22 juillet 2009
Washington - La secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, cherche à améliorer les relations entre les États-Unis et l’Asie du Sud-Est lors de sa visite en Thaïlande, où elle dirige la délégation des États-Unis à la conférence ministérielle de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et au forum régional de cette association.
Le Seizième Forum régional annuel de l’ANASE, qui se tient à Phuket (Thaïlande), rassemble les ministres des affaires étrangères des dix États membres de l’ANASE, des représentants de dix-sept autres pays asiatiques, de même que des délégués des États-Unis, de l’Union européenne et de la Russie. Mme Clinton s’est rendue à Bangkok pour des entretiens bilatéraux avec ses homologues thaïlandais avant de prendre part aux réunions de l’ANASE.
Historique
Créée en 1967 par l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, l’ANASE s’est ensuite élargie pour inclure le Bruneï, le Vietnam, le Laos, la Birmanie et le Cambodge. Selon la déclaration de Bangkok de 1967, elle a pour objet d’accélérer la croissance économique et le développement culturel en Asie du Sud-Est, de promouvoir la paix et la stabilité par le respect de la primauté du droit et de la Charte des Nations unies et de collaborer sur les questions d’intérêt commun.
Le premier Forum régional de l’ANASE s’est tenu en 1994 et a porté sur les questions de sécurité qui touchaient l’Asie du Sud-Est, notamment la criminalité transfrontalière, le terrorisme et la prolifération nucléaire. Les dirigeants des États membres de l’ANASE ont alors établi une approche fondée sur trois éléments pour maintenir la paix dans cette partie du monde : créer la confiance entre les États membres, prévenir les désaccords et les conflits, enfin, mettre au point des méthodes de règlement des conflits. Les États membres et les pays partenaires examinent les mesures à adopter pour améliorer la paix dans cette partie du monde.
Outre le dossier sécuritaire, l’ANASE s’occupe de mesures économiques et socio-économiques. Elle s’emploie actuellement à mettre en place une zone de libre-échange, à accroître le tourisme , à améliorer l’agriculture et à organiser des campagnes visant à favoriser le bien-être social, la santé publique et l’éducation. Elle participe également au Forum de la zone de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), au Sommet Asie de l’Est, au Dialogue Asie-Europe, au Forum Asie de l’Est-Amérique latine et au Sommet ANASE-Russie. Depuis 2006, elle a le statut d’observateur à l’Assemblée générale de l’ONU.
La prise de décisions parmi les États membres de l’ANASE se caractérise par le consensus, la non-ingérence et les efforts pour éviter les affrontements, ce qu’on appelle « la méthode ANASE ». Le Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est adopté par l’ANASE en 1976 affirme le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États membres et préconise le règlement des conflits par des moyens pacifiques. Depuis la création de cette association il y a trente ans, aucun conflit armé n’a éclaté entre ses États membres.
Le Forum régional de nos jours
Le Forum régional de l’ANASE a effectué du 4 au 8 mai dernier, aux Philippines, ses premiers exercices de préparation à l’éventualité d’un sinistre, en simulant l’acheminement de l’aide humanitaire à la suite d’un typhon fictif de très grande ampleur. Ces exercices ont été organisés sous l’égide des États-Unis et des Philippines avec la contribution de quatorze pays d’Asie-Pacifique. Des équipes multinationales d’ingénieurs et de médecins ont, entre autres, creusé des puits, construit des réservoirs d’eau et soigné des patients.
« Je pense que, lors de ces exercices, nous avons vu de grands exemples de la coopération humanitaire entre les pays membres », a dit le sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires de l’Asie de l’Est et du Pacifique, M. Scot Marciel, qui est aussi ambassadeur itinérant pour les affaires de l’ANASE, lors de la conférence de presse qu’il a donnée le 15 juillet à Washington. « Il est important que nous puissions nous fonder sur cette coopération, et pour ceux d’entre nous qui participeront au Forum régional de l’ANASE, le défi sera de faire le prochain grand pas sans nous reposer sur nos lauriers. »
Les ministres des affaires étrangères des États membres de l’ANASE se sont réunis du 19 au 21 juillet. Puis, lors de plusieurs réunions organisées le 22 juillet, des délégués de chacun des pays partenaires devaient s’entretenir de la sécurité régionale avec les États membres de l’ANASE. Tous les partenaires et les États membres prendront part le 23 juillet au Forum régional de l’ANASE. L’ordre du jour comprendra vraisemblablement, parmi les nombreux dossiers, les changements climatiques, l’aide humanitaire d’urgence, la pandémie de grippe, la Corée du Nord et la Birmanie, a indiqué M. Marciel.
Mme Clinton se réunira avec les ministres des affaires étrangères du Vietnam, du Laos, du Cambodge et de la Thaïlande pour s’entretenir de questions ayant trait à la région du fleuve Mékong. Ce sera peut-être la première réunion entre un chef de la diplomatie américaine et ceux de ces quatre pays à la fois, a dit M. Marciel. Mme Clinton prendra part également à des réunions multilatérales de pays membres de l’ANASE qui porteront sur les relations de celle-ci avec les États-Unis, a-t-il ajouté.
Les États-Unis souhaitent améliorer leurs relations avec les pays membres de l’ANASE, a souligné M. Marciel. « Nous voulons que l’ANASE soit une réussite. Il y va de notre intérêt que les pays de l’Asie du Sud-Est soient encore mieux intégrés et plus solides. »
La secrétaire d’État devait signer le 22 juillet le Traité d’amitié et de coopération de l’Asie du Sud-Est, auxquels vingt-quatre autres pays ont déjà adhéré.