19 février 2009
La stabilisation de ce pays brisé de l'Asie du Sud nécessite une action rapide.

Washington - Le président Obama a ordonné le déploiement de 17.000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour y rétablir la sécurité tandis que son gouvernement consulte ses alliés et partenaires régionaux en vue de mettre au point une stratégie globale de redressement pour ce pays dévasté d'Asie du Sud.
« La situation en Afghanistan et au Pakistan nécessite une attention urgente et une action rapide », a dit M. Obama le 17 février. « Ce renforcement contribuera à la sécurité du peuple afghan et à la stabilité de leur pays. »
Ces déploiements comprendront l'envoi d'une brigade expéditionnaire de 8.000 marines au printemps, suivie, en été, d'une brigade Stryker de l'armée de terre composée de 4.000 soldats, de même que d'un personnel d'appui comptant 5.000 membres.
Ces déploiements représenteront une augmentation de près de 50 % des 36.000 militaires américains déjà sur le terrain en Afghanistan. Environ la moitié de ces effectifs sont attachés à la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN, à laquelle participent 41 pays, tandis que la seconde moitié s'acquitte d'une mission séparée consistant à entraîner les forces de sécurité afghanes et à effectuer des opérations antiterroristes.
Lors de sa campagne électorale, M. Obama avait souligné que la stabilisation de l'Afghanistan serait une priorité principale de la politique étrangère américaine. M. Obama s'était précédemment rendu dans la région, en sa qualité de sénateur, et avait observé la recrudescence des activités d'insurrection lancées à partir de sanctuaires du côté pakistanais de la frontière, le trafic de drogue florissant dans les provinces du sud-est du pays, et la corruption au sein du nouveau gouvernement. L'ensemble de ces problèmes risquent de défaire les progrès accomplis depuis 2001, lorsqu'une coalition internationale a renversé le régime taliban.
M. Obama a annoncé ces déploiements alors que son représentant spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan, M. Richard Holbrooke, rentrait de cette région où il avait tenu sa première série de consultations. La dégradation de la sécurité régionale avait été, une fois de plus, illustrée en début de journée lorsque le gouvernement pakistanais avait annoncé une nouvelle trêve avec les extrémistes qui opèrent à travers la frontière et ciblent les communautés de la Vallée de Swat, à environ 150 kilomètres d'Islamabad, la capitale pakistanaise.
Ce déploiement de troupes supplémentaires sera possible grâce au retrait de certaines d'entre elles de l'Irak, a dit M. Obama, et donnera plus de temps à la Maison-Blanche d'achever son évaluation générale de la politique des États-Unis envers l'Afghanistan. Le président Obama souhaite élaborer une nouvelle stratégie en Afghanistan qui allierait de manière plus efficace la diplomatie et le développement aux efforts de sécurité destinés à aider les Afghans à éliminer les sanctuaires des terroristes et à entamer le redressement de leur pays après des décennies de guerre et de pauvreté.
« Alors que nous travaillerons à déterminer nos nouveaux objectifs stratégiques, nous le ferons de concert avec nos amis et alliés avec lesquels nous cherchons ensemble à rassembler les ressources nécessaires à la réussite », a dit M. Obama.
La Maison-Blanche vise à achever l'examen de sa politique envers l'Afghanistan avant le départ du président Obama en avril pour l'Europe, à l'occasion du sommet marquant le 60e anniversaire de l'OTAN, avec la France et l'Allemagne pour hôtes.