23 janvier 2009
Une diplomatie revigorée renouvellera la position primordiale des États-Unis dans le monde.

Washington - Le président Barack Obama s'est joint, le 22 janvier, à la secrétaire d'État Hillary Clinton pour annoncer la nomination de l'ancien sénateur George Mitchell comme envoyé spécial des États-Unis pour le processus de paix au Proche-Orient, et de l'ambassadeur Richard Holbrooke comme représentant spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan - nominations qui concrétisent la détermination du nouveau gouvernement de renouveler la position primordiale des États-Unis sur la scène internationale, grâce à une diplomatie revigorée.
« Nous devons faire face à des problèmes mondiaux extraordinaires, complexes et imbriqués », a déclaré M. Obama lors de sa visite au siège du département d'État. « Les progrès ne se feront ni rapidement ni facilement, et nous ne pouvons promettre de remédier à tous les maux du monde. En revanche, nous pouvons nous engager à mobiliser tous les éléments de notre puissance afin de protéger notre peuple et de promouvoir nos intérêts et nos idéaux, au moyen tout d'abord d'une diplomatie fondée sur les principes, ciblée et durable. »
« Le président est déterminé à faire de la diplomatie et du développement les partenaires de notre politique étrangère, aux côtés de la défense. Et nous devons utiliser notre pouvoir de manière plus intelligente », a dit Mme Clinton. « Aujourd'hui, nous entamons la tâche difficile de rétablir notre position et de donner à notre pays les compétences nécessaires pour relever les défis tenaces du XXIe siècle. »
La paix au Proche-Orient requiert un maximum d'efforts
« Œuvrer pour la paix est une tâche tellement importante qu'elle exige de nous un maximum d'efforts, quels que soient les difficultés ou les revers », a dit M. Mitchell. « Les dangers et les difficultés ne sauraient écarter les États-Unis de cette mission. »
Ancien chef de file démocrate au Sénat, où il représentait l'État du Maine, M. Mitchell est connu avant tout comme celui dont les efforts ont facilité le pacte de paix, après 800 ans de conflit, entre catholiques et protestants en Irlande du Nord, pacte baptisé Accord du Vendredi Saint 1998. M. Mitchell a également rendu compte de son expérience en Irlande du Nord à une commission d'experts qui se penchait sur la recrudescence de la violence israélo-palestinienne. Le groupe avait publié ses conclusions, en 2001, dans un rapport surnommé « Rapport Mitchell ».
« Un conflit sans fin n'existe pas. Les conflits sont créés, menés et perpétués par l'homme. Et l'homme peut y mettre fin. J'ai vu cela se produire en Irlande du Nord, bien que, je l'admets, cela ait pris très longtemps », a dit M. Mitchell. « Je suis profondément convaincu qu'avec une diplomatie déterminée, persévérante et patiente, cela pourra sur produire au Proche-Orient. »

Les États-Unis œuvreront « activement et énergiquement » en faveur d'une paix durable entre Israël et les Palestiniens, de même qu'entre Israël et ses voisins arabes, a dit M. Obama, à commencer par un cessez-le-feu « viable et durable » dans la Bande de Gaza, où vient de prendre fin une offensive israélienne de trois semaines dont l'objectif était de faire cesser les attaques de roquettes contre Israël.
« Aucune démocratie ne peut tolérer qu'un tel danger menace sa population, et la communauté internationale ne saurait le tolérer, pas plus, en fait, que le peuple palestinien lui-même, dont les intérêts ne sont qu'entravés par les actes de terrorisme », a dit M. Obama. « Les grandes lignes d'un cessez-le-feu durable sont claires : le Hamas doit mettre fin à ses tirs de roquettes. Israël achèvera le retrait de ses forces de Gaza. »
M. Obama a lancé un appel en faveur de l'ouverture des points de passage frontaliers de Gaza et a dit que les États-Unis appuyaient la tenue d'une conférence internationale de donateurs visant à offrir une aide humanitaire indispensable aux habitants de Gaza, une assistance à la reconstruction et des débouchés économiques à tous les Palestiniens. « Tout comme la terreur des tirs de roquettes visant des Israéliens innocents est inacceptable, est également inacceptable un avenir sans espoir pour les Palestiniens », a affirmé M. Obama. « Nous devons ouvrir des perspectives de progrès à tous ceux qui aspirent à la paix. »
Les défis en Afghanistan et au Pakistan
L'ambassadeur Richard Holbrooke, qui a représenté les États-Unis auprès des Nations unies, avait également mené les négociations des Accords de Dayton qui ont mis fin aux guerres dans les Balkans, entre 1992 et 1995. Il devra à présent relever des défis de taille pour trouver des réponses aux questions complexes de sécurité et de développement auxquelles sont confrontés l'Afghanistan et le Pakistan, région que le président Obama a décrite comme étant « le front central de la lutte que nous continuons de mener contre le terrorisme et l'extrémisme ».
« Il n'y a aucune solution, en Afghanistan, qui fasse l'impasse d'un affrontement avec les bases d'Al-Qaïda et des talibans le long de la frontière », a dit M. Obama. « Et il n'y aura de paix durable que si nous élargissons l'étendue des possibilités offertes aux peuples de l'Afghanistan et du Pakistan. »
Aider les Afghans à reconstruire leur pays exigera plus que la force militaire, a dit M. Holbrooke, qui s'est engagé à apporter à ce pays des programmes d'aide et d'autres ressources du gouvernement des États-Unis, et à les faire mettre en œuvre sur le terrain de manière plus efficace, afin qu'ils puissent répondre aux besoins des populations des deux côtés de la frontière afghano-pakistanaise. « Si nous mobilisons et coordonnons bien nos ressources, nous pouvons quadrupler, quintupler voire décupler l'efficacité de nos efforts dans la région. »
Selon M. Obama, en recentrant leurs efforts sur l'Afghanistan, les États-Unis s'attendront à une aide accrue de la part de leurs amis et alliés, de manière à permettre au gouvernement afghan actuellement en difficulté d'assurer les services nécessaires à la population, de réprimer une insurrection croissante et un trafic d'opium en plein essor, et de traduire en justice les terroristes d'Al-Qaïda.
« Qu'il n'y ait aucun doute quant à la détermination de l'Amérique de jouer un rôle dirigeant », a dit M. Obama. « Nous ne pouvons plus nous permettre d'aller à la dérive, et nous ne pouvons plus nous permettre de retarder le moment d'agir, comme nous ne pouvons pas céder du terrain à ceux dont l'objectif est la destruction. »