08 juin 2009
Les points essentiels du discours du président Obama au Caire

Washington - « Salamm aleïkoum », a déclaré le président Obama en commençant, le 4 juin, son discours au Caire intitulé « Un nouveau départ », coparrainé par l'université du Caire et l'université Al-Azhar et diffusé dans le monde entier. Le but de ce discours était d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les États-Unis et les musulmans de par le monde, a-t-il indiqué.
Tout au long de son discours, le président a fait part de son respect pour l'Islam et reconnu son importance. Il a fait état du rôle que l'Islam avait joué dans l'histoire américaine en indiquant que le Maroc avait été le premier pays à reconnaître les États-Unis après leur accession à l'indépendance. Il a cité le deuxième président des États-Unis, John Adams, en déclarant : « Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »
Un des grands thèmes de ce discours a été la tolérance. « L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier, a-t-il dit. (...) Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. »
« L'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam », a-t-il affirmé. En faisant état de la nature pacifique de la religion musulmane, il a rappelé : « Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière et que quiconque sauve quelqu'un sauve l'humanité tout entière. La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix. » Il a également souligné sa volonté de lutter contre les stéréotypes négatifs de l'Islam partout où ils se manifestaient. « Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam (…) qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des lumières en Europe. »
M. Obama a décrit comment les Américains musulmans contribuaient à la diversité des États-Unis et au rôle qu'ils jouaient dans la vie américaine. « Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. »
Son discours a également porté sur l'extrémisme, la situation entre les Israéliens et les Palestiniens et le monde arabe, les droits et les devoirs des États en matière d'armement nucléaire, la démocratie, la liberté religieuse, les droits de la femme et le développement économique.
En ce qui concerne l'extrémisme, il a déclaré : « L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue. »
Pour ce qui est d'Israël, de la Palestine et du monde arabe, il a déclaré que la seule solution consistait « à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité », tout en invitant les États arabes à faire davantage pour favoriser la paix avec Israël.
Le président a critiqué la politique d'implantation d'Israël dans les territoires que les Palestiniens considèrent comme le lieu de leur futur État. « En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. »
À propos des armes nucléaires et de l'Iran, il a déclaré : « Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir.
Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires. Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. »
La promotion de la démocratie
M. Obama a indiqué qu'il était conscient de la controverse, ces dernières années, qui avait trait à la promotion de la démocratie et qui était en grande partie liée à la guerre en Irak. « Aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre », a-t-il dit en ajoutant cependant que cela ne diminuait pas son engagement à l'égard des gouvernements qui reflétaient la volonté du peuple. « Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. »
En ce qui concerne la liberté de religion, M. Obama a souligné son « rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie » en faisant remarquer que « la foi devrait nous unir ».
Quant aux droits de la femme, il a déclaré : « Ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité. » En tant que père de deux filles, a-t-il ajouté, « je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes ».
Enfin, le président Obama s'est déclaré d'avis que le développement économique devait se fonder sur l'éducation et l'innovation et que l'on devait garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seraient « la monnaie d'échange » du XXIe siècle. « Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire. »
En conclusion, le président a déclaré :
« Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit. Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez.
« Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre.
« Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. »
On trouvera la transcription du discours de M. Obama sur America.gov.