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26 mars 2009

Les États-Unis soulignent leur attachement à un État libanais libre et démocratique

Leurs ouvertures à la Syrie entrent dans le cadre de l'objectif d'une paix durable au Proche-Orient.

 
Jeffrey Feltman
Le secrétaire d'État adjoint par intérim pour les affaires du Moyen-Orient, M. Jeffrey Feltman.

Washington - Les ouvertures récentes des États-Unis à la Syrie ne diminueront en rien leur ferme attachement à un Liban libre et démocratique en tant qu'il constitue un élément clé du processus devant conduire à une paix et à une sécurité durables au Proche-Orient, a affirmé le secrétaire d'État adjoint par intérim Jeffrey Feltman.

« Le simple fait de parler à la Syrie ne modifie en rien notre politique fondamentale », a déclaré M. Feltman le 24 mars à une commission parlementaire. « Nous n'allons pas traiter avec la Syrie aux dépens du Liban. Nous n'allons pas lâcher la pression sur la Syrie. »

Ancien ambassadeur des États-Unis au Liban de 2004 à 2008, et actuellement secrétaire d'État adjoint par intérim pour les affaires du Proche-Orient, M. Feltman est retourné récemment dans cette région. Il s'est rendu au Liban, qui s'apprête à tenir des élections législatives le 7 juin, puis en Syrie où il a transmis le souhait du gouvernement Obama de relancer le dialogue diplomatique avec Damas tout en l'exhortant à progresser vers une normalisation de ses relations avec le Liban - pays qu'il a occupé pendant près de trente ans jusqu'en 2005.

« Le comportement de la Syrie nous paraît très inquiétant, et le Liban en est l'une des raisons », a dit M. Feltman, notant les livraisons d'armes de fabrication syrienne et iranienne et l'appui de Damas au groupe terroriste Hezbollah, qui en mai 2008 a lancé des attaques contre le gouvernement libanais, et en août 2006 avait déclenché une guerre avec Israël, pays limitrophe. De nombreux observateurs craignent que ce groupe ne perturbe les élections libanaises.

« Le but, je pense, devrait être que tous les partis au Liban se disputent démocratiquement les élections, par voie légitime. Et sans qu'un parti ne soit en mesure de changer l'équation en menaçant de brandir les armes ou en intimidant les autres », a souligné M. Feltman. « Les Libanais doivent décider eux-mêmes de ce qui est dans le meilleur intérêt de leur pays. »

Les États-Unis ont contribué 10,5 millions de dollars aux initiatives libanaises pour apprêter le pays à tenir des élections, a précisé M. Feltman. « Les décisions quant à la nature et à la composition du prochain gouvernement qui découlera de ces élections législatives doivent et peuvent être prises par les Libanais eux-mêmes, pour le Liban, et sans aucune ingérence étrangère. »

En outre, les États-Unis ont contribué à la sécurité du Liban en se joignant à plusieurs autres pays pour l'aider à renforcer ses frontières ; ils apportent leur soutien à la force de maintien de la paix de l'ONU à laquelle participent 30 nations, appuient les initiatives visant à débarrasser ce pays des munitions non explosées, vestiges d'anciens conflits, et œuvrent en partenariat avec les services de sécurité libanais pour effacer les divisions intercommunautaires qui remontent à la guerre civile de 1775-1990.

« Les forces armées libanaises sont l'institution nationale dont tous les Libanais sont fiers », a affirmé M. Feltman. « Il n'y a pas d'unité chiite ou de brigade maronite ; c'est une organisation qui compte des membres de toutes les religions et chaque famille, chaque communauté en fait partie. »

Bien que les États-Unis soient en faveur d'un rôle nouveau pour la Syrie dans le processus de paix au Proche-Orient, a souligné M. Feltman, ils continuent d'appuyer le Tribunal spécial pour le Liban, l'instance créée par les Nations unies pour enquêter sur le meurtre de l'ancien premier ministre libanais Rafik Hariri, de même que les efforts visant à faire la lumière sur plusieurs autres assassinats de personnalités politiques qui, selon certains, auraient été commandités par la Syrie.

« Ce tribunal est un organisme indépendant et ne doit pas être politisé », a affirmé M. Feltman. « Il ne peut pas y avoir d'arrangements conclus aux dépens de la justice. »

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