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09 mars 2009

Les États-Unis souhaitent entamer avec la Russie de nouvelles relations

Analyse des propos de Mme Hillary Clinton lors de son voyage en Europe

 
Hillary Clinton et Sergey Lavrov
La secrétaire d'État présente au ministre des affaires étrangères russe, Sergey Lavrov un bouton de remise symbolique le 6 mars.

Washington - En « pressant sur le bouton de remise à zéro » de leurs relations avec la Russie, les États-Unis cherchent à renforcer des partenariats destinés à résoudre des problèmes communs d'ordre mondial, tout en maintenant un dialogue ouvert et respectueux sur leurs divergences d'opinion, a déclaré la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, lors d'une réunion organisée par le Parlement européen le 6 mars, à Bruxelles.

« Nous entamons nos nouvelles relations avec les yeux grands ouverts et nous allons faire tout notre possible pour trouver un terrain d'entente aussi vaste que possible », a-t-elle dit à cette occasion.

Quelques heures plus tard, elle s'est rendue à Genève pour s'entretenir avec le ministre russe des affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, en vue de préparer le premier entretien officiel entre le président Barack Obama et le président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, qui doit avoir lieu le mois prochain, en marge de la réunion du groupe des Vingt à Londres.

Avant de commencer à s'entretenir avec M. Lavrov, Mme Clinton lui a remis un cadeau, une petite boîte dotée d'un gros bouton rouge de « remise à zéro», pour symboliser le renouveau des relations américano-russes.

Lors de l'interview qu'elle avait accordée ce jour-là à la station de radio américaine National Public Radio, la secrétaire d'État avait déclaré : « Le gouvernement Obama estime qu'il existe un certain nombre de domaines importants dont nous devrions discuter avec la Russie. Nous pensons qu'il y a un grand nombre de problèmes et de menaces dont nous avons hérité et auxquels il nous faut nous attaquer, mais qu'il y a aussi des possibilités. »

Depuis son entrée en fonction en janvier, M. Obama a échangé des lettres et s'est entretenu par téléphone à plusieurs reprises avec le président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev. Le vice-président Joe Biden a poursuivi ce dialogue avec le premier ministre russe adjoint, M. Sergueï Ivanov, en marge de la conférence de Munich sur la sécurité, et s'est engagé à cette occasion à mettre un terme à la « dérive dangereuse » des relations américano-russes. Ces relations sont récemment devenues tendues à la suite de l'invasion en 2008 de la Géorgie par la Russie, du différend de ce dernier pays avec l'Ukraine dans le domaine énergétique, ainsi qu'à cause des inquiétudes du Kremlin à propos de l'élargissement de l'OTAN et du projet américain de mise en place en Europe d'un système de défense antimissile.

Le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, M. William Burns (ancien ambassadeur des États-Unis en Russie), est récemment revenu de Moscou, où il a préparé avec des diplomates russes l'ordre du jour de l'entretien de Mme Clinton et de M. Lavrov à Genève, qui devait comprendre une proposition destinée à accélérer la prorogation d'un traité de désarmement entre les États-Unis et la Russie.

Lors de l'interview qu'elle a accordée à la BBC le 6 mars, Mme Clinton a déclaré : « Nos deux pays ont une longue liste de questions pour lesquelles nous allons tenter de trouver des domaines de coopération, notamment en matière de terrorisme, de désarmement et de non-prolifération. Nous allons discuter des domaines où nous pensons qu'il nous faut nous entendre mieux et tenter de supprimer les points de friction. »

Plusieurs faits récents illustrent l'importance de la coopération entre les États-Unis et la Russie, a dit la secrétaire d'État. Ces deux pays sont membres du Quatuor pour la paix au Proche-Orient et Mme Clinton et M. Lavrov se sont entretenus brièvement le 2 mars à Charm el-Cheikh (Égypte), lors de la conférence internationale de donateurs organisée en vue de la reconstruction de Gaza.

Le 4 mars, des diplomates américains et russes se sont réunis à Vienne avec des diplomates de quatre autres pays (l'Allemagne, la Chine, la France et le Royaume-Uni) et ont exprimé leur engagement à continuer de tenter de convaincre l'Iran de mettre fin à son enrichissement de l'uranium et de participer à des négociations internationales. De hauts responsables américains et russes doivent également se réunir dans les jours à venir à Séoul (Corée du Sud) afin de tenter de relancer les négociations à Six sur le programme nucléaire de la Corée du Nord.

Des navires de la marine militaire aussi bien américaine que russe font actuellement partie d'une patrouille multinationale chargée de lutter contre la piraterie au large de la Somalie. La Russie est aussi convenue de permettre le transit sur son sol de marchandises à caractère non militaire destinées à la mission de paix de l'OTAN en Afghanistan, qui constitue une question prioritaire pour le président Obama.

Le 5 mars à Bruxelles, Mme Clinton s'est jointe à ses homologues européens en vue de la réouverture du Conseil OTAN-Russie, dont les travaux avaient été suspendus à la suite de la guerre russo-géorgienne. Cette mesure met en évidence les difficultés à venir pour ce qui est d'aplanir les divergences dans les nouvelles relations entre Washington et Moscou, a dit Mme Clinton.

À Bruxelles, la secrétaire d'État a souligné que les nouvelles relations avec la Russie n'entraîneraient pas une diminution du soutien des États-Unis à leurs alliés au sein de l'OTAN, notamment à la Pologne et à la République tchèque ou à des pays aspirant à faire partie de l'OTAN comme la Géorgie et l'Ukraine.

« Mon pays, a-t-elle dit, a condamné avec force l'intervention de la Russie en Géorgie. Nous sommes aussi très préoccupés par le fait qu'elle se sert de l'énergie comme moyen d'intimidation. Notre engagement avec la Russie ne porte nullement atteinte à notre soutien à des pays tels que la Géorgie, les États baltes, les Balkans ou tout autre pays en Europe. »

À Moscou, de hauts responsables du ministère des affaires étrangères ont indiqué que la Russie considérait « avec un optimisme prudent » les futurs pourparlers.

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