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10 mars 2009

Désarmement : Washington et Moscou envisagent de relancer leurs négociations

Propos de la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton

 
Hillary Clinton et Sergey Lavrov
La secrétaire d'État et le ministre des affaires étrangères russe, M. Sergey Lavrov à Genève le 6 mars 2009.

Washington - Le renouveau des relations américano-russes commencera par la réaffirmation de l'engagement à réduire les stocks d'armes nucléaires. La secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, et le ministre russe des affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, ont annoncé leur intention d'entamer des négociations en vue de conclure un nouveau traité sur la maîtrise des armements.

« Nous avons l'intention de conclure un accord d'ici à la fin de l'année. C'est là une question prioritaire pour nos deux gouvernements », a dit Mme Clinton le 6 mars à Genève.

Washington et Moscou cherchent à relancer les efforts de désarmement en mettant au point un accord qui fera suite au traité de 1991 sur la réduction des armes stratégiques (START). Des diplomates américains et russes doivent s'entretenir en vue de préparer un ordre du jour pour les négociations avant le premier entretien officiel entre le président Obama et le président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, qui se tiendra en marge de la réunion du G20 en avril.

« Nous tenons à faire des progrès tous les jours en vue de la réalisation de nos engagements communs, a dit Mme Clinton. Nous espérons présenter une position à nos deux présidents avant leur réunion afin qu'ils puissent convenir des instructions à donner à nos négociateurs. »

Le traité START, qui doit arriver à expiration le 5 décembre 2009, a contribué à diminuer fortement le nombre d'armes nucléaires grâce à un système de surveillance complexe dans le cadre duquel les deux pays ne peuvent pas disposer de plus de 6.000 ogives nucléaires pour missiles balistiques stratégiques ou intercontinentaux. Il limite aussi à 1.600 le nombre des vecteurs, tels que des bombardiers, des missiles sol-sol et des missiles mer-sol.

« Nous ferons tout notre possible pour conclure cet accord », a déclaré M. Lavrov.

En tant que grandes puissances nucléaires, les États-Unis et la Russie ont l'obligation de renforcer leur coopération dans ce domaine, a indiqué Mme Clinton. Elle a indiqué que les deux pays étaient aussi convenus de poursuivre les pourparlers en prévision de la conférence d'examen en 2010 sur la non-prolifération nucléaire et en vue également de prendre une nouvelle initiative destinée à empêcher que des matières nucléaires ne tombent entre les mains de terroristes ou d'autres personnes « irresponsables ».

Le 4 mars, des diplomates américains et russes se sont réunis à Vienne avec des diplomates de quatre autres pays (l'Allemagne, la Chine, la France et le Royaume-Uni) et ont exprimé leur engagement à continuer de tenter de convaincre l'Iran à mettre fin à son enrichissement de l'uranium et à participer à des négociations internationales. Ces derniers jours, de hauts responsables américains et russes se sont également réunis à Séoul (Corée du Sud) afin de tenter de relancer les négociations à Six sur le programme nucléaire de la Corée du Nord.

Lors de l'interview qu'elle a accordée le 6 mars à la station de radio américaine NPR (National Public Radio), Mme Clinton a indiqué que la réduction des armes nucléaires et leur non-prolifération seraient un élément essentiel de la politique étrangère américaine et que les États-Unis allaient œuvrer de concert avec la Russie dans ce domaine.

Alors qu'ils étaient tous deux sénateurs, le président Obama et le vice-président Joe Biden ont préconisé la surveillance des armes nucléaires ainsi que la réduction de leur nombre. Depuis leur entrée en fonction, ils se sont engagés à maintenir une force de dissuasion importante tout en définissant la suppression des armes nucléaires comme un objectif de longue durée.

M. Medvedev a accueilli avec satisfaction l'engagement du gouvernement Obama en faveur de la maîtrise des armements en tant que première mesure du renouveau des relations américano-russes. « La Russie, a-t-il dit, est ouverte au dialogue et elle est prête à entamer des négociations avec le nouveau gouvernement américain. Je partage tout à fait l'engagement du président des États-Unis, M. Barack Obama, pour ce qui est de la réalisation du noble objectif consistant à délivrer le monde du danger nucléaire. Une interaction fructueuse dans ce domaine contribuerait à améliorer les relations russo-américaines en général. »

Par ailleurs, Mme Clinton et M. Lavrov se sont engagés à avoir de nouveaux entretiens en vue de coopérer pour le processus de paix au Proche-Orient, de stabiliser l'Afghanistan et de faire face aux ambitions nucléaires de l'Iran. Ils ont exprimé l'espoir que la réalisation de progrès relatifs à des problèmes communs permettra de surmonter des désaccords entre Washington et Moscou ayant trait à des questions telles que le maintien de forces russes sur le territoire de la Géorgie et les préoccupations du Kremlin relatives à la mise en place en Europe d'un système américain de défense antimissile.

« Là où nous pouvons nous mettre d'accord, comme notre position en ce qui concerne le traité START et la non-prolifération des armes nucléaires, nous sommes prêts à nous mettre au travail, a dit Mme Clinton. Là où nous avons des divergences d'opinion, nous les maintenons sur une liste parce que nous pensons que c'est grâce à une coopération plus étroite et au renforcement de la confiance entre nous que nous pourrons nous attaquer à certaines de ces divergences. »

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