26 janvier 2009
Le nouveau président préconise une lutte qui met l’accent sur les principes chers aux Américains.

Washington - Le président Obama compte poursuivre la lutte contre le terrorisme en continuant d'établir des partenariats solides pour s'attaquer à ce fléau, mais dès les premiers jours de son mandat, il a montré que les États-Unis allaient adopter une nouvelle approche face à la violence des extrémistes.
« Notre sécurité provient de la justesse de notre cause, de la force de notre exemple », a-t-il dit dans son discours d’investiture. « A ceux qui cherchent à parvenir à leurs objectifs en semant la terreur et en massacrant des innocents, nous disons aujourd’hui : notre esprit est plus fort et ne peut être brisé ; vous ne pourrez pas l’emporter à l’usure, et nous vous vaincrons ».
Dans ce discours, que plus de un million de personnes ont écouté sur l’esplanade de Washington, et que d’innombrables autres ont suivi de par le monde, M. Obama a directement attaqué l’une des idées les plus fausses et les plus controversées que se font certains musulmans dans le monde à propos de la lutte menée par les États-Unis contre le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre 2001 : l'idée propagée par de nombreux groupes extrémistes et selon laquelle cette lutte serait « une guerre contre l’Islam ».
Les États-Unis, a-t-il dit, sont « une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’hindous et de non-croyants. Nous sommes façonnés par toutes les langues et toutes les cultures, originaires de tous les coins du monde. Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle façon d’avancer, fondée sur des intérêts communs et sur le respect mutuel ».
« Notre message au monde entier est que les États-Unis ont l’intention de poursuivre la lutte actuelle contre la violence et le terrorisme. Nous allons le faire avec vigilance, et nous allons le faire avec efficacité, et nous allons le faire conformément à nos valeurs et nos idéaux ».
Une diplomatie américaine revigorée et l’aide au développement seront des éléments essentiels de l’approche de M. Obama à la lutte contre le terrorisme, comme l'a montré sa décision de se joindre, le 22 janvier, à la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, pour annoncer la nomination de M. George Mitchell (ancien sénateur) comme envoyé spécial pour le processus de paix au Proche-Orient et de M. Richard Holbrooke (ancien ambassadeur) comme représentant spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, partie du monde que le président a décrite comme étant « le front central de la lutte que nous continuons à mener contre le terrorisme et l’extrémisme ».
« Les générations précédentes ont combattu le fascisme et le communisme au moyen non seulement de missiles et de chars, mais aussi d’alliances solides et de principes durables, a-t-il souligné. Nous promettons de travailler avec vous pour faire prospérer vos exploitations agricoles et couler des eaux limpides, pour nourrir les corps décharnés et les esprits affamés. »
Dès son entrée en fonction, le président s’est aussi rapidement attelé à la concrétisation d’une promesse clé de sa campagne électorale, en promulguant un décret ordonnant la fermeture, d’ici à un an, du centre de détention de la base navale américaine de Guantanamo (Cuba) et imposant de nouvelles restrictions sur les interrogatoires des personnes soupçonnées de terrorisme. « Nous avons l’intention de remporter cette bataille, mais nous le ferons conformément à nos principes », a-t-il souligné.
Bien que le centre de Guantanamo détienne plusieurs agents importants du réseau Al-Qaïda, dont Khalid Cheikh Mohammed qui a reconnu avoir préparé les attentats du 11 septembre 2001, il très critiqué à travers le monde par ceux qui disent qu’il fonctionne en dehors du cadre juridique des conventions internationales.
« Nos pères fondateurs, face à des dangers que nous pouvons à peine imaginer, rédigèrent une charte qui garantit la primauté du droit et les droits de chaque être humain, a dit M. Obama. Ces idéaux éclairent encore le monde, et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. »
Le président a également suspendu les délibérations des tribunaux militaires, et le dossier de chacun des 245 suspects encore en détention au centre de Guantanamo doit faire l'objet d'un examen immédiat. Une nouvelle commission, composée de hauts responsables du gouvernement, des forces armées et des services de renseignements, évaluera le meilleur moyen de régler les questions juridiques complexes soulevées par ces détentions.
Dans un décret distinct, M. Obama a donné l'ordre de mettre fin aux dures méthodes d’interrogation des suspects du terrorisme, exigeant que tous les agents des services de contre-terrorisme et de renseignements se conforment aux règles du manuel de campagne de l’armée de terre américaine relatives aux méthodes d'interrogation. Rédigé en 2006, ce manuel tient compte des obligations découlant des conventions de Genève. Il interdit explicitement la torture et tout traitement cruel, inhumain ou dégradant.
« Je peux vous dire, sans exception ou sans équivoque, que les États-Unis ne pratiqueront pas la torture, » a affirmé le président. Il a ajouté, plus tard, que « l’exemple moral » des États-Unis devait constituer « le fondement » de leur leadership dans le monde.