17 juin 2009

Washington - Des États membres de l'Union européenne ont accepté d'aider les États-Unis à fermer le centre de détention de la baie de Guantanamo (Cuba) en acceptant d'accueillir certains des détenus et de transmettre des informations sur ces derniers après leur arrivée dans le pays.
Le 15 juin, l'Union européenne et les États-Unis ont publié une déclaration commune énumérant les principales conditions auxquelles les 27 membres de l'Union accepteront des détenus, ainsi que d'autres mesures de coopération à la lutte contre le terrorisme.
Ce même jour, lors de son entretien avec le premier ministre italien Silvio Berlusconi à la Maison-Blanche, le président Obama a remercié l'Italie d'accepter trois des détenus de Guantanamo. Il a également déclaré qu'il se félicitait de la déclaration commune.
« Cela nous donnera une occasion de créer un cadre juridique international durable pour faire face au terrorisme, et je pense que c'est important de part et d'autre de l'Atlantique. »
Le porte-parole du département d'État, M. Ian Kelly, a également accueilli favorablement l'adoption de la déclaration par le conseil des ministres de l'Union européenne.
« Nous remercions nos collègues européens, et tout particulièrement la présidence tchèque, le coordonnateur de la politique antiterroriste de l'Union et la Commission européenne de leur aide et de leur volonté de se joindre à nous pour fermer l'installation de Guantanamo. Nous nous félicitons également de l'approfondissement de la coopération transatlantique à la lutte contre le terrorisme. Nous nous réjouissons à la perspective de la poursuite du partenariat avec l'Union européenne sur ce dossier difficile », a déclaré M. Kelly, le 15 juin.
La déclaration commune prend note de l'ordre donné par le président Obama de fermer Guantanamo d'ici au 22 janvier 2010, et affirme que l'Union européenne et ses membres « souhaitent aider les États-Unis à tourner la page » alors qu'ils sont en train de mettre en œuvre une nouvelle politique de sécurité, de revoir celle qui est en place, notamment les mesures qui portent sur la détention, le transfert, le jugement et l'interrogation des détenus, et qu'ils essaient d'instaurer la transparence au sujet des pratiques du passé et d'éliminer les prisons secrètes.
« Dans ce contexte, certains États membres de l'Union européenne ont exprimé leur volonté d'aider en accueillant certains anciens détenus de Guantanamo, au cas par cas », est-il affirmé dans la déclaration.
Il y est en outre affirmé que les mesures conjointes prises contre le terrorisme devraient refléter les valeurs les communes de part et d'autre de l'Atlantique que sont la liberté, la démocratie et le respect du droit international, de la règle de droit et des droits de l'homme. « Nous considérons que si les efforts de lutte contre le terrorisme sont conduits de cette façon, notre puissance et notre sécurité seront renforcées. »
L'Union européenne et les États-Unis sont également d'accord pour affirmer que la responsabilité primaire de la fermeture du centre de Guantanamo et de la recherche de nouveaux lieux de résidence pour les prisonniers appartient aux États-Unis. Le gouvernement Obama a demandé aux Européens de l'aider à réinstaller des détenus déclarés non coupables et qui, pour des raisons impérieuses, ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine et ont exprimé leur désir de vivre dans un État de l'Union européenne.
La déclaration commune prend également note du fait que les États-Unis vont transmettre à chaque pays européen concerné tous les renseignements dont ils disposent au sujet de chaque détenu dont le transfert est envisagé, et que les deux parties vont se tenir mutuellement informées de toute information future susceptible d'avoir de l'importance. Les États-Unis vont également envisager de dédommager les pays européens des frais qu'ils vont encourir en accueillant d'anciens détenus.