16 janvier 2009
Il comprend 24 États et 5 organisations internationales.

Washington - Vingt-quatre États et 5 organisations internationales ont formé au sein de l'ONU un groupe destiné à renforcer la lutte contre la piraterie au large de la Somalie.
« Le groupe de contact observe avec une profonde inquiétude que la piraterie au large de la Somalie a augmenté considérablement en 2008 et que l'on peut s'attendre à un accroissement des attaques dirigées contre les navires de transport si l'on ne redouble pas les efforts au niveau international », indique le communiqué que le nouveau groupe a diffusé le 14 janvier au siège de l'ONU.
Le groupe de contact sur la piraterie au large de la Somalie a été créé au siège de l'ONU à New York, dans le cadre de la résolution 1851 que le Conseil de sécurité a adoptée le 16 décembre. Cette résolution autorise les États et les organisations régionales de sécurité à prendre toutes les mesures nécessaires dans le territoire somalien pour empêcher la préparation et la réalisation d'actes de piraterie en haute mer.
La résolution 1846 adoptée le 2 décembre autorise les États à lutter contre la piraterie en mer, au large de la Somalie.
Selon l'Organisation maritime internationale (OMI), 440 actes de piraterie et de vol à main armée ont eu lieu au large de la Somalie depuis que cette organisation a commencé d'établir des statistiques à ce sujet en 1984. En 2008, a indiqué l'OMI, il y a eu plus de 120 attaques, les pirates se sont emparés de quelque 35 navires et ont enlevé 600 membres d'équipage en vue d'obtenir une rançon. À l'heure actuelle, ils détiennent 14 navires et quelque 280 marins de 25 pays en Somalie. Deux membres d'équipage ont été tués lors d'attaques.
« Les pirates exigent des rançons s'élevant à plusieurs millions de dollars pour la libération des otages, des navires et des marchandises. La piraterie entrave la livraison à la Somalie d'une aide humanitaire essentielle, fait augmenter à un montant presque prohibitif les primes d'assurance des armateurs dans une des zones de navigation les plus fréquentées du monde, porte atteinte à l'économie des pays côtiers en obligeant les navires à passer par le cap de Bonne-Espérance et crée le risque d'une catastrophe écologique lorsque les navires sont la proie de personnes hostiles », fait remarquer le groupe dans son communiqué.
Jusqu'ici, les pirates ont été en grande partie les maîtres du jeu le long de la côte somalienne et dans le golfe d'Aden, que près de 20.000 navires transportant près d'un dixième des marchandises qui font l'objet d'échanges commerciaux dans le monde empruntent chaque année, après être passés par le canal de Suez en Égypte ou pour s'y rendre. Depuis 1991, la Somalie est un pays dont les institutions politiques fonctionnent très mal.
Le nouveau groupe de contact comprend les pays suivants : l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Australie, la Chine, la Corée du Sud, le Danemark, Djibouti, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Espagne, les États-Unis, la France, la Grèce, l'Inde, l'Italie, le Japon, le Kénya, Oman, les Pays-Bas, la Russie, le Royaume-Uni, la Somalie (gouvernement fédéral de transition), la Turquie et le Yémen. Il comprend également l'Union africaine, l'Union européenne, l'Organisation maritime internationale, l'OTAN et le secrétariat de l'ONU.
Selon l'agence Associated Press, le secrétaire d'État adjoint aux affaires politico-militaires des États-Unis, M. Mark Kimmitt, a déclaré à la presse : « Nous sommes convaincus que 2009 sera l'année où nous pourrons renverser la situation si nous œuvrons de concert en tant que groupe de pays non seulement dans le domaine militaire, mais aussi dans les domaines judiciaire, financier et commercial. »
À l'heure actuelle, 16 pays ont envoyé des navires de guerre au large de la Somalie en vue de prévenir les actes de piraterie. Le 8 janvier, la marine militaire des États-Unis a annoncé la création d'une force maritime multinationale sous commandement américain qui serait chargée de lutter contre les pirates dans le golfe d'Aden, la mer d'Arabie, l'océan Indien et la mer Rouge. Elle a déclaré qu'elle s'attendait à ce que 20 États se joignent à cette force.