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19 mars 2009

Discussion en ligne : le président Obama et l’Afrique

Un entretien sur la Toile avec M. Edward McMahon, politologue et professeur d'université

 

M. McMahon est chargé de recherche à Freedom House et professeur de recherche au Département du développement social et des sciences économiques appliquées de l'université du Vermont. Auparavant, il avait été professeur de sciences politiques et directeur du Centre d'études en matière de performance démocratique à l'université de Binghamton (l'université d'État de New York). Avant de s'engager dans sa carrière universitaire, M. McMahon était membre du service diplomatique au département d'État. En cette qualité, il a été affecté plusieurs fois en Afrique. Dernièrement, il a publié Weaving a Democratic Quilt: Regional Intergovernmental Organizations and Universal Values (2006) et a été l'un des coéditeurs du Political Handbook of the World 2001-2002. Il est l'auteur de nombreux articles de presse se rapportant particulièrement à la démocratie et aux Nations unies.

On trouvera ci-après la transcription de la discussion en ligne sur Internet que le Bureau de l'information internationale (IIP) du département d'État a organisée, le 18 mars 2009, avec le professeur McMahon.

(Début de la transcription)

Obama et L’Afrique : une discussion en français
Monsieur Ned McMahon, politologue et professeur d’université
Le 18 mars, 2009, 9 h, heure de Washington

Webchat Moderator (Kristin) : Bienvenue à notre discussion en ligne ! Toutes les questions soumises s'afficheront en rouge.

Webchat Moderator (Kristin) : Notre discussion aura lieu le 18 mars à 13h00 GMT

L'animateur : En raison du volume élevé de questions, M. McMahon va commencer à répondre dès maintenant.

Edward McMahon : Bonjour, mes collègues africains. C'est un vrai honneur d'être avec vous virtuellement aujourd'hui. J'ai passé beaucoup de ma vie en Afrique et je suis passionné par l'Afrique, donc cette opportunité m'offre, en quelque sorte, « un retour à la maison ».

C'est le printemps ici chez moi dans ma région de Nouvelle-Angleterre (nord-est) des USA - un moment d'espoir pour le futur même si nous traversons encore un temps froid sur le plan climatique aussi bien qu'économique !

Je suis très impressionné par la qualité des questions qui me sont posées... Il sera peut-être intéressant de noter que je les ai regroupées dans les catégories suivantes :


• USA-Afrique
• Africom
• Crise financière/Développement/AGOA
• Crise congolaise
• Démocratie/Droits de l'homme
• Maroc/Sahara/Moyen-Orient
• Politique intérieure des USA
• et des questions individuelles

Avant de répondre à vos questions, je voudrais mettre l'accent sur le fait que même si je suis fier d'avoir Obama comme mon président, je parle avec vous aujourd'hui en tant que citoyen simple et indépendant dans le sens que je n'ai pas d'affiliation gouvernementale. Je suis d'accord avec beaucoup - même si ce n'est pas la totalité - des premières initiatives entreprises par l'administration Obama.

Mais passons sans tarder à vos questions.

USA-Afrique

thomas katya 2 : Est-ce que la politique américaine sur l'Afrique peut changer ?

anicet : anastasie ondindia lukusa : L'Afrique peut-elle espérer que la présence d'Obama à la tête des USA va apporter certaines solutions aux différentes crises en Afrique vu ses appartenances ?

 

damom : Qu'est-ce que le Congo et l'Afrique en général peuvent attendre de cette élection du premier président noir à la Maison-Blanche ?

kin : Bonjour, je suis congolais de la RDC et ma préoccupation est de savoir quel impact l'élection d'Obama aura sur la politique extérieure et particulièrement pour les pays d'Afrique comme le nôtre. Merci.

Participant de la République centrafricaine : Que fera l'administration OBAMA pour être présente en Afrique ?

Participant de la République centrafricaine : Comment les États-Unis pourront -ils mettre fin aux conflits qui ravagent l'Afrique et affectent les femmes et les enfants africains ?

Aymen : Comment vont opter les États-Unis pour gagner la sympathie des dirigeants et des peuples africains dans une concurrence féroce de la part des Chinois et des Européens ?

HOUNDJO Komlan (Togo) : Est-ce que la résolution des crises sur le continent africain constitue une priorité pour le président Obama ?

Inoussa Amadou (Togo) : Comment peut-on résumer la politique de l'administration Obama envers l'Afrique ?

Imelda Tadjin (Togo) : Je crois qu'on a été un peu injuste avec le président Bush qui a fait beaucoup pour le continent noir. Honnêtement et à votre avis est-ce que le président Obama peut faire mieux que le président Bush pour l'Afrique ?

Eric Yota (Togo) : Avec Obama, l'Afrique est-elle appelée à jouer un rôle plus important sur le plan international ? Si oui lequel ?

Gazembeti : Comment encourager le dialogue en Afrique et mettre fin aux conflits ?

Gazembeti : Quelle est la politique du président Obama pour l'Afrique

Jean-Robert Muyense : Quelle sera la politique d'Obama en rapport avec la lutte contre le sida en Afrique ?

Edward McMahon : Il est vrai que l'administration Bush a entrepris pas mal d'initiatives, comme le Pepfar pour le sida, par exemple. Il est aussi vrai, comme a noté M. Fadimatou Mohamed, qu'on ne doit pas s'attendre à ce que cette administration résolve tous les problèmes du continent africain. Ça ne va jamais arriver. Mais quand même, nous avons le droit d'attendre beaucoup de cette administration. Quand il a été sénateur, Obama a mis l'accent sur une résolution de la crise au Soudan, au Congo et au Libéria.

Il fait la promesse de s'engager dans le problème Soudan/Darfour. En fait, ce que l'administration cherche, c'est la formule pour aider l'Afrique à se développer, tout en considérant l'Afrique comme un partenaire important dans ce monde globalisé. Cela implique la participation américaine à la recherche des solutions des problèmes auxquels l'Afrique doit faire face aujourd'hui, mais aussi la promotion du sentiment que les pays africains puissent prendre en main la responsabilité de leur avenir.

Il y a beaucoup plus que je pourrais dire à ce sujet mais il vaut mieux passer à d'autres questions.

Africom

RM : Quel futur voyez-vous pour l'AFRICOM avec la nouvelle administration ?

Edward McMahon : Je crois que l'administration Obama perçoit l'Africom comme un des volets par lesquels les USA peuvent apporter une assistance en Afrique. Je sais que l'Africom a été l'objet de certaines critiques selon lesquelles cette initiative représentait une mainmise américaine sur l'Afrique, mais la politique étrangère d'Obama n'est pas basée sur cette manière de penser. L'Africom met l'accent sur la stabilité et la coopération militaire pour aider au développement des institutions de bonne gouvernance en Afrique. Ce n'est qu'un élément de la politique d'Obama. Bien sûr il est dans l'intérêt national des USA d'avoir une Afrique qui ne tombe pas d'une crise à une autre.

 

justin : J'aimerais connaître l'implication du titre « Dreams from my father » dans l'identification de la race.

Edward McMahon : A mon avis « Dreams from my father », « rêves de mon père », signifie le souhait qu'il aurait eu plus de contacts avec son père, mais que son père, et sa famille au Kenya, sont toujours dans ses pensées.

soupou - Embassy Bangui : Le sous-sol africain regorge d'immenses ressources qui provoquent le convoitise des États. Comment faire pour que la richesse des Africains leur profite de manière équitable ?

Edward McMahon : Question importante et très compliquée. Ma réponse rapide est qu'il faut créer des économies africains qui contribuent davantage à la valeur ajoutée aux produits, plutôt que de mettre l'accent sur l'exploitation des ressources premières naturelles.

HOUNDJO Komlan : Est-ce que le gouvernement Obama peut avoir un regard sur les processus électoraux en Afrique surtout dans les pays francophones ?

Edward McMahon : Bien entendu Obama souhaite voir l'enracinement de la démocratie même si jusqu'à maintenant ça n'a pas figuré au premier plan des actions concrètes de sa jeune administration. Je regarde avec une inquiétude croissante la suite aux élections dans des pays comme le Kénya, le Zimbabwé et Madagascar. Mais des pays en Afrique de l'Ouest comme le Bénin, le Mali et le Ghana ont, à mon avis, un bilan globalement positif sur le plan électoral.

AICdakar6 : Concernant Madagascar, l'ONU, l'OUA et l'OIF (la Francophonie) ont envoyé des émissaires. On n'a pas entendu les USA sur la question. Est-ce un désintérêt ou une neutralité, voire autre chose ?

Edward McMahon : Notre ambassadeur à Tana, l'amb. Marquardt, est un des plus expérimentés de nos diplomates africains. Il travaille étroitement avec ses collègues à la recherche à la résolution constitutionnelle à ce conflit. Je suis d'accord avec vous qu'il serait souhaitable d'avoir un profil même plus élevé mais il y a beaucoup de problèmes sur le plat de cette jeune administration.

Crise financière/Développement/AGOA

John : JEAN PIERRRE MUSASA DIBWE R.D. CONGO : Le phénomène Immigration clandestine n'épargne pas les U.S. Qu'envisage le gouvernement OBAMA pour mettre un terme à ce phénomène dont, par ailleurs, plusieurs pays tirent profit par le système d'envoi des fonds. C'est le cas du Mexique dont le volume de ces fonds dépasse de loin son budget national.

christian mitelezi : Quelle est la politique de M. Obama pour lutter contre la famine et guerre en Afrique ?

Laurent Adjogan : Apollinaire Kouton. Bénin. La nouvelle administration va-t-elle mettre en place un programme spécial d'aide aux pays pauvres pour faire face à la récession dans les pays riches ?

Laurent Adjogan : Apollinaire Kouton. L'aide au développement en direction des pays africains au sud du Sahara. Va-t-elle connaître un accroissement dans les prochaines années ?

watt : Bonjour Ned. Je m'appelle Assane Diagne, journaliste à l'APS. Je voudrais juste revenir sur l'AFRICOM qui tarde à trouver un pays d'accueil sur le continent. Y a-t-il des chances de progrès dans ce dossier avec l'administration Obama ?

Edward McMahon : Bonjour Assane : Je crois que le contexte d'Africom a changé avec l'installation de la nouvelle administration et que peut-être il sera plus possible qu'Africom trouve un pays d'accueil. Mais je n'ai pas d'informations précises sur ce point.

destaing cedric : Est-ce que la crise financière sera le seul facteur déterminant de votre lutte ?

Edward McMahon : Il va sans dire que jusqu'à maintenant la crise économique a été sa préoccupation principale, et le sera pour l'avenir proche. Mais je crois aussi qu'il comprend que ce problème est plus qu'un problème d'emprunts immobiliers ou de crédit ici aux États-Unis ; c'est un problème universel et qui ne peut être résolu que d'une façon universelle. C'est-à-dire que les problèmes de sous-développement sont les nôtres.

Comme sénateur et pendant sa campagne présidentielle, Obama a travaillé pour plus de ressources pour l'éducation dans des pays sous-développés, la réduction de la pauvreté, la diminution des maladies, et le renforcement du développement économique en Afrique. Une promesse pendant la campagne a été de soutenir pleinement les actions nécessaires pour avancer vers la réalisation des Objectifs du Développement pour le Millénaire (ODM) d'ici 2010. Il veut financer l'annulation de la dette des pays les plus endettés et continuer le soutien à la lutte contre le sida. Obama a aussi suggéré la création d'un fonds pour l'agriculture en Afrique.

Il propose la mise en place d'une initiative visant l'énergie et l'environnement pour assurer que les pays africains aient l'accès aux technologies qui peuvent leur permettre d'avoir un développement économique même pendant que le monde réduit ses émissions de charbon. Il a aussi promis de renforcer l'AGOA pour assurer plus d'accès au marché américain et plus d'investissements par des sociétés américaines en Afrique.

Mais franchement je ne sais pas à quel niveau ces engagements ont été touchés par la rigueur budgétaire imposée par la crise économique.

gilles bocco : Les Africains-Américains sont-ils mieux représentés dans l'administration Obama que celle de Bush ?

Edward McMahon : Je n'ai pas de chiffres exacts mais je suis certain qu'il y a plus de minorités représentées au sein de l'administration Obama. Et toutes les nominations ne sont pas encore faites.

Congo

RM : Le président élu Barack Obama a-t-il eu l'occasion de s'exprimer sur la crise actuelle au RD Congo ?

kin 2 : What is the political way you will use for the FSN in Democratic Republic of the Congo ? And also, which kind of political way you will use for my country DRC ? I am Congolese from DRC and my name is Patrick and I am working in US Embassy as secretary for the S/GSO. My family and I congratulate you and we are proud to be black people. Let Almighty God be with you.

Puis-je savoir si avec le règne de Barack Obama, le Congolais qui a lui aussi son regard tourné vers les USA trouvera son compte ?

cherubin : Peut-on espérer un changement de la politique américaine envers l'Afrique et particulièrement la République démocratique du Congo ?

Edward McMahon : Le défi congolais est trop vaste pour être résolu simplement par les Américains. Mais un engagement plus profond pourrait aider. Les éléments constitutifs pourraient être : un profil diplomatique élevé pour promouvoir la paix ; plus de protection pour des populations à risque ; et la poursuite en justice de ceux qui ont commis des crimes contre l'humanité. J'attends toujours un engagement approfondi à cet égard de l'administration Obama.

AICdakar6 : Que reste-t-il de l'image de gendarme du monde que l'on s'est faite des USA ?

Edward McMahon : Les USA sont toujours une puissance militaire mais Obama cherche des solutions négociées et la diplomatie multilatérale comme outil préféré des relations internationales. Même en augmentant les forces militaires en Afghanistan, par exemple, il suggère qu'il serait envisageable de négocier avec l'aile moderne des Talibans - une position nettement différente en comparaison avec celle de Bush.

Démocratie et Droits de l'homme

SOUPOU EMBASSY BANGUI : Que pense le président Obama de la problématique des États-Unis d'Afrique ?

Etienne Dako (Togo) : George Bush a été parfois obligé de faire pression sur certains dictateurs africains à quitter le pouvoir à l'instar de Charles Taylor. Barack Obama parle de CHANGEMENT. Accepterait-il de continuer la même pression sur les dictateurs africains ? Si oui, pourra-t-il l'étendre aux pays africains francophones ?

Edward McMahon : Franchement je suis jusqu'à maintenant un peu déçu par le manque d'accent sur cette question à mon avis primordiale. On ne peut pas avoir le développement économique à long terme en Afrique sans la démocratie. Mais Mme Clinton ne semble pas avoir embrassé ce thème - ni dans son témoignage pendant son audition de nomination devant la commission des affaires étrangères du Senat ni pendant son voyage officiel en Chine. Et ce n'était qu'il y a quelques jours qu'un secrétaire d'État adjoint pour les droits de l'homme a été nommé. Donc je suis un peu inquiet sur ce point.

Edward McMahon : Je crois que le problème revient au fait que l'administration Bush a fait le grand tort de jumeler la promotion de la démocratie avec l'exercice unilatéral et très musclé de la puissance militaire américaine. Obama veut éviter la même politique. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, comme nous disons en anglais, et nier le soutien aux démocrates et défenseurs de droits de l'homme autour le monde. Ça doit être un élément fondamental de n'importe quelle administration américaine, à mon avis.

sy moussa : Quelle est la position de l'administration sur le cas de la Guinée, Conakry ?

Edward McMahon : Que les militaires retournent à la caserne dans un bref délai. Comme ATT au Mali.

Maroc/Sahara/Moyen-Orient

Alae : Quelle est la ligne que va suivre M. Obama concernant le conflit du Sahara ?

Jean-Robert Muyense : Je m'appelle Jean-Robert Muyense(RDC), vivant à Kinshasa. Quelle sera la politique du nouveau patron de la Maison-Blanche par rapport aux États arabes ?

Aymen : Peut-on avoir une meilleure coopération économique entre les pays du Maghreb et les États-Unis ?

Aymen : Peut-on avoir enfin une résolution américaine concrète du conflit du Sahara occidental avec l'accord de toutes les parties ?

Aymen : Que pensez-vous d'une intermédiation tunisienne avec un appui américain dans la résolution du conflit du Sahara occidental ?

abou el farah : Quel sera l'impact de l'élection d'Obama sur le Maroc ?

Edward McMahon : En ce qui concerne le Sahara occidental, je doute que la position de l'administration soit très différente de celle de l'administration précédente ; c'est-à-dire le soutien à une forme d'autonomie acceptée par toutes les parties. Probablement l'administration est tout à fait prête à laisser la gérance internationale de ce problème aux Nations Unies, ne serait-ce que parce qu'il y a beaucoup d'autres dossiers qui demandent son attention.

L'administration Obama attache une importance centrale à la poursuite de la paix au Moyen-Orient. La région a fait partie du premier déplacement de la secrétaire d'État Clinton. Elle a participé à la conférence des pays donateurs pour la reconstruction de Gaza. Elle a également rencontré des représentants égyptiens et palestiniens. Mais reste à voir si la substance de cette diplomatie représente la continuité ou un changement de la politique américaine dans la région. Je sais qu'Obama a promis que son administration s'engagerait plus dans le processus que son prédécesseur.

Lome Guest3 : Monsieur McMahon, tout le monde entier a peur du jour où l'Afrique s'éveillera comme une très grande puissance mondiale. Que cela soit certain ou non, l'Amérique du président OBAMA a-t-elle peur de ce grand jour ?

Edward McMahon : Non, pas du tout. Obama souhaite que le pouvoir de l'Afrique s'accentue, et que le continent gagne plus de pouvoir. Un continent africain faible n'est pas dans l'intérêt national des USA. Le sida, la Somalie, le Congo et d'autres crises semi-perpétuelles empêchent l'Afrique d'être un partenaire plus fort économique, sécuritaire, etc., des États-Unis.

Politique intérieure des USA

lydie : Une question de la Côte d'Ivoire : Est-ce que Monsieur Ned McMahon est le même que celui qui était au NDI ?

Edward McMahon : Oui, c'est moi-même !

John : Quel sens peut-on attribuer au fait que l'électorat des candidats démocrate et républicain était composite, fait de Noirs et de Blancs, et non exclusivement noir ou blanc selon qu'il soutenait Obama ou McCain ? (Tudieshe Salomon, Humphrey alumnus, Boston U, 89-90, RDC)

RM : Comment expliquez-vous que les USA qui ont réélu GW Bush ont voté aujourd'hui pour le sénateur Obama ?

anicet : monga kitwa : A quand remonte la première participation au vote des Noirs aux États-Unis ?

cherubin : Est-ce que tous les Américains blancs comme noirs ont vraiment réalisé le sens de leur vote ?

Edward McMahon : Ma réponse personnelle à ces interrogations : je suis fier d'être américain. Nous n'avons pas résolu tous les problèmes de racisme chez nous avec l'élection d'Obama, mais quand même…n'importe quel enfant de nationalité américaine de n'importe quelle origine ethnique peut rêver d'être élu un jour président…pour nous c'est un soulagement total, et j'espère aussi que cet exemple peut démontrer autour du monde que ce n'est pas la fin du monde si quelqu'un d'une ethnie différente est élu président.

diallo : Quelle est la politique d'Obama pour les pays africains qui modifient leur constitution ?

Edward McMahon : Nous voyons dans le cas de l'Amérique latine une tendance très inquiétante du renforcement du pouvoir présidentiel et une limitation des pouvoirs législatif et judiciaire. L'OEA a maintenant développé des conditions plus strictes sur l'interprétation de ce que signifie la démocratie. L'Union africaine, dans sa Charte sur la démocratie, les élections et la bonne gouvernance va aussi dans cette direction, ce qui est une bonne chose.

Aymen : L'application des sanctions adoptées contre le président soudanais peut-t-elle améliorer la situation au Darfour ?

Edward McMahon : Les sanctions ne sont qu'une partie de la stratégie. Les autres éléments doivent être la nomination d'un représentant spécial pour le Soudan, la mise en place d'une politique étroitement coordonnée avec les Européens et si possible avec l'Union africaine, l'utilisation de ressources militaires de mettre plus de pression sur le régime de Khartoum, mais surtout, la pression pour une résolution politique à cette crise. Jusqu'à maintenant l'administration Obama n'as pas fait assez - sans doute préoccupée par la crise économique.

Françoise Mengebier : Quelle solutions pour le Zimbabwe ? Darfour ? Et j'en passe...

Edward McMahon : En ce qui concerne le Zimbabwe, à mon avis nous ne devons pas tourner le dos au compromis actuel aussi fragile qu'il soit, dans l'espoir que ça va apaiser les tensions qui existent, et que ça mènera à l'installation d'une vrai démocratie. Mais nous devons aussi être réalistes et être préparés pour la possibilité que ça va échouer. Et soyons clairs sur le fait que les problèmes sont dus au système de gouvernance dinosaure de Mugabe.

Emilio Madjelewe (Togo) : Le slogan de campagne d'Obama fut « Yes, we can », un message empreint d'optimisme. Ce message peut-il être adapté à l'Afrique ?

Edward McMahon : Absolument. Les richesses naturelles et humaines seront à la base du renouvellement africain. Je crois que la base intellectuelle du NEPAD est très bonne. L'Afrique doit sortir de la quatrième division mondiale et créer des économies avec valeur ajoutée, sur la base de la bonne gouvernance. L'administration Obama comprend ça et je suis persuade que ses politiques vont refléter ça dans leur totalité.

kin : ISALU ISANGI, Kinshasa : Quelle sera la politique du président OBAMA à l'égard de la femme, surtout de la femme des pays en développement étant donné que les États-Unis sont un puissant État qui a une influence sur le monde ?

Edward McMahon : Obama vient de nommer une commission sur les femmes et les filles, qui aura sans doute un volet international. Une de ses premières actions a été de lever l'interdiction de l'assistance aux programmes de planification familiale internationale. Et il va sans doute soutenir des actions au Congrès de ratification du CEDAW, la Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes.

kin : Dans son discours, OBAMA n'a parlé que de sa grand-mère maternelle décédée il y a peu mais pas un seul mot pour son père ou sa grand-mère paternelle qui est encore vivante ! Est-ce le signe qu'OBAMA se considère plus comme américain que comme africain ? Adrien LUTUBA (Kinshasa)

Edward McMahon : Je crois, Adrien, que c'est dû plutôt au fait qu'il a longtemps vécu avec ses grands-parents maternels et qu'il n'a pas eu, par contre, le même niveau de contact avec sa famille au Kenya. Mais quand même il est très reconnaissant de cette partie de sa famille. Il a nommé son livre « Les Rêves de Mon Père ». Et il a notamment visité le Kenya en tant que sénateur en 2006.

lamarana sow : Quelle est la politique d'Obama face à l'Islam ?

Edward McMahon : Obama comprend que l'islam fondamentaliste ne représente qu'une petite marge des musulmans dans le monde entier. Il a vécu en Indonésie, l'expérience d'un islam modéré. Il va visiter un pays musulman bientôt et s'exprimer a ce sujet. Il comprend aussi que le développement économique et le respect pour des traditions régionales peut améliorer cette situation.

Laurent Adjogan : Fatoumat Da Costa, Benin : Question sociale. Le rôle joué par les First Ladies précédentes - Hillary Clinton et Laura Bush - a eu des avancées pour les femmes africaines, même si les problèmes demeurent dans la représentation des femmes dans les grandes instances de prise de décisions politiques et sociales. Quelle est la vision de la First Lady Michelle Obama face a nos problèmes sanitaires tel que le VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose ?

Edward McMahon : Je suis convaincu que Michelle Obama est très engagée par les types de problèmes auxquels vous faites référence, Mme Da Costa. Son intérêt est dans la promotion de la famille et l'engagement communautaire dans la résolution des problèmes qui nous touchent tous. Et elle comprend comment ces problèmes sont globaux aujourd'hui. Mais elle n'a pas encore défini exactement son rôle vis-à-vis de l'administration de son mari.

olenga : Le plus grand plaisir c'est celui de voir que l'Amérique a su transcender les barrières raciales et permettre au monde de croire encore en elle. Car en effet, l'intérêt supérieur doit être le facteur déterminant lorsque l'on veut opérer un choix crucial, quel bel exemple ! ! ! Que Dieu lui prête longue vie et beaucoup de sagesse, les défis sont énormes et les promesses électorales exigent des réponses adéquates.

Edward McMahon : Merci et amen !

lamarana sow : En Guinée Conakry, le président, bien que militaire, trouve de très belles initiatives. L'administration Obama peut-il l'encourager sur ce qu'il fait ?

Edward McMahon : Oui. ATT au Mali a une réputation très élevée dû au fait qu'il a géré le pays dans la direction de la démocratie. L'exemple qu'il a fait en laissant le pouvoir est la chose la plus importante. Je sais que la lutte contre la corruption poursuivie maintenant en Guinée est une bonne chose. Mais s'il n'y a pas un système démocratique, ce type d'initiative risque de s'effondrer.

SOUPOU EMBASSY BANGUI : Le président Obama a-t-il déjà envisagé des visites en Afrique ?

LOUIS SERGE ANTOINE : Quand le Président visitera-t-il l'Afrique ?

L'animateur (René Soudée) : Le président Obama va certainement visiter l'Afrique, mais la date et son itinéraire ne sont pas encore connus.

thpina : L'élection de M. Obama a fait passer l'Amérique de statut de « détesté No. 1 » de la communauté internationale à celui de leader moral (ce n'est maintenant qu'on verra un président de couleur dans les autres pays développés). Est-ce que les Américains s'en rendent compte ?

Assoba (Abidjan) : La démocratie d'Obama est-elle un modèle pour l'Afrique ?

Edward McMahon : Oui, dans le sens qu'elle a pu surmonter des obstacles énormes. Si c'est arrivé chez nous avec notre histoire de racisme, ça peut arriver n'importe où. Et l'Afrique a déjà pas mal de succès. Je suis assez vieux, par exemple, pour me souvenir que pendant les années 80 on craignait une guerre sanglante en Afrique du Sud entre Noirs et Blancs. Nous avons tous beaucoup de travail à faire en construisant nos démocraties, mais il ya de l'espoir.

L'animateur (Sarah) : Merci de votre participation !

L'animateur (Sarah) : Nous vous invitons à consulter notre site pour plus de renseignements sur les éventements à venir. http://co-nx.state.gov.

L'animateur (Sarah) : Pour un complément d'information sur le président Obama et les relations américano-africaines, allez à : http://www.america.gov/st/elections08-french/2008/October/20081030172838hmnietsua0.415212.html.

L'animateur (Sarah) : Pour un complément d'information sur le président Obama, allez à : http://www.america.gov/fr/publications/books/obama_bio_f.pdf#popup ou à http://www.america.gov/fr/uspolitics/elections/index.html.

gilles bocco : Merci.

Webchat Moderator (Mark) : Thank You Mr. McMahon ! Merci !

Minthe : Merci, monsieur Mc Mahon

Aymen : Thank you.

chasm : Thank you too.

L'animateur (René Soudée) : Merci de votre participation. La transcription de cette discussion sera affichée dans deux jours sur ce site.

Lome Guest : Merci, allons-nous trouver exactement les réponses à nos questions spécifiques.

sylla ahmed tidiane : Obama pourra-t-il mieux faire que Bush pour l'Afrique ?

Minthe : Sylla, je pense que oui, l'espoir est permis.

Minthe : De par son discours il y a de bonnes intentions exprimées. Que Dieu guide ses pas.

L'animateur (Sarah) : Nous tenons à remercier M. Edward McMahon de sa participation aujourd'hui. Cette discussion en ligne est à présent terminée. Les invités ont été choisis en fonction de leurs connaissances spécialisées. Les propos émis par nos invités représentent leurs vues personnelles et ne correspondent pas nécessairement a la politique officielle du département d'État des États-Unis d'Amérique.

(Fin de la transcription)

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