08 juin 2009
Les propos du président commémorant le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944
Washington - Il n'était pas possible de le savoir le 6 juin 1944 mais la plupart des progrès qui devaient définir le XXe siècle débutèrent quand les forces alliées prirent d'assaut un secteur de plage française de quelque 12 kilomètres de long et 4 de large, a déclaré le président Barack Obama dans son discours commémoratif de cet événement capital de la Seconde Guerre mondiale.
« Nous ne devons pas oublier que le Jour J a représenté le moment et l'endroit où la bravoure et l'altruisme de quelques-uns ont réussi à changer la direction de tout un siècle », a indiqué M. Obama dans le Cimetière américain d'Omaha Beach, près de Colleville-sur-Mer en Normandie. Alors que les forces alliées avaient débarqué sous un ciel couvert, il y a 65 ans, les cérémonies de commémoration ont eu lieu cette année sous un beau ciel bleu.
C'était à Omaha Beach et sur d'autres plages baptisées de noms de code - Juno, Sword, Gold et Utah - ainsi qu'à la Pointe du Hoc, que les forces alliées de la Grande-Bretagne, du Canada, de la Pologne, de la France Libre et des États-Unis ont monté la plus importante opération amphibie de l'histoire moderne, soutenue par le parachutage courageux de camarades américains et britanniques derrière les lignes de front.
Se sont joints au président Obama à cette commémoration les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne et du Canada de même que des milliers d'anciens combattants accompagnés de leurs familles.
« Non seulement ce jour marque-t-il le triomphe de la liberté, mais il reflète aussi comment l'alliance transatlantique a permis l'avènement d'une prospérité et d'une sécurité extraordinaires des deux côtés de l'Atlantique », a dit M. Obama lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français Nicolas Sarkozy tenue à Caen avant les cérémonies en Normandie.
Le président Obama a prononcé son discours commémorant le Jour J à l'issue d'une tournée internationale de cinq jours dans quatre pays, ayant entamé son voyage en Arabie saoudite avant de se rendre en Égypte et en Allemagne puis de le conclure en France. En Allemagne, M. Obama a visité le camp de concentration de Buchenwald en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel et du lauréat du prix Nobel de la paix Elie Wiesel, qui a survécu à son incarcération dans ce même camp au cours de la Seconde Guerre mondiale. M. Obama a été rejoint en Normandie par son épouse Michelle Obama, le président Sarkozy, le premier ministre britannique Gordon Brown, et le chef du gouvernement canadien Stephen Harper, tous accompagnés aussi de leur épouse. Était également présent aux cérémonies le prince Charles du Royaume-Uni.
Toutefois, le président Obama a souligné que les anciens combattants des forces alliées présents à cette commémoration étaient les invités les plus importants du jour. « Bien après notre départ de cette terre, le mot Jour J continuera à susciter de la fierté et de l'estime chez les hommes et chez les femmes à l'égard de ces héros qui se trouvent aujourd'hui parmi nous mais que les générations n'auront jamais l'occasion de rencontrer », a déclaré le président.
Le Proche-Orient et les armes nucléaires
Par ailleurs, lors de la conférence de presse de Caen, MM. Obama et Sarkozy ont dit aux journalistes qu'ils avaient convenu de poursuivre la solution de deux États pour parvenir à la paix au Proche-Orient et de s'opposer aux initiatives de l'Iran de se doter d'armes nucléaires.
« J'ai dit au président que nous étions entièrement d'accord avec lui sur la question israélo-palestinienne : deux États qui doivent cohabiter, un État israélien à la sécurité duquel nous sommes très attachés, et un État palestinien vivant aussi dans la sécurité », a dit M. Sarkozy.
M. Obama a félicité son hôte, M. Sarkozy, pour sa position forte et réfléchie sur bon nombre de dossiers et pour la diplomatie souvent difficile que cela impliquait. « Ce genre d'approche, je le pense, sert les intérêts de la France mais aussi ceux du monde entier, et je vous en suis reconnaissant, » a-t-il déclaré.
M. Sarkozy, qui s'est récemment entretenu avec le ministre iranien des affaires étrangères, a dit qu'il avait demandé à celui-ci d'accepter la main tendue en amitié et en coopération par le président Obama et il a organisé une rencontre des six pays qui tentent de convaincre l'Iran de renoncer à l'arme nucléaire et de ne poursuivre ses travaux sur l'atome qu'à des fins civiles. La France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie, la Chine et les États-Unis collaborent étroitement pour tenter de résoudre les questions liées aux ambitions nucléaires de l'Iran.
M. Obama a indiqué que son gouvernement rompait avec les pratiques du passé et avait offert de tenir des pourparlers directs avec l'Iran. « Nous disons que nous prêts à avoir des négociations directes avec les Iraniens sur un vaste éventail de dossiers sans conditions préalables, dans un climat de respect mutuel et avec détermination », a dit M. Obama à la presse.
Le président a également indiqué que les agissements des derniers mois de la Corée du Nord avaient été « extraordinairement provocateurs ».