06 juillet 2009

Washington - Les États-Unis et la Russie ont convenu de poursuivre leurs pourparlers sur le dispositif antimissile que Washington propose de déployer en Europe.
« Nous avons demandé à nos spécialistes de travailler ensemble et d'analyser les défis imposés par les activités balistiques au XXIe siècle et de préparer des recommandations appropriées à ce sujet, en accordant la priorité aux moyens politiques et diplomatiques », a déclaré le président Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev dans un communiqué conjoint publié le 6 juillet à Moscou.
Le projet de déploiement en Europe par les États-Unis d'un système limité de défense contre les missiles balistiques représente une question litigieuse entre Washington et Moscou. Sous le président George W. Bush, les États-Unis avaient proposé d'installer dix missiles intercepteurs en Pologne et une station de radar sophistiqué en République tchèque afin de protéger leurs alliés européens et de contrer la menace de missiles balistiques nucléaires de la part d'États malintentionnés. Les responsables russes s'étaient dits préoccupés par l'étendue de ce dispositif antimissile.
MM. Obama et Medvedev ont indiqué avoir demandé à leurs experts en missiles respectifs « de mener une étude conjointe de tout l'éventail de moyens disponibles actuellement qui leur permettraient de coopérer pour surveiller l'évolution de programmes de mise au point de missiles dans le monde ». Peu après son entrée en fonction, le président Obama avait déjà ordonné un examen du dispositif proposé par les États-Unis pour déterminer s'il répondait aux besoins sécuritaires du pays et s'il était trop onéreux.
Le 5 juillet, le chef d'état-major interarmes des États-Unis, l'amiral Mike Mullen, a déclaré que le dispositif préconisé par les États-Unis était un système de défense. « Il n'est nullement conçu de manière à menacer la Russie », a souligné l'amiral Mullen dans Face the Nation, un programme de la chaîne de télévision CBS.
La coopération nucléaire
MM. Obama et Medvedev ont aussi déclaré qu'ils s'engageaient à renforcer leur coopération pour prévenir la prolifération d'armes nucléaires et d'uranium hautement enrichi, et pour empêcher que le matériel et la technologie afférents ne tombent entre les mains d'États voyous ou d'extrémistes. En outre, les deux dirigeants se sont dits déterminés à éliminer les stocks de matière fissile pouvant servir à l'armement qui dépassent leurs besoins conformément aux obligations établies dans le Traité de non-prolifération nucléaire.
Les deux présidents ont signé un accord conjoint qui guidera les négociations qui restent à faire dans le cadre du projet de traité qui remplacera le Traité sur la réduction des armes stratégiques dit START-1 quand celui-ci expirera le 5 décembre prochain. Selon l'accord conjoint, il incombera aux États-Unis et à la Russie de réduire de nouveau leurs arsenaux nucléaires pour les limiter à un total situé entre 1.500 à 1.675 ogives nucléaires stratégiques et pour réduire le nombre des vecteurs de ces armes (missiles balistiques intercontinentaux, sous-marins, bombardiers) à un maximum de 500 à 1.100.
Dans le traité START-1 qui viendra bientôt à expiration et le Traité de Moscou, les totaux étaient de 2.200 ogives nucléaires et de 1.600 vecteurs.
« Ces chiffres reflètent de nouvelles réductions des totaux d'armes stratégiques offensives et de leurs vecteurs, leurs nombres devenant ainsi inférieurs à tous ceux préconisés dans les accords de limitation des armements en vigueur à ce jour », lit-on dans la fiche d'information conjointe publiée à ce sujet. « Le nouvel accord renforcera la sécurité des États-Unis et de la Russie tout en offrant un cadre pour prédire les niveaux et la stabilité des armes stratégiques offensives. »
Des équipes de négociateurs américains et russes s'étaient déjà réunies à ce sujet en avril, mai, juin et juillet. Elles poursuivront maintenant leurs travaux pour parvenir à un texte définitif du traité qui devra être signé par les deux présidents puis ratifié par les deux pays.
Par ailleurs, les États-Unis et la Russie ont convenu d'œuvrer de concert pour faciliter l'avènement de la stabilité et de la sécurité en Afghanistan ; dans ce cadre, les États-Unis pourront acheminer du personnel et du matériel militaires par la Russie afin d'appuyer leurs forces en Afghanistan et celles de la coalition.
« Cet accord vient s'ajouter à celui conclu entre la Russie et l'OTAN, qui permet aux États-Unis depuis quelques mois de faire transiter par le territoire russe du matériel non meurtrier destiné à l'Afghanistan », précise la fiche d'information de la Maison-Blanche, « ce qui permettra d'effectuer 4.500 vols par an. »
L'amiral Mullen et le chef d'état-major des forces armées russes, le général Nikolaï Makarov, ont signé un accord-cadre stratégique sur les relations entre les forces respectives de leurs pays, a annoncé la Maison-Blanche. Les forces armées américaines et russes ont convenu de procéder à près de vingt projets opérationnels et d'échange au cours de 2009, notamment la tenue de consultations stratégiques entre leurs chefs d'états-majors, des cours d'orientation pour les élèves officiers à l'école militaire West Point aux États-Unis, une planification pour les situations d'urgence impliquant des détournements d'avions, et des échanges de visites entre les officiers enseignant dans les écoles militaires des deux pays.
Des préparatifs sont également en cours au Commandement des forces des États-Unis pour l'Europe, basé à Bruxelles, pour une rencontre avec des responsables du ministère russe de la défense afin d'établir un plan de travail élargi entre les deux parties pour l'année 2010, ajoute la Maison-Blanche.
En outre, les États-Unis et la Russie sont parvenus à un accord sur le dossier des membres de leurs forces armées portés disparus depuis le début de la Seconde guerre mondiale ; Washington et Moscou ont également convenu de coopérer de nouveau sur les dossiers importants de santé publique.