23 février 2009
La récente collision entre deux satellites américain et russe

Washington - Des dizaines de milliers de débris d'engins spatiaux gravitent autour de la Terre et menacent ainsi de perturber les voyages dans l'espace et de détruire les satellites de communication dont dépend le monde.
À l'aide d'un réseau de radars et de capteurs optiques, le Centre américain des opérations spatiales (Joint Space Operations Center) a établi une liste de 18.000 débris dont la taille est plus grande qu'une pomme (bien qu'on ne cherche pas à les détecter, les débris plus petits peuvent aussi causer des dommages considérables).
Le nombre de ces débris est devenu plus élevé le 10 février. Le satellite commercial américain Iridium (560 kg) est entré en collision avec le satellite militaire russe Cosmos (950 kg), qui n'était plus utilisé, à 500 km d'altitude au-dessus de la Sibérie.
Selon le vice-président de l'état-major interarmées, le général James Cartwright, ces nouveaux débris qui forment un nuage exigent que les opérateurs des engins spatiaux s'emploient à les éviter.
Il se peut que cette collision ait créé des milliers de fragments qui ne font qu'un centimètre, voire un millimètre, a indiqué un spécialiste de la NASA, M. Nicholas Johnson. Les services de la NASA chargés du programme des débris orbitaux jouent un rôle important dans la préparation de mesures visant à protéger les engins spatiaux en orbite. Leur priorité est d'éviter l'accroissement des débris orbitaux.
Pour sa part, le ministère de la défense s'occupe d'analyser la trajectoire des nouveaux débris, ce qui risque de prendre des semaines. Le général Cartwright a indiqué que, heureusement, dès que la trajectoire de ces débris se stabilisera dans un mois ou deux, la plupart des orbites de ces débris deviendront suffisamment prévisibles pour que les missions spatiales et les satellites puissent les éviter.
Toutefois, les moyens informatiques du Centre des opérations spatiales de l'armée, qui est situé au Nebraska, ne sont pas suffisants pour prévenir toutes les collisions entre satellites. À l'heure actuelle, il s'agit surtout de protéger les vols spatiaux habités.
Rien n'avait permis à ce centre de prévoir cette collision, dont il a été informé par des signaux du satellite Iridium. Les risques sont jugés faibles pour la Station spatiale internationale car elle n'évolue pas sur la même orbite que les débris de la collision.
L'atténuation des risques
La collision entre les deux satellites est la quatrième que l'on connaisse, mais selon des spécialistes les collisions risquent de devenir plus fréquentes au fur et à mesure que le nombre des engins spatiaux s'accroîtra. On estime que quelque 13.000 satellites gravitent autour de la Terre à l'heure actuelle.
En février 2008, les États-Unis ont détruit dans l'espace un de leurs satellites de reconnaissance qui ne fonctionnait plus. Cette destruction a eu lieu sans problème. Les débris ont gravité brièvement autour de la Terre, avant de rentrer dans l'atmosphère terrestre quelques semaines après.
En janvier 2007, la Chine a créé de nombreux débris en détruisant un vieux satellite à l'aide d'un missile. Cette destruction, effectuée à titre d'essai, a placé sur orbite 2.000 débris, qui constituent un risque pour tous les engins spatiaux, a indiqué au Congrès le général William Shelton.
En raison de l'accroissement du nombre des engins spatiaux, le général Cartwright a préconisé un plus grand échange d'informations sur les activités des satellites et sur les débris en orbite.
Le Comité de l'ONU sur les usages pacifiques de l'espace extra-atmosphérique s'est réuni à Vienne pour envisager la question de savoir comment réduire les risques que les débris posent dans l'espace, peu de temps après la collision du 10 février.
En janvier, l'Agence spatiale européenne a créé son propre dispositif de surveillance des débris dans l'espace.
Les États-Unis jouent un rôle actif en vue de découvrir les possibilités de danger. Le chef de la délégation américaine à la Conférence sur le désarmement à Genève, M. Garold Larson, a déclaré, le 19 février, que les États-Unis faisaient tout leur possible pour assurer la sécurité des vols spatiaux. La collision entre les deux satellites, a-t-il dit, met en évidence le problème de l'accroissement constant du nombre des engins spatiaux. Les collisions, a-t-il dit, risquent de limiter l'usage de l'espace à des fins scientifiques.
Depuis la collision du 10 février, les États-Unis et la Russie se consultent afin de renforcer la transparence et la confiance entre eux. La coopération avec d'autres pays à l'avenir devrait permettre de prévenir d'autres collisions de ce genre.
Les coordonnées des débris des satellites américain et russe doivent être affichées sur le site Internet http://www.Space-Track.org, ce qui permettra aux États et organismes dotés d'engins spatiaux de déterminer les risques éventuels pour ces derniers, a indiqué le porte-parole du ministère de la défense, M. Geoff Morrell.