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03 juin 2009

Les É.-U. et Cuba relanceront leurs pourparlers sur l'émigration et le courrier

 
Affichage des vols venant de Havana dans l'aéroport de Miami
Des vols en provenance de Havana (Cuba) sont affichés sur un écran dans l'aéroport de Miami en Floride.

Washington - Des responsables du gouvernement cubain ont indiqué aux États-Unis qu'ils souhaitaient reprendre les pourparlers sur l'émigration légale de Cubains aux États-Unis et relancer le service postal direct entre les deux pays, a dit un haut responsable du gouvernement américain.

Les Cubains ont également fait savoir qu'ils souhaitaient s'entretenir avec les États-Unis de diverses questions, notamment le trafic de la drogue, la lutte contre le terrorisme et les préparatifs et les secours en cas de catastrophe naturelle, a ajouté le haut responsable du département d'État lors d'un point de presse sur le dossier Cuba tenu le 31 mai.

Le calendrier pour ces pourparlers doit encore être fixé de même que l'endroit où ils se tiendraient, a-t-il précisé. Jusqu'à présent, les rencontres entre les responsables cubains et leurs homologues des États-Unis ont eu lieu à tour de rôle à New York et à La Havane.

Le gouvernement cubain a transmis le 30 mai sa réponse à l'offre faite par les États-Unis le 22 mai de reprendre les pourparlers sur l'émigration, suspendus depuis 2003 par le président Bush.

Cette ouverture de la part des États-Unis fait suite à l'annonce du président Obama, le 13 avril, que Washington autoriserait maintenant les Cubains-Américains à se rendre librement dans leur pays d'origine et à faire des envois d'argent à des membres de leurs familles sur l'île sans restriction aucune. Les Cubains-Américains pourront également envoyer aux membres de leur famille des vêtements, des produits de toilette, des semences, du matériel de pêche et d'autres articles de première nécessité. Des entreprises pourront obtenir des permis pour vendre aux Cubains des téléphones portables, des services et des dispositifs de télécommunications qui pourront être payés par les membres de leur famille vivant aux États-Unis.

Le haut responsable a ajouté que le département d'État avait déjà commencé à coordonner avec le service postal des États-Unis le processus pour relancer les pourparlers sur le courrier direct avec Cuba.

Au regard de l'émigration légale, Washington octroie déjà environ 20.000 visas par an aux Cubains qui souhaitent se rendre aux États-Unis, a dit le haut responsable du département d'État. « Notre objectif a toujours été que l'émigration se fasse dans l'ordre et la sécurité, et de manière légitime », a-t-il souligné.

« Le président l'a très clairement indiqué à la Trinité-et-Tobago, au moment du Cinquième Sommet des Amériques, quand il a exprimé son intention de bâtir un nouveau genre de relations avec Cuba où le dialogue jouerait un rôle », a déclaré le haut responsable. « Nous espérons que l'Organisation des États américains (OEA) et d'autres entités internationales appuieront et encourageront cette évolution plutôt que de l'entraver. »

La secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton participe à la 39e conférence de l'Assemblée générale de l'OEA du 2 juin au Honduras. Au sommet des Amériques, une question importante avait été soulevée : est-ce que Cuba serait admis de nouveau en tant que membre de cet organisme régional ? Cuba avait été expulsé de l'OEA après que Fidel Castro eut rejoint le bloc des pays communistes.

Mme Clinton avait dit que les États-Unis seraient en faveur de l'adhésion de Cuba à l'OEA une fois que son gouvernement aurait accepté les principes de la démocratie. « Ils doivent être prêts à prendre les mesures concrètes nécessaires pour mettre en vigueur ces principes. Nous nous sommes exprimés très clairement à ce sujet : il s'agit donc d'avancer sur la voie de la démocratie, de remettre en liberté les prisonniers politiques et de respecter les libertés fondamentales », a déclaré Mme Clinton lors d'une audition au Congrès.

Une approche à deux éléments

Les États-Unis ont adopté une approche à deux voies pour améliorer leurs relations avec Cuba, a indiqué le haut responsable du département d'État. Le premier élément est d'œuvrer à améliorer le bien-être du peuple cubain et ses relations avec le reste du monde, a-t-il précisé.

« Cela implique lever les restrictions sur les voyages des familles d'origine cubaine, lever les restrictions sur les rémittences et les cadeaux aux membres des familles des Cubains-Américains, et aussi demander au ministère du Trésor de réexaminer les réglementations sur la participation des États-Unis dans des télécommunications liées à ce secteur à Cuba », a ajouté le haut responsable américain.

La deuxième voie sur laquelle les États-Unis ont lancé leur approche est celle des contacts de gouvernement à gouvernement, a-t-il indiqué. « L'idée est d'identifier les sujets de dialogue qui sont mutuellement bénéfiques aux deux pays. Et nous entamons ce dialogue sur un dossier qui nous est familier à tous deux et importants pour nos deux pays, les pourparlers sur l'émigration », a souligné le haut responsable du département d'État.

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