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06 mars 2009

Sept pirates détenus par la marine des É.-U. remis au Kénya pour être traduits en justice

Pour combattre la piraterie, il faudra élargir la coopération internationale.

 
Des Somaliens accusés de piraterie au Kénya
Un guarde (devant la portière de l'autobus) surveille des pirates somaliens avant leur procès dans un tribunal à Mombasa (Kénya).

Washington - Les autorités judiciaires kényanes ont assumé la responsabilité judiciaire de sept pirates somaliens présumés capturés par la marine des États-Unis et qu'elles entendent traduire rapidement devant un tribunal de Mombasa.

La marine américaine a remis les suspects et les éléments de preuve aux autorités kényanes, conformément à un mémorandum d'entente signé en janvier entre les États-Unis et le Kénya. Un accord semblable a été conclu entre le Royaume-Uni et le Kénya - qui a accepté de traduire les pirates devant ses tribunaux - dans le cadre d'une campagne plus musclée visant à punir les pirates et à les dissuader de toute future attaque dans le golfe d'Aden et au large des côtes somaliennes.

Lors d'une audition au Congrès américain, le 5 mars, le vice-amiral Willliam Gortney a dit que cet accord bilatéral était entré en vigueur le jour même que le Kénya avait accepté le transfert des pirates présumés. La marine américaine avait capturé ces suspects le 11 février, quand un navire battant pavillon des îles Marshall a lancé un SOS alors que des pirates, armés de AK-47 et de roquettes, tentaient de monter à bord.

S'exprimant devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants, le sous-secrétaire d'État par intérim chargé de la sécurité internationale Stephen Mull a dit que les États-Unis savaient gré au Kénya d'avoir accepté de traduire en justice les pirates présumés. Les responsables américains, a-t-il a ajouté, espèrent conclure de tels accords bilatéraux avec d'autres gouvernements de la région pour que le fardeau juridique ne soit pas épaulé par un pays unique. M. Mull a mentionné la Tanzanie comme candidat possible pour un tel accord.

La piraterie est un crime international qui relève juridiquement de plusieurs accords, dont la Convention de 2000 des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée.

La liberté de navigation et la sûreté maritime sont des priorités du gouvernement Obama. Les attaques perpétrées par les pirates ont perturbé l'acheminement des vivres du Programme alimentaire mondial qu'appuient les États-Unis, mis en danger la vie des équipages civils internationaux à bord des cargos arraisonnés et menacent les intérêts du commerce maritime.

M. Mull a présenté les différents aspects de la stratégie actuelle des États-Unis pour mettre fin aux attaques des pirates, à savoir :

• améliorer la coopération multilatérale ;
• diriger les efforts pour raffermir le droit juridique international en vigueur ;
• collaborer étroitement avec les responsables du commerce maritime international ;
• coordonner les tactiques militaires des États-Unis et de la coalition ;
• poursuivre des approches diplomatiques et politiques plus vastes, avec pour objectif, de voir la sécurité et la stabilité améliorée en Somalie.

Déchargement de la dépouille d'une victime de meurtre perpétué par des pirates somaliens
Des policiers kényans déchargent la dépouille du capitaine d'un navire commercial prétendument tué par des pirates somaliens.

M. Mull a dit à la commission que les États-Unis ont milité puissamment en faveur de l'adoption des résolutions 1846 et 1851 du Conseil de sécurité des Nations unies en décembre 2008. Ces deux résolutions ont élargi l'autorité des forces de divers pays qui effectuent des opérations anti-piraterie au large des côtes de la Somalie et sur terre ferme.

En janvier, les États-Unis ont également été l'hôte à New York de la première réunion du Groupe de contact sur la piraterie qui compte des représentants de 34 pays et organismes. M. Mull a ajouté que des responsables américains se sont de nouveau entretenus avec les membres de ce groupe le 5 mars, à Copenhague, au Danemark - réunion au cours de laquelle ils ont examiné les meilleures façons d'utiliser les lois nationales pour juger les pirates.

Le Groupe de contact sur la piraterie a établi quatre groupes de travail chargés chacun de tâches spécifiques : l'aspect juridique des efforts pour éliminer la piraterie, la coordination militaire au large de la Somalie, les initiatives diplomatiques et les meilleures pratiques pour déjouer les opérations des pirates.

Ce dernier groupe est dirigé par les États-Unis. Ses membres ont tenu une réunion à Londres, à la fin de février, au cours de laquelle la Chambre internationale de la navigation maritime a présenté un rapport sur les moyens de dissuasion face à la piraterie.

Le vice-amiral Gortney a dit que des responsables américains ont œuvré de concert avec l'Organisation maritime internationale pour créer un pamphlet sur les meilleures pratiques contre la piraterie qui conseille aux navires, entre autres, de naviguer à des vitesses de plus de 15 milles marins, et de ne pas circuler la nuit.

Le groupe de contact tiendra sa prochaine réunion en Égypte, du 16 au 17 mars, pour évaluer les recommandations des groupes de travail et les nouvelles demandes de pays qui veulent se joindre à la lutte contre la piraterie.

Des efforts multinationaux pour contrer les attaques

La marine des États-Unis a créé un groupe de travail « Combined Task Force 151 » pour collaborer avec les marines militaires d'autres pays dans le secteur au large de la Somalie. Participent à ce groupe, entre autres, des marines d'États membres de l'Union européenne. Étant donné que la piraterie en haute mer est un délit universel, a dit le vice-amiral Gortney, toutes les marines ont le devoir de la combattre.

Les forces armées américaines œuvrent de concert avec leurs homologues de nombreux autres pays : Allemagne, Arabie saoudite, Canada, Chine, Danemark, Espagne, France, Grèce, Inde, Italie, Malaisie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie et Turquie. Les opérations sont parfois menées dans le cadre d'alliances, telle l'OTAN. D'autres forces devraient bientôt se joindre aux efforts anti-piraterie, a dit le vice-amiral Gortney, venues de plusieurs pays : Bahreïn, Belgique, Corée du Sud, Japon, Jordanie, Pologne, Singapour et Suède.

Grâce à ces efforts communs, le nombre d'attaques perpétrées par les pirates a diminué, passant d'une moyenne de sept par mois au dernier trimestre de 2008 à deux attaques seulement par mois depuis le début de 2009.

Mais tous les participants à l'audition de la commission du Congrès, y compris les députés, qui se sont penchés sur les conséquences de la piraterie au large de l'Afrique, ont conclu qu'il n'y aurait pas de solution durable à la piraterie dans la région tant que le conflit en Somalie ne serait pas réglé. À cette fin, les États-Unis appuient le Processus de paix de Djibouti - un dispositif qui permet aux Somaliens de prendre des décisions politiques et sécuritaires avec l'aide de donateurs internationaux alors qu'ils tentent de parvenir à la réconciliation politique nécessaire à leur pays.

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