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18 juin 2009

Reprise de l'aide humanitaire au Soudan où les échéances politiques approchent

 
MM. Scott Gration et Barack Obama
L'envoyé spécial au Soudan, M. Scott Gration a affirmé que les É.-U. désirent sauver des vies et établir un cessez-le-feu.

Washington - L'aide humanitaire au Soudan, suspendue en mars après l'expulsion par Khartoum de certaines organisations caritatives, a maintenant repris ; mais l'envoyé spécial des États-Unis pour le Soudan, Scott Gration, a souligné que les réfugiés continuaient de souffrir dans les camps et qu'il y avait encore beaucoup à faire pour améliorer la situation avant la tenue d'élections nationales et du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan.

« Notre objectif immédiat est de sauver la vie » de ces Soudanais, a déclaré M. Gration lors d'un point de presse le 17 juin au département d'État. « Nous avons une situation où de nombreuses vies humaines sont en danger, que ce soit au Darfour ou dans les trois autres régions, à savoir le Kordofan méridional, l'Abyei et le Nil bleu. »

Les États-Unis travaillent à stabiliser la situation en renforçant les capacités des organisations humanitaires tout en contribuant à la coordination d'un cessez-le-feu qui permettrait aux personnes déplacées à l'intérieur du pays de rentrer dans leurs foyers.

En mars, le gouvernement soudanais avait expulsé treize groupes caritatifs, les accusant de coopérer avec la Cour pénale internationale au regard de l'inculpation pour crimes de guerre du président Omar El-Béchir. M. Gration a cependant noté que Khartoum avait récemment autorisé trois autres organisations non gouvernementales (ONG) à entrer au Soudan et que l'aide humanitaire, c'est-à-dire les vivres et services disponibles aux réfugiés, était pratiquement revenue au niveau qui prévalait avant les expulsions.

L'envoyé spécial Gration a souligné que les niveaux actuels d'assistance ne pouvaient pas être maintenus du fait qu'il s'agissait de mesures d'urgence. « Mais avec l'arrivée de nouvelles ONG sur le terrain », a-t-il dit, « nous pensons qu'il nous sera possible de poursuivre ces opérations, voire d'augmenter nos capacités d'aide. »

Les États-Unis avaient discuté du retour des ONG avec le Soudan. Bien que les treize organisations expulsées n'aient pas été autorisées à revenir au Soudan, a dit M. Gration, le gouvernement de Karthoum a non seulement permis à trois autres d'entrer sur son territoire mais aussi amélioré les conditions auxquelles sont assujettis les travailleurs humanitaires, « en matière de visas, d'accords techniques et de facilitation d'opérations plus efficaces ».

« Nous sommes heureux de voir que les paroles qu'ils nous ont données ont été transformées en action, et c'est ce à quoi nous les tenons responsables », a déclaré M. Gration.

L'envoyé spécial a indiqué que les actes de violence perpétrés contre les déplacés par les bandits, les milices Janjaweed et les seigneurs de la guerre se poursuivent, mais dit-il, « il ne semble pas qu'ils soient coordonnés comme ils l'avaient été entre 2003 et 2006 », ce qui avait conduit les États-Unis à qualifier la situation de génocide.

« Ce que nous observons actuellement sont les conséquences du génocide, les résultats du génocide. Nous avons encore des milliers de déplacés internes vivant dans des tentes. Nous avons des femmes qui ont encore peur de sortir pour chercher du bois de feu. Et nous avons des enfants qui ne peuvent pas profiter de grandir dans leur propre pays et grandissent dans ces camps », a dit M. Gration.

Il faut maintenant un cessez-le-feu et un processus politique pour améliorer la vie des déplacés internes, « afin que ces personnes puissent exercer le droit de rentrer chez eux de leur plein gré, ou aller là où elles décident, et vivre le reste de leur vie… dans la sûreté, la sécurité et la dignité », a affirmé M. Gration.

Celui-ci a ajouté que la communauté internationale aborde « un calendrier serré » sur le plan politique au Soudan, avec des élections nationales prévues en février 2010 et un référendum sur le futur statut de l'Abyei et du Sud-Soudan en janvier 2011.

« Nous nous approchons du moment où il faudra entamer un sprint, où il faudra rassembler tout le monde pour coordonner nos efforts sur la même page de musique », a dit M. Gration.

Le 23 janvier, les délégations de plus de trente pays et organisations se réuniront à Washington pour appuyer l'Accord de paix global 2005 pour le Soudan et discuter de l'organisation des prochaines élections nationales.

« Cet accord préconise, entre autres, la participation de la communauté internationale qui doit envoyer des observateurs et jouer un rôle actif. Et évidemment, ce processus sera le même au moment du référendum… qui permettra à la population d'Abeyi et celle du Sud Soudan de décider si elles souhaitent faire partie d'un pays unifié ou d'une nation indépendante », a souligné M. Gration.

Dans sa réponse à une question de la presse sur ses entretiens avec des responsables chinois, M. Gration a dit que les États-Unis et la Chine partageaient les mêmes objectifs de sécurité et de stabilité pour le Soudan. « Nous envisageons la situation par des voies différentes mais les résultats sont les mêmes. Et nous avons convenu de partager les informations, d'œuvrer de concert et d'intégrer nos activités sur le plan humanitaire », a affirmé M. Gration.

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