19 juin 2009

Washington - En Irak, la violence demeure à un niveau globalement bas et les Irakiens semblent de plus en plus enclins à faire confiance aux institutions politiques alors qu'ils avancent vers la tenue d'élections législatives le 16 janvier 2010, a déclaré l'ambassadeur des États-Unis en Irak Christopher Hill.
S'exprimant lors d'un point de presse au département d'État le 18 juin, M. Hill a indiqué, par ailleurs, que les forces armées américaines respecteraient toutes les clauses de l'accord de sécurité conclu entre l'Irak et les États-Unis, lequel prévoit le retrait de toutes leurs unités de combat des zones urbaines avant le premier juillet. M. Hill a décrit ce retrait comme « l'un des éléments historiques » de l'accord et ajouté que les forces de combat américaines se sont déjà retirées de la plupart des villes irakiennes.
Les États-Unis et l'Irak œuvrent également sur le texte d'un accord-cadre stratégique « qui, nous l'espérons, régira nos relations pour des décennies à venir », a ajouté l'ambassadeur.
Cet accord portera aussi sur les échanges éducatifs, les relations économiques et les liens politiques. « Nous voudrions que cet accord-cadre stratégique soit réellement l'essence de nos relations. Et pour y arriver, nous devons appliquer les éléments résiduels de l'accord sécuritaire », a précisé M. Hill.
Les chiffres totalisés par les militaires américains sur le terrain « indiquent une tendance générale vers la baisse » des attaques violentes perpétrées en Irak, et les milices démantelées ne forment pas de nouveaux groupes, a-t-il dit. Les attaques qui sont encore signalées contre les Chiites et les Sunnites visent à exacerber les tensions entre les deux communautés, mais elles n'y sont pas parvenues, a indiqué M. Hill, ajoutant que les États-Unis s'efforçaient de maintenir un dialogue ouvert entre les dirigeants politiques de toutes les composantes de la société irakienne.
L'Irak « a traversé une période de six ans de violence très, très pénible, pendant laquelle tout le monde a perdu un proche », a dit M. Hill. « Et vous savez, personne ne veut prédire quand les gens en auront assez de ce genre de chose, mais depuis mon arrivée en Irak, il y a deux mois, je crois vraiment que les gens essaient de trouver le moyen d'aller de l'avant par le biais d'un processus politique. »
L'ambassadeur Hill s'est félicité des initiatives entreprises par les groupes confessionnels et les partis politiques kurdes pour avoir un dialogue dans le but « d'établir leur position politique » avant la tenue des élections de janvier 2010.
Toujours dans le cadre de l'accord sur la sécurité, a dit M. Hill, le gouvernement Obama œuvre pour améliorer les relations de l'Irak avec les autres États de la région, notamment le Koweït, pour parvenir en l'occurrence à une entente sur les sanctions onusiennes encore en vigueur et les réparations de guerre qui avaient été imposées contre Bagdad suite à son invasion de ce pays limitrophe en 1990. M. Hill a ajouté que les États-Unis prodiguent une formation aux responsables des prisons irakiennes et les aident à réhabiliter ces installations, Washington ayant convenu de transférer des détenus à l'Irak.
Les décideurs aux États-Unis savent qu'il est nécessaire de respecter la souveraineté de l'Irak de manière à établir de bonnes relations à long terme, a souligné M. Hill. « Nous respectons profondément l'intégrité territoriale et l'unité de l'Irak. Cela a toujours été notre politique et le demeurera. Nous redoublerons d'efforts pour ne pas dire aux autorités irakiennes ce qu'elles doivent faire, mais exprimerons simplement nos opinions et prêterons l'attention aux leurs. »
En tant que nouvel ambassadeur de Washington à Bagdad, M. Hill a dit qu'il continuera « à écouter beaucoup plus » qu'à parler.
Les Nations unies et l'Irak
L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Mme Susan Rice, a salué à New York « le travail d'une importance vitale » accompli par les Nations unies en Irak. Elle a fait l'éloge de la Mission d'assistance de l'ONU en Irak (MANUI) pour « le rôle crucial » qu'elle joue dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la prospérité à long terme de l'Irak.
S'exprimant au siège de l'ONU le 18 juin, Mme Rice a dit que la MANUI a été chargée de fournir une assistance technique en vue de la tenue des élections législatives de janvier 2010, de même que du scrutin sur le gouvernement régional du Kurdistan prévu en juillet 2009. Les Nations unies continuent aussi de promouvoir « le dialogue constructif » comme moyen de régler la question des frontières internes contestées du pays.
La MANUI facilitera aussi le retour définitif et volontaire des déplacés irakiens en contribuant à leur fournir la sécurité, l'accès au logement et à l'emploi, et les services de base qui, a dit Mme Rice, « sont essentiels à la stabilité à long terme du pays ».