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29 janvier 2009

L'Afghanistan : un défi significatif, selon le ministre de la défense Robert Gates

Des commissions du Congrès américain ont entendu les premières présentations du nouveau gouvernement sur sa politique de sécurité.

 
Robert Gates
Le ministre de la défens, M. Robert Gates.

Washington - Le président Obama considère l'Afghanistan comme « le défi militaire le plus important » auquel sont confrontés les États-Unis alors qu'ils travaillent à y établir la paix et la sécurité face à une insurrection agressive des talibans, a déclaré le ministre américain de la défense Robert Gates.

Lors d'une audition devant la commission sénatoriale sur les forces armées, M. Gates a dit, le 27 janvier : « Comme vous le savez, les États-Unis accordent à l'Asie centrale une attention plus ciblée, depuis quelques mois. Le président Obama a clairement indiqué que le front en Afghanistan doit être notre priorité militaire principale à l'étranger. »

M. Gates a tenu ces propos alors que le président Obama évalue les différentes options relatives à un retrait plus rapide que prévu des forces américaines de l'Irak. Au cours de sa campagne électorale, M. Obama s'est déclaré en faveur d'un retrait dans les 16 premiers mois de son mandat, bien avant la date limite de décembre 2011 préconisée dans l'accord conclu avec le gouvernement irakien sur le statut des forces américaines.

Dans sa déposition au Congrès, le ministre de la défense a dit que les stratèges du Pentagone établissaient actuellement plusieurs scénarios pour mettre fin au rôle militaire actif des États-Unis en Irak, et M. Obama a convoqué le 28 janvier les chefs d'état-major interarmées pour discuter des différentes dispositions.

« Je crois que le président aura eu toutes les occasions possibles pour se renseigner auprès de ses commandants, bien directement, sur ce qu'ils sont en mesure d'accomplir et quels sont les risques afférents aux différentes options », a dit M. Gates.

M. Gates a comparu devant la commission sénatoriale sur les forces armées, lors de sa session du matin du 27 janvier, et devait faire de même, l'après-midi, devant la commission sur les forces armées de la Chambre des représentants. M. Gates n'avait pas à se soumettre à une audition de confirmation, ayant été reconduit à son poste par le président Obama - un poste qu'il occupait depuis 2006 dans le gouvernement de M. Bush. Cette audition était la première de M. Gates depuis l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, le 20 janvier.

« Les défis auxquels doit faire face le ministère de la défense, à l'intérieur des États-Unis comme à l'étranger, sont extraordinaires. Il s'agit, tout d'abord, de changer l'ordre d'importance et l'équilibre entre les deux guerres actuelles, réduisant nos effectifs en Irak tout en les augmentant en Afghanistan », a dit le président de la commission sénatoriale sur les forces armées, Carl Levin. Le membre républicain principal de cette commission, le sénateur John McCain, s'est fait l'écho des propos de M. Levin, disant que « dans tous ces secteurs et dans bien d'autres, nous sommes confrontés à des décisions énormes et difficiles qu'il nous faut prendre ».

M. Gates a déclaré que la coordination des efforts internationaux en Afghanistan laissait à désirer et devait s'améliorer pour devenir efficace et durable.

« Impliqués en Afghanistan, on trouve plus de 40 pays, des centaines d'organisations non gouvernementales, des universités, des banques de développement, les Nations unies, l'Union européenne, l'OTAN et de nombreux autres - tous s'efforçant d'aider un pays éprouvé par une pauvreté écrasante, par un trafic de drogue en plein essor et ferment de corruption, une insurrection impitoyable et tenace, et des extrêmistes violents de toute sorte, dont Al-Qaïda n'est pas l'un des moindres », a dit M. Gates, ajoutant cependant que les études et évaluations en cours devraient contribuer à établir une méthode intégrée pour unifier tous ces divers composants, a-t-il ajouté.

Tout comme en Irak, il ne saurait y avoir en Afghanistan une solution uniquement militaire, a dit M. Gates, mais les effectifs de l'armée afghane doivent être accrus, de leur nombre actuel de 80.000 à 134.000 soldats. Bien qu'augmenter les effectifs soit un élément important, il est tout aussi important d'améliorer la qualité de l'entraînement que reçoivent les soldats de l'armée afghane, a souligné M. Gates.

Les États-Unis augmentent leurs propres effectifs en Afghanistan, les faisant passer d'environ 34.000 hommes actuellement à près de deux fois ce nombre. M. Gates a dit que deux brigades supplémentaires seraient déployées d'ici à la fin du printemps et qu'une troisième se joindrait aux autres vers le milieu de l'été.

« Bien qu'il s'agisse sans aucun doute d'une lutte longue et difficile, nous pouvons atteindre certains objectifs que je considère comme stratégiques, à savoir, un peuple afghan qui ne fournisse pas d'asile à Al-Qaïda, qui rejette la domination des talibans et qui appuie le gouvernement légitime qu'il a élu et dans lequel il trouve ses intérêts », a dit M. Gates.

Le retrait d'Irak et les autres défis

Le retrait des forces américaines d'Irak entre actuellement dans le cadre d'un calendrier récemment approuvé par l'Accord sur le statut des forces, conclu avec Bagdad, et qui exige le départ de toutes les troupes d'ici décembre 2011. « C'est un point monumental - l'indication ferme que le rôle des militaires américains en Irak va toucher à sa fin », a dit M. Gates.

Bien que la violence en Irak ait baissé, la possibilité de revers existe encore, a-t-il souligné.

M. Gates a cité également certaines des questions de sécurité nationale auxquelles les États-Unis devront faire face, notamment :

- les problèmes tenaces que soulève la volonté de mise au point par la Corée du Nord et l'Iran d'armes nucléaires, chimiques ou biologiques,

- un dispositif de défense antimissile en Europe contre d'éventuels États malintentionnés, tel un Iran doté d'armes nucléaires et de missiles capables de les lancer (selon M. Gates, une coopération accrue serait possible avec la Russie relativement à un système de défense antimissile basé en Europe, et les États-Unis vont explorer ce terrain-là),

- les investissements et les compétences croissants de la Chine dans toute une gamme d'activités militaires : cyberespace, armements de défense antiérienne et navale, sous-marins et missiles balistiques.

Quelles actions devrait envisager le président Obama dans le domaine de la sécurité nationale ? Faites-nous part de vos commentaires sur le blog d'America.gov.

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