05 juin 2009

Washington - Le président des États-Unis Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel affirment qu'aujourd'hui est le moment propice d'œuvrer en faveur de l'aboutissement du processus de paix au Proche-Orient.
Lors d'une conférence de presse conjointe à Dresde, en Allemagne, le 5 juin, M. Obama a déclaré : « Nous nous sommes entretenus de mon récent voyage au Proche-Orient et de la nécessité de redoubler d'efforts pour parvenir à l'avènement de deux États, Israël et un État palestinien, cohabitant dans la paix et la sécurité. C'est aujourd'hui le moment propice pour agir. »
M. Obama a souligné que les Israéliens et les Palestiniens auront à faire des compromis difficiles et que toute nouvelle violence politique doit être rejetée.
« J'ai dit au nom de la République fédérale d'Allemagne que nous voudrions contribuer à faire avancer ce processus de paix dans la toute la mesure du possible », a déclaré Mme Merkel lors de cette conférence de presse donnée au Château de la Résidence de Dresde. « Nous avons besoin de la solution de deux États ; nous avons besoin d'un État palestinien viable et d'un État d'Israël viable. »
M. Obama et Mme Merkel ont tenu une rencontre bilatérale au château de Dresde à laquelle ont participé les délégations américaine et allemande. Avant cet entretien et la conférence de presse, M. Obama a signé les livres d'or de l'État de la Saxe et de la ville de Dresde. À l'issue de la conférence de presse, les deux dirigeants ont visité l'Église de Notre-Dame (Frauenkirche) avant de se rendre au camp de concentration de Buchenwald datant de la Seconde Guerre mondiale.
La visite au camp de concentration de l'ère nazie était particulièrement importante pour le président. Son grand-oncle Charles Payne avait contribué à la libération du camp de travail forcé d'Ohrdruf, qui faisait partie de Buchenwald, en tant que membre de la 89e division d'infanterie de l'armée américaine.
M. Obama a également rendu visite au centre médical régional de Landstuhl géré par les États-Unis pour rencontrer des soldats américains blessés.
La rencontre avec Mme Merkel représente la deuxième étape du voyage du président que M. Obama avait entamé en Arabie saoudite avant d'aller en Égypte où il s'est adressé aux musulmans du monde dans un discours prononcé à l'université du Caire.
« Les Palestiniens doivent commencer sérieusement à créer le climat de sécurité nécessaire pour qu'Israël se sente en confiance », a déclaré le président. « Les Israéliens vont avoir à prendre quelques mesures difficiles. »
Bien que les États-Unis ne puissent pas imposer de force la paix sur les deux parties, ils peuvent, a dit le président, « éclaircir certains malentendus afin que nous puissions au moins avoir un dialogue franc ».
Les négociations avec l'Iran
Mme Merkel a indiqué que les négociations avec l'Iran au regard de ses ambitions de se doter d'armes nucléaires avaient également été à la tête de l'ordre du jour de son entretien avec M. Obama. L'Allemagne et les États-Unis ont convenu de collaborer étroitement pour tenter de convaincre le régime iranien d'abandonner son programme de mise au point d'armements. « L'Allemagne fera tout son possible par le biais de ses contacts et avec le savoir-faire de ses experts, pour faire une contribution positive à cette question », a ajouté la chancelière.
L'Allemagne aux côtés de la Grande-Bretagne et de la France - baptisés l'Union européenne 3 ou UE3 - avaient entamé des initiatives pour convaincre l'Iran de suspendre son programme d'armements quand il avait semblé que les autres efforts internationaux ne donnaient pas de résultats. L'UE3 avait alors été rejointe par la Chine, la Russie et les États-Unis dans le cadre de cette initiative diplomatique.
M. Obama a dit que les États-Unis étaient résolus à mener un dialogue sérieux avec l'Iran, mais qu'ils ne pouvaient pas le faire dans l'isolement et que cela devrait plutôt se faire dans le cadre du processus de l'UE3-plus-3.
En juillet, M. Obama se rendra en Russie aux fins d'entretiens avec le président russe Dmitry Medvedev au cours desquels les deux dirigeants examineront un projet initial d'accord qui remplacerait le Traité sur la réduction des armes stratégiques de 1991, START-1, lequel vient à expiration en décembre.
« Notre préoccupation n'est pas seulement l'Iran ; il s'agit plutôt d'un effort plus vaste pour renforcer la non-prolifération afin que la menace des armes nucléaires soit considérablement réduite à notre époque », a déclaré le président Obama.
La crise économique mondiale
M. Obama et Mme Merkel ont également poursuivi leur entretien, commencé en avril lors du sommet financier du G20 à Londres, sur les paramètres d'une action collective visant à alléger la crise économique mondiale. Alors que les États-Unis avaient d'abord œuvré pour stabiliser le système bancaire et les marchés financiers, ils ont maintenant commencé à porter leur attention sur la nécessité de renforcer les réglementations desdits marchés, une initiative que les pays européens appuient fermement.
« Nous travaillons vigoureusement à renforcer les réglementations financières et à nous assurer qu'une telle crise ne se reproduise pas, et il sera très important de coordonner nos efforts avec l'Europe alors que nous cherchons à raffermir les systèmes de réglementation financière, » a indiqué M. Obama. Les pays du G20 se sont déjà mis d'accord pour ne pas adopter de mesures protectionnistes qui pourraient entraver le commerce international et étouffer toute chance de redressement économique rapide, a ajouté le président.
M. Obama achèvera son voyage de cinq jours en Normandie (France), où il observera le 65e anniversaire du débarquement des forces alliées au Jour-J pendant la Seconde Guerre mondiale. Le chef de l'exécutif américain s'entretiendra le président français Nicolas Sarkozy et prononcera une allocution au cimetière américain de Normandie à Colleville-sur-Mer.