05 mars 2009
Propos de MM. Obama et Gates

Washington - Les États-Unis cherchent à améliorer leurs relations avec la Russie en renforçant leurs partenariats destinés à faire face à un grand nombre de problèmes communs dans les domaines diplomatique et sécuritaire. « Je nourris l'espoir que nous pourrons avoir des relations fructueuses dans les domaines où nous pouvons progresser en nous fondant sur un respect commun et des intérêts mutuels », a déclaré le président Obama, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 3 mars, en compagnie du premier ministre britannique, M. Gordon Brown.
Depuis son entrée en fonction, M. Obama a échangé des lettres et s'est entretenu par téléphone à plusieurs reprises avec le président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, au sujet des moyens de renforcer les relations entre Washington et Moscou. Ces relations sont récemment devenues tendues à la suite de l'invasion en 2008 de la Géorgie par la Russie ainsi qu'à cause des inquiétudes du Kremlin à propos de l'élargissement de l'OTAN et du projet américain de mise en place en Europe d'un système de défense antimissile.
M. Obama a réfuté un article paru dans le New York Times ce jour-là, qui faisait état d'informations en provenance de médias russes selon lesquelles dans la dernière lettre qu'il avait adressée au président Medvedev il aurait proposé de renoncer au projet de défense antimissile si en échange Moscou acceptait de décourager l'Iran de se doter d'armes nucléaires et de missiles balistiques.
« Ce que j'ai dit dans ma lettre, a-t-il expliqué, est la même chose que ce j'ai dit publiquement, à savoir que le système de défense antimissile que nous proposons de mettre en place n'est dirigé pas contre la Russie mais contre l'Iran. En outre, ce que j'ai dit dans ma lettre, c'est que dans la mesure où nous réduisons la détermination de l'Iran de se doter d'armes nucléaires, nous réduisons évidement la nécessité d'un système de défense antimissile. »
Pour sa part, M. Medvedev a déclaré, lors de la conférence de presse qu'il a donnée à Moscou également le 3 mars, que dans la lettre du président Obama il n'était pas question d'un échange ou d'une contrepartie quelconque. En réponse à l'article du New York Times, des responsables du ministère russe des affaires étrangères ont aussi indiqué que la lettre de M. Obama ne contenait aucune proposition secrète.
La défense antimissile n'était qu'une des questions abordées dans cette lettre, a précisé M. Obama. « J'ai dit qu'il nous fallait relancer nos relations. La Russie doit comprendre notre engagement immuable en faveur de l'indépendance et de la sécurité de pays tels que la Pologne ou la République tchèque. Par ailleurs, nous avons des domaines d'intérêt communs », notamment la lutte contre le terrorisme, la coopération face aux ambitions nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord et la réaction à la crise financière mondiale qui ne fait que s'aggraver.
En 2008, les États-Unis ont passé un accord avec la Pologne au sujet de l'installation sur son sol de missiles d'interception et un autre avec la République tchèque au sujet de l'installation sur son sol d'un radar de poursuite dans le cadre du projet de système de défense antimissile. La Russie considère depuis longtemps ce projet comme une menace pesant sur sa sécurité, bien que les États-Unis lui aient donnée à plusieurs reprises l'assurance qu'il n'en était rien et qu'ils lui aient offert de participer à l'élaboration de ce système, dont la capacité et le coût demeurent un sujet de débat entre de nombreux hauts responsables du gouvernement Obama.
La défense antimissile est l'un des dossiers relatifs à la sécurité qui font l'objet d'un examen par le nouveau gouvernement, a indiqué le ministre de la défense, M. Robert Gates.
En réponse à des questions portant sur les informations parues dans les médias, M. Gates a déclaré : « Je ne pense pas du tout qu'il s'agisse de mettre les Russes dans l'embarras. Je pense qu'il s'agit de rouvrir le dialogue et de dire : nous sommes prêts à parler avec vous de la manière dont nous pouvons nous attaquer à ce problème et dont nous pouvons progresser. »
Les déclarations du président Obama font suite à la récente visite à Moscou du sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, M. William Burns (ancien ambassadeur des États-Unis en Russie), relative à la défense antimissile, ainsi qu'aux mesures visant à proroger un traité de désarmement entre les États-Unis et la Russie qui arrivera à expiration à la fin de 2009. La secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, doit s'entretenir avec son homologue, le ministre russe des affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, le 6 mars à Genève.
Quant aux présidents Obama et Medvedev, ils auront leur premier entretien officiel, en marge de la réunion au sommet du G20, le 2 avril à Londres.