27 juillet 2009
Washington – Les États-Unis et la Chine établissent actuellement les fondements et le cadre de futurs pourparlers sur un vaste éventail de questions allant de la crise économique mondiale à la non-prolifération nucléaire, a dit la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton.
« Nous posons brique par brique la fondation de relations plus solides, afin d’améliorer les voies de communication, de renforcer l’entente, de fixer un ordre de priorité et d’établir un plan de travail », a-t-elle déclaré à l’ouverture du Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, réunion d’une durée de deux jours entamée à Washington le 27 juillet. « Les solutions à de nombreux problèmes internationaux sont aujourd’hui à la portée de la main si nous œuvrons de concert là où nos intérêts coïncident et si nous serons francs les uns envers les autres là où cela ne nous sera pas possible,. »
La délégation chinoise, qui compte plus de 150 hauts responsable est dirigée par le vice-premier ministre, M. Wang Qishan, et le conseiller d’État, M. Dai Bingguo.
Le président Obama a ouvert les pourparlers bilatéraux qui devaient porter en premier lieu sur la politique étrangère, mais aussi sur des questions économiques relatives au commerce et à la monnaie. M. Obama a déclaré aux délégations rassemblées à cette occasion que les relations entre les États-Unis et la Chine auraient une grande influence sur les évènements du début du XXIe siècle.
Du temps du président George Bush, les pourparlers entre les États-Unis et la Chine étaient centrés sur les dossiers économiques problématiques, notamment la valeur de leur monnaie respective, les échanges commerciaux et les déficits budgétaires. M. Obama et son homologue chinois, M. Hu Jintao, sont convenus, au début d’avril, à l’occasion du Sommet économique du groupe des Vingt à Londres, de reprendre le dialogue stratégique et économique tout en lui donnant une plus grande ampleur. Le président Obama souhaite élargir ces pourparlers aux questions de politique étrangère telles que les programmes nucléaires de la Corée du Nord et de l’Iran, le conflit en Afghanistan, le Pakistan, les changements climatiques, l’énergie propre et la pauvreté dans le monde, a indiqué Mme Clinton.
« Pour faire face à ces menaces, nous devons trouver des points d’entente et œuvrer de concert, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines questions, a-t-elle déclaré. Aucun de ces problèmes, même avec une coopération plus étroite, ne sera facile à résoudre, et nous n’arriverons pas à des résultats du jour au lendemain. »
Le dialogue bilatéral a été construit de manière à être inclusif et à attirer les talents de spécialistes de divers domaines des deux gouvernements, ce qui le différencie des approches bureaucratiques traditionnelles, a-t-elle souligné.
Pour sa part, M. Dai Bingguo a fait remarquer que la Chine et les États-Unis avaient un régime social et politique différent, une culture et une histoire très différentes. « Nous sommes venus ici dans un esprit de respect mutuel, nous traitant les uns les autres en égaux pour notre bénéfice mutuel. Nous allons avoir un dialogue honnête et approfondi avec les États-Unis sur des questions stratégiques de taille qui impliquent l’avenir et qui sont essentielles à la survie de nos populations, à la paix et au développement », a-t-il déclaré.
Quant au ministre américain des finances, M. Timothy Geithne, il a indiqué que les mesures adoptées par les États-Unis et par la Chine avaient atténué l’ampleur de la récession et rétabli une certaine confiance dans l’économie mondiale. Les deux pays se sont fermement engagés dans leurs programmes de relance et se sont dits déterminés à poursuivre cette voie jusqu’à ce que le redressement soit bien établi, a-t-il dit.
« Nos réunions se tiennent à un moment crucial alors que la Chine et les États-Unis, en tant que pays jouant un rôle principal dans l’économie internationale, ont tous deux la possibilité et la responsabilité d’agir non seulement pour le bien de leurs propres habitants, mais aussi pour celui de l’économie du monde entier. Il nous faut créer un nouveau cadre pour poser les fondements d’une croissance plus durable et plus équilibrée à l’échelle mondiale et pour une transition sans accroc vers une économie mondiale plus verte », a-t-il souligné.
M. Geithner a indiqué que les États-Unis œuvraient en vue de remettre en état leur système financier et d’adopter une réglementation efficace destinée à réduire les risques de survenance d’une crise semblable à l’avenir. Il a ajouté que les États-Unis étaient également déterminés à diminuer le déficit budgétaire, qui devrait atteindre 1,84 billions de dollars cette année, pour le ramener à un niveau plus viable une fois que le redressement général sera bien ancré.
« La Chine et les États-Unis sont parmi les pays qui bénéficient le plus du commerce international. Et nous partageons la même responsabilité particulière de faire en sorte que le commerce mondial et les investissements continuent d’avoir lieu de manière ouverte et dans le respect de la réglementation », a-t-il dit.