16 janvier 2009
La représentante désignée des États-Unis à l'ONU considère cette institution comme « indispensable ».

Washington - Susan Rice, que le président élu Barack Obama a choisie pour représenter les États-Unis aux Nations unies, a déclaré qu'elle avait l'intention d'exercer une diplomatie efficace, même si elle serait parfois « discrète », pour obtenir l'approbation d'actions internationales contre les autocrates comme Robert Mugabe.
Lors de sa séance de confirmation organisée le 15 janvier par la commission sénatoriale des affaires étrangères, Mme Rice a déclaré qu'il était possible de coopérer avec la Chine et la Russie, même si ces deux pays avaient auparavant opposé leur véto aux résolutions du Conseil de sécurité visant les dirigeants du Zimbabwé et de la Birmanie et autres contrevenants aux droits de l'homme.
Prenant le Zimbabwé comme exemple, elle a déclaré qu'il n'y avait aucune raison pour que la Russie et la Chine « ne parviennent pas à s'éloigner du régime de Robert Mugabe (…) Franchement, leurs intérêts ne coïncident plus. »
Le gouvernement Obama cherchera à inciter les voisins du Zimbabwé en Afrique australe à condamner publiquement le régime Mugabe et à coopérer collectivement avec la communauté internationale pour exercer les pressions nécessaires sur celui-ci « afin que la souffrance du peuple zimbabwéen cesse enfin ».
Les États-Unis considèrent les Nations unies comme « indispensables »
Mme Rice a déclaré que les États-Unis et la communauté internationale se trouvaient à un moment clé où des efforts collectifs s'imposaient pour relever des défis communs.
« Le terrorisme, la prolifération d'armes de destruction massive, les conflits civils, le changement climatique, le génocide, l'extrême pauvreté et les maladies sont des problèmes mondiaux qu'aucune nation ne peut résoudre seule. Ils exigent une action collective fondée sur un objectif commun et une même conception de la sécurité. »

M. Obama a « affirmé l'engagement des États-Unis envers les Nations unies, une institution qu'il considère comme indispensable, même si elle n'est pas parfaite ». Mme Rice a ajouté que si le Sénat confirmait sa nomination, elle s'attacherait à « rafraîchir et renouveler » le rôle des États-Unis et à « faire peser tout le poids de notre influence, de nos ressources, de nos valeurs et de notre diplomatie ».
M. Obama est également d'avis que les États-Unis devraient verser leur quote-part à l'ONU « complètement et dans les délais impartis », et il demandera au Congrès de payer les arriérés que doivent les États-Unis et de lever les obstacles juridiques qui entravent le soutien financier des États-Unis aux opérations de maintien de la paix.
Lorsque des crises ont lieu, l'inaction coûte cher. Agir seul est également un choix onéreux, a affirmé Mme Rice. « Le défi à relever consiste donc à trouver des solutions de rechange, et c'est là l'avantage essentiel d'institutions telles que les Nations unies, qui ont un champ d'action mondial et au sein desquelles les fardeaux et les coûts sont partagés. »
Dans le même temps, a-t-elle ajouté, les États-Unis vont rechercher des améliorations considérables et durables au niveau de tout un éventail de problèmes de gestion et d'accomplissements aux Nations unies. Les progrès et les réformes sont en effet selon elle essentiels pour remédier aux imperfections de l'organisation, ainsi que pour lui permettre de faire face aux besoins croissants.
Elle a ajouté que le gouvernement Obama s'éloignerait des étiquettes du XXe siècle qui divisent, comme pays « riches » et « pauvres », « non alignés » et monde « occidental ». « Au XXIe siècle, ces fausses distinctions servent rarement les intérêts de quiconque (…) Tous les peuples et toutes les nations devraient se concentrer sur ce qu'ils ont en commun : notre désir de vivre libres, en sécurité et en bonne santé, et d'envisager un avenir radieux. »
Les États-Unis feront-ils partie du Conseil des droits de l'homme ?
Mme Rice a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise à ce sujet. Le Conseil des droits de l'homme a en effet été critiqué parce que certains de ses membres violent les droits de l'homme et parce qu'il porte une attention disproportionnée au conflit israélo-palestinien.
Elle a cité une récente résolution adoptée par ce Conseil condamnant l'action d'Israël à Gaza comme « un exemple classique de documents totalement déséquilibrés et répréhensibles » qui émanent de cet organe. « Il n'y avait aucune mention dans cette résolution des attaques du Hamas sur Israël. »
Elle a affirmé qu'elle-même ainsi que le président élu Barack Obama, la secrétaire d'État désignée Hillary Clinton et d'autres étaient fermement résolus à ce que l'ONU soit dotée d'instruments relatifs aux droits de l'homme efficaces et à la hauteur des principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et autres documents fondamentaux.
La question de la participation des États-Unis au Conseil des droits de l'homme sera abordée très tôt par le gouvernement Obama lorsqu'il considérera les meilleurs moyens de renforcer le droit international relatif aux droits de l'homme.