16 juillet 2009
Le discours de la secrétaire d’État sur la politique étrangère des États-Unis

Washington – Les dirigeants iraniens devraient répondre à l’offre du président Obama de négocier à propos de leur programme nucléaire, a déclaré la secrétaire d’Etat, Mme Hillary Clinton, en ajoutant que cette possibilité n’existerait pas indéfiniment.
Lors du discours qu’elle a prononcé le 15 juillet au Council on Foreign Relations (centre de réflexion sur la politique étrangère situé à Washington), elle a indiqué que ni le président ni elle ne se faisaient d’illusions sur le fait que le dialogue avec la République islamique garantirait un succès quelconque. « Toutefois, a-t-elle dit, nous comprenons aussi qu’il est important d’offrir de discuter avec l’Iran et de donner à ses dirigeants un choix clair : se joindre à la communauté internationale en tant que membre responsable ou continuer sur la voie d’un plus grand isolement. »
Le choix pour l’Iran est clair, a-t-elle dit. Ce pays a la possibilité de jouer un rôle constructif au Moyen-Orient s’il cesse de menacer ses voisins et d’apporter un soutien à des extrémistes violents.
Du point de vue des États-Unis, « des discussions directes sont le meilleur moyen de présenter et d’expliquer ce choix». L’Iran n’a pas le droit de posséder une capacité nucléaire militaire, « mais il a droit à une puissance nucléaire civile s’il regagne la confiance de la communauté internationale quant à son utilisation exclusivement pacifique de ces programmes ».
« Nous sommes toujours prêts à discuter avec l’Iran, mais le temps de l’action est arrivé. Cette porte ne restera pas ouverte indéfiniment », a-t-elle fait remarquer.
Mme Clinton a prononcé son discours moins d’une semaine après que le président Obama eut déclaré que les progrès réalisés par l’Iran en ce qui concerne l’offre de négociation de la communauté internationale relative à son programme nucléaire et l’exécution des ses obligations internationales seraient réexaminés lors de la prochaine réunion du groupe des vingt grandes puissances économiques (le G20), qui doit se tenir en septembre à Washington.
Par ailleurs la secrétaire d’État a qualifié de « déplorable et d’inacceptable » la violente répression des manifestants iraniens à la suite de l’élection présidentielle. « Nous avons été horrifiés par la façon dont le gouvernement s’est servi de la violence pour étouffer la voix des Iraniens et tenté ensuite de dissimuler ce qu’il avait fait en arrêtant des journalistes, tant iraniens qu’ étrangers, en les expulsant et leur coupant tout accès aux moyens techniques de communication. »
Pour ce qui est du processus de paix au Proche-Orient, elle a déclaré qu’Israël, les Palestiniens et les États arabes devaient tous agir en vue de progresser sur la voie d’un règlement. Elle a réaffirmé l’opposition des États-Unis à de nouvelles implantations israéliennes dans les territoires palestiniens et souligné que les Palestiniens devaient améliorer la sécurité et combattre avec vigueur toute incitation à la violence.
Elle a aussi exhorté les États arabes à apporter leur soutien à l’Autorité palestinienne et à prendre des mesures en vue d’améliorer leurs relations avec Israël. Il est nécessaire, selon elle, que les pays arabes « préparent leur population à accepter la paix et la place d’Israël dans la région ».
S’adressant aussi bien à Israël qu’aux Palestiniens, elle a déclaré : « Envoyer des messages de paix ne suffit pas. Vous devez aussi agir contre la culture de haine, d’intolérance et d’irrespect qui perpétue ce conflit. »
Les défis communs
Les défis du XXIe siècle ont trait entre autres à la prolifération des armes nucléaires ainsi qu’aux changements climatiques et aux pandémies, a souligné la secrétaire d’État.
« Il n'est pas un pays qui soit capable à lui seul de relever tous les défis du monde. Les questions en jeu sont trop complexes. » La communauté internationale doit surmonter les obstacles qui l’empêchent de transformer ses intérêts communs en action commune. Le gouvernement Obama est cependant conscient du fait qu’aucun défi ne peut être relevé sans la participation des États-Unis.
Mme Clinton a fait état de la notion de « pouvoir intelligent » qui allie les moyens militaires, diplomatiques et de développement en vue de la réalisation des objectifs de politique étrangère. «Ce pouvoir intelligent, a-t-elle indiqué, se traduit par des orientations précises dans cinq domaines. Premièrement, nous avons l'intention de moderniser et de créer des moyens de coopération avec nos partenaires ; deuxièmement, nous chercherons à engager un dialogue avec ceux qui ne sont pas d'accord avec nous, tout en respectant nos principes ; troisièmement, nous ferons du développement l'un des principaux piliers du pouvoir américain ; quatrièmement, nous intégrerons action civile et action militaire dans les zones de conflit ; et cinquièmement, nous exploiterons les principales sources du pouvoir américain, y compris notre puissance économique et l'importance de l'exemple que nous montrons. »
Les États-Unis joueront un rôle de premier plan en ayant recours à la diplomatie, même dans les cas où ils ont affaire à des adversaires, « en favorisant une plus grande coopération entre un plus grand nombre d'acteurs, c'est-à-dire en passant progressivement d'un monde multipolaire à un monde composé de multiples partenaires »
Toutefois, les adversaires des États-Unis ne doivent pas considérer ce recours à la diplomatie par le gouvernement Obama comme un signe de faiblesse qu’ils peuvent exploiter. «Nous n'hésiterons pas à défendre vigoureusement nos alliés, nos intérêts et, avant tout, notre peuple, en ayant recours si besoin est à la plus puissante armée du monde », a souligné la secrétaire d’État.