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26 mars 2009

L'OTAN s'apprête à célébrer son soixantième anniversaire

L'Afghanistan et la Russie seront les sujets dominants de son prochain sommet.

 
Des boutielles de vins créés en honneur du soixantième anniversaire de l'OTAN.
Des vins spéciaux, créés en honneur du soixantième anniversaire de l'OTAN seront dévoilés en France et en Allemagne le 2 et 3 avril.

Washington - En avril prochain, les membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord se réuniront en France et en Allemagne afin de célébrer le soixantième anniversaire de leur alliance.

Les villes adjacentes française et allemande de Strasbourg et de Kehl, situées de part et d'autre du Rhin, accueilleront ce sommet qui aura lieu les 3 et 4 avril. Les responsables recevront de nouveau la France en tant que membre à part entière, choisiront un nouveau secrétaire général et s'attaqueront au dossier de l'Afghanistan.

Le président Obama participera au sommet. Lors d'une communication initiale avec le secrétaire général de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, il a affirmé que les membres de l'Alliance avaient en commun des engagements de sécurité collective et des valeurs démocratiques.

Durant le sommet, l'OTAN a l'intention d'approuver un bref document soulignant son rôle de forte communauté transatlantique. Ce document, appelé Déclaration sur la sécurité de l'Alliance, soulignera les liens de sécurité qui unissent les membres de l'OTAN.

Ce sommet arrive d'ailleurs à un moment où la France a décidé de réintégrer le commandement militaire. M. Obama s'est félicité de cette décision le 23 mars dernier, et a affirmé que la pleine participation française renforcerait à la fois l'Alliance et l'Europe. Le nouveau président des États-Unis souhaite en effet le renforcement des capacités européennes de défense.

America.gov a récemment demandé à Anthony Cordesman, spécialiste des questions de sécurité nationale, quelles étaient les implications du retour de la France au commandement de l'OTAN. Il a répondu que cette décision était importante parce que ce pays était un « producteur clé d'équipement et de technologie militaires ». La France est en outre l'une des principales forces militaires de l'Alliance à un moment où celle-ci déploie des troupes loin de l'Europe, a-t-il dit.

De plus, le retour de la France au sein du commandement de l'OTAN lui permettra d'occuper des postes de haute responsabilité dans cette structure et de participer à la planification du déploiement des troupes et aux missions de renseignement et de lutte contre le terrorisme, a ajouté M. Cordesman, qui est titulaire de la chaire Arleigh A. Burke de stratégie au Centre d'études internationales et stratégiques de Washington.

Il y a une décennie, après la fin de la guerre froide, l'Alliance a admis trois nouveaux membres : la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. La Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie l'ont rejointe en 2004. Et aujourd'hui, après avoir été invitées au sommet de 2008, l'Albanie et la Croatie sont prêtes à y faire leur entrée, ce qui portera le nombre des membres de l'OTAN à 28.

Anders Fogh Rasmussen
L'OTAN doit choisir un nouveau secrétaire-général. Le Premier ministre danois, M. Anders Fogh Rasmussen, est un des candidats.

Une Alliance élargie doit relever ce que M. Obama a décrit en janvier dernier comme « une série extraordinaire de défis ».

Les difficultés à soixante ans

Après soixante ans d'existence, l'OTAN doit relever collectivement une série de défis. L'Afghanistan arrive en tête de liste. M. Cordesman est d'avis que la menace extrémiste qui pèse sur le Moyen-Orient, l'Europe et les États-Unis augmentera fortement si Al-Qaïda et les talibans parviennent à dominer l'Afghanistan ou à créer des sanctuaires viables et incontestés au Pakistan.

Durant une discussion en ligne organisée le 16 mars dernier par America.gov, M. Cordesman a déclaré que la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan, dirigée par l'OTAN, avait été lente à reconnaître ses limites et à exiger une plus grande coopération des gouvernements afghan et pakistanais. Selon lui, l'OTAN, l'Afghanistan et le Pakistan doivent s'attaquer au nombre croissant de zones à haut risque hors de Kaboul, la capitale afghane, et à la multiplication des attaques de convois, des attentats-suicides et des attentats perpétrés le long des routes.

Lors de l'allocution qu'il a prononcée le 22 mars en Belgique, M. de Hoop Scheffer a souligné l'importance de la mise en œuvre d'une stratégie cohérente et stabilisatrice en Afghanistan. Il a précisé que tout accord qui serait trouvé lors de la Conférence internationale sur l'Afghanistan, qui se tiendra à La Haye, au Pays-Bas, le 31 mars, devrait reconnaître la double nécessité de coordonner méticuleusement l'action et d'augmenter les ressources.

L'Alliance doit également harmoniser ses vues au sujet de sa relation avec la Russie, a déclaré M. Cordesman. Certes, l'OTAN ne peut pas ignorer les inquiétudes des pays qui bordent ce pays. Mais d'un autre côté, la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie au sujet des régions séparatistes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud « illustre les limites très strictes de la marge de manœuvre de l'OTAN lorsque la Russie choisit de recourir à la force militaire dans une zone où l'OTAN a une capacité d'opération militaire limitée ».

Il a ajouté que la question était de savoir si la Russie souhaitait de meilleures relations avec l'OTAN et les États-Unis, ou si elle préférait s'affirmer stratégiquement dans les zones qui bordent ses frontières.

Selon les responsables de l'OTAN, il existe plusieurs dossiers, notamment la lutte contre la piraterie et la prolifération des armes, sur lesquels l'Alliance peut engager des démarches constructives avec la Russie. M. de Hoop Scheffer a déclaré que les relations entre l'OTAN et la Russie, temporairement gelées, étaient en train de se réchauffer. Preuve en est la reprise prévue des réunions du Conseil OTAN-Russie peu après le sommet d'avril.

Au-delà de ses relations avec la Russie, l'Alliance doit également se pencher sur la double menace nucléaire émanant de l'Iran et de la République démocratique de Corée du Nord.

Figure également à l'ordre du jour de l'Alliance la sélection d'un nouveau secrétaire général pour remplacer M. de Hoop Scheffer en juillet. L'Alliance doit faire cette nomination par consensus. Le premier ministre danois, M. Anders Fogh Rasmussen, est le candidat le plus en vue.

Cette nomination se décide également à un moment où il y a eu des changements au niveau des hauts responsables de l'armée des États-Unis. Le ministre américain de la défense, M. Robert Gates, a en effet récemment choisi l'amiral James Stavridis, qui dirige actuellement le commandement des États-Unis dans le Pacifique, pour remplacer le général John Craddock au commandement des forces de l'OTAN et des États-Unis en Europe. La nomination de M. Stavridis doit être approuvée par l'Alliance.

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