06 juillet 2009
Les propos de l'ambassadrice itinérante Melanne Verveer au sujet de la campagne électorale

Washington - Alors que la campagne pour les élections présidentielle et provinciales du 20 août se poursuit en Afghanistan, l'ambassadrice itinérante des États-Unis chargée de la condition de la femme a exhorté les Afghans à faire en sorte que cette campagne se déroule dans un climat de confiance, de collégialité et de sécurité pour tous les candidats, et à engager un sérieux débat sur les sujets qui revêtent un intérêt particulier pour les femmes.
« Il est clair qu'à cette fin, il faut la volonté politique d'en haut et la pression populaire d'en bas », a dit l'ambassadrice Melanne Verveer à Washington le 30 juin. Malgré certains progrès accomplis depuis la chute des talibans en 2001 dans le cadre des droits des femmes, d'autres questions, notamment leur sécurité, soulèvent encore des problèmes « essentiels » qu'il s'agit de résoudre.
« La violence contre les femmes et les filles perdure de manière endémique, et il reste encore beaucoup à faire, notamment pour assurer leur des recours en justice et une instruction civique », a souligné Mme Verveer. « La scolarisation des filles s'est améliorée depuis la chute du régime des talibans mais ces derniers ont récemment érodé ces progrès. Au cours de la seule année écoulée, ils ont incendié ou fermé plus de 700 écoles, si bien que des milliers de filles sont privées d'une scolarité normale. »
De plus, les soins médicaux demeurent un problème essentiel en Afghanistan où le taux de mortalité maternelle est le deuxième au monde et où l'espérance de vie moyenne des femmes est inférieure à 50 ans. Mme Verveer a ajouté qu'un enfant sur quatre meurt avant l'âge de 5 ans.
Sous le régime des talibans, les femmes étaient exclues de la vie publique ; elles n'avaient le droit ni de travailler, ni de se déplacer librement, ni de voter. Actuellement, elles commencent à jouer un rôle accru dans la vie politique de leur pays, comme le montrent les chiffres publiés par la commission électorale indépendante de l'Afghanistan selon lesquels elles constituent 38 % des 4,5 millions de nouveaux électeurs inscrits.
« Les femmes souhaitent vivement qu'on aborde durant la campagne les questions primordiales touchant à leur sécurité personnelle et à leur statut civil, allant d'une participation plus importante à la vie socio-économique du pays « à la qualité de leur vie et à leur représentation dans les institutions nationales et parmi les décideurs politiques. »
En fin de compte, l'amélioration de la situation des femmes dépendra « de l'étendue du débat vigoureux qui est nécessaire pour régler ces questions », a déclaré Mme Verveer.
L'ambassadrice Verveer a précisé qu'une bonne centaine de femmes briguent des sièges dans divers conseils de province en Afghanistan, et que deux Afghanes figurent parmi les 41 candidats à la présidence. Mme Verveer a dit que la participation accrue des femmes aux élections était « très agréable à noter » et qu'elle montrait que « les femmes veulent jouer un rôle dans la solution » des problèmes.
Mme Verveer a ajouté que les candidates afghanes avaient besoin de la même liberté de mouvement et de la même protection que leurs rivaux de sexe masculin pour avoir une chance équitable « de se faire entendre et d'être protégées dans le processus électoral ».
Un fonds fournit des dons aux organisations dirigées par des femmes
Selon l'ambassadrice, le gouvernement Obama a établi un fonds de 27 millions de dollars destiné à « l'octroi rapide, ponctuel et souple de petits dons » à des organisations non gouvernementales (ONG) dirigées par des Afghanes, aux fins notamment d'assistance technique. Ces ONG « apportent un mieux à la vie de tous les Afghans », a souligné Mme Verveer, en offrant des programmes allant du développement économique à l'alphabétisation et de la formation professionnelle aux soins médicaux.
Ces petits dons individuels donnent des résultats immédiats, et peuvent « aider à l'amélioration en cours sur le terrain tout en renforçant les capacités des femmes à faire des contributions encore plus importantes à leurs collectivités », a fait observer Mme Verveer.
Les femmes de l'Afghanistan jouent un rôle crucial en faveur du progrès et de la stabilité de leur société, a fait remarquer Mme Verveer, soulignant « qu'aucun pays ne peut prospérer si la moitié de sa population est laissée pour compte ». Les pays qui répriment les femmes ont aussi tendance à être « à la traîne du point de vue économique et sont souvent des États en faillite ».
L'Afghanistan a un noyau impressionnant de femmes capables de diriger dans des domaines aussi divers que les affaires, les médias et la société civile, « mais leurs compétences ne sont pas mises à profit ».
Investir dans la promotion de la femme, où que ce soit dans le monde, est l'action la plus rentable de toutes celles que l'on peut entreprendre pour alléger la pauvreté et améliorer les conditions générales de vie, et « il est dans l'intérêt des dirigeants de faire ce genre d'investissements », a dit Mme Verveer. « Mais ce qui manque souvent, c'est la volonté politique de le faire. »