OTAN et la relance des relations entre les États-Unis et la Russie
Une action efficace face aux problèmes sécuritaires créés par les États défaillants, par le terrorisme et par la prolifération des armes nucléaires exigera de nouvelles relations entre les États-Unis et la Russie, a souligné M. Obama.
« Mon gouvernement, a-t-il dit, cherche à relancer les relations avec la Russie, mais d'une manière qui soit conforme à notre appartenance à l'OTAN et à la nécessité d'indiquer clairement dans toute l'Europe que nous allons continuer de rester fidèles au principe essentiel selon lequel les pays qui aspirent à devenir membres de l'OTAN puissent le faire. »
M. Obama et le président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, ont échangé des lettres et se sont entretenus par téléphone à plusieurs reprises en prévision de leur première réunion le 2 avril à Londres, en marge de la réunion du G20 qui se tiendra dans cette ville. M. Obama souhaite améliorer la coopération entre les deux pays en ce qui concerne les problèmes relatifs à la sécurité, à l'économie et à l'environnement dans le monde, malgré les mesures prises par la Russie à l'encontre de la Géorgie et de l'Ukraine, pays qui aspirent à devenir membre de l'OTAN, et malgré les préoccupations de Moscou au sujet de l'élargissement de l'OTAN et de la mise en place en Europe par les États-Unis d'un système de défense antimissile.
« Nous avons de nombreux points de désaccord, mais l'OTAN a besoin de la Russie et la Russie a besoin de l'OTAN, a dit M. de Hoop Scheffer. Travaillons sur les points sur lesquels nous sommes d'accord et n'occultons pas nos désaccords. Comprenons aussi que ces relations peuvent être renforcées et qu'elles doivent l'être à mon avis. »