17 juin 2009
Washington - Le président Obama et son homologue de la Corée du Sud Lee Myung-bak ont fait part de leur ferme résolution d'éliminer les armes nucléaires de la péninsule coréenne ainsi que de leur préoccupation relative aux récents agissements de la Corée du Nord qui, selon eux, posent un grave danger.
« La Corée du Nord a abdiqué ses propres engagements et enfreint le droit international », a dit M. Obama lors d'une conférence de presse tenue avec M. Lee le 16 juin à la Maison-Blanche. « Les programmes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord constituent une menace grave à la paix et la sécurité de l'Asie et du monde. »
« Nous poursuivrons vigoureusement l'objectif de dénucléarisation de la Péninsule coréenne. Nous ne sommes nullement arrivés à la conclusion que la Corée du Nord puisse ou doive devenir une puissance nucléaire », a déclaré M. Obama.
Lors de cette rencontre, la deuxième depuis le début de l'année, les deux présidents se sont penchés sur les questions de sécurité dans le nord-est asiatique et sur les agissements récents de la Corée du Nord - son essai de missile balistique à longue portée en avril puis son essai d'une arme nucléaire à la fin de mai. Dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, les deux dirigeants se sont également entretenus du sommet économique du G8 qui se tiendra en Italie du 8 au 10 juillet. La Corée du Sud y participera à l'invitation du chef du gouvernement du pays hôte, Silvio Berlusconi.
Le président sud-coréen Lee a déclaré que son pays et les États-Unis « étaient convenus qu'en aucun cas, ils ne permettraient à la Corée du Nord de se doter d'armes nucléaires ». Et M. Lee d'ajouter que Washington et Séoul appliqueraient fermement les sanctions onusiennes contre Pyongyang.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité, le 12 juin, d'appliquer à la Corée du Nord de nouvelles sanctions dans les domaines de l'économie et de la sécurité ainsi qu'un embargo sur le commerce et les livraisons d'armes pour avoir effectué un essai nucléaire le 25 mai et pour avoir lancé à titre d'essai un missile balistique de longue portée en avril. Le Bureau du directeur des services nationaux de renseignements des États-Unis a indiqué le 15 juin que l'explosion nucléaire en question avait une puissance de « quelques kilotonnes ».
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ainsi que la Corée du Sud et le Japon ont présenté cette résolution après que la Corée du Nord eut effectué un essai nucléaire souterrain le 25 mai, qui a été suivi du lancement à titre d'essai de 6 missiles de courte portée, sol-air et sol-mer. À la même date, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné à l'unanimité le tout dernier essai nucléaire nord-coréen ; à cette occasion, deux alliés traditionnels de la Corée du Nord, la Chine et la Russie, ont exprimé leurs fermes objections à ce test. La résolution ajoute aux sanctions déjà adoptées et exige l'application de toutes les mesures prévues par les résolutions précédentes contre la Corée du Nord.
Des pourparlers sur l'économie et le commerce
MM. Lee et Obama se sont aussi entretenus des nouvelles initiatives entreprises pour faire face à la crise économique mondiale. Le président Obama a noté « les mesures audacieuses et durables visant à relancer la croissance » et prévenir de telles crises dans l'avenir que les pays industriels avaient adoptées en avril lors du sommet de Londres. « Aujourd'hui, nous réaffirmons notre engagement en faveur de cette position de même que celui de résister au protectionnisme et de poursuivre notre étroite collaboration. »
M. Lee a indiqué qu'il avait discuté avec M. Obama des moyens de faire avancer le dossier relatif à l'accord de libre-échange entre les États-Unis et la Corée du Sud, qui n'a pas encore été ratifié ; le président sud-coréen a ajouté qu'il avait convenu avec son hôte de renforcer les liens commerciaux entre les deux pays tout en s'efforçant d'éliminer les obstacles au commerce. M. Lee s'est également dit favorable au lancement de consultations visant à faire progresser le processus de l'accord de libre-échange.
« J'ai affirmé au président Lee que nous voulions œuvrer de manière constructrice et systématique avec la République de Corée, pour écarter certains obstacles qui empêchent le libre-échange entre nos deux pays », a déclaré M. Obama.
Le président Obama a aussi indiqué qu'il était convenu avec son homologue d'une vision commune de l'alliance États-Unis-Corée du Sud, qui a été rendue publique le 16 juin à la Maison-Blanche.