19 février 2009
La conférence de presse du sous-secrétaire d'État aux affaires européennes et eurasiennes

Washington - Les négociateurs russes et géorgiens sont convenus à Genève d'éviter de nouveaux affrontements en ouvrant de nouvelles lignes de communication, décision que le sous-secrétaire d'État aux affaires européennes et eurasiennes, M. Daniel Fried, a qualifiée de « succès important » sur la voie menant au règlement du conflit qui a éclaté en août 2008 au sujet des régions séparatistes de la Géorgie (l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie) jouissant du soutien de Moscou.
Lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 18 février, à l'issue de la quatrième série de négociations organisée sous les auspices de l'Union européenne, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et de l'Organisation des Nations unies, M. Fried a déclaré : « Il s'agit d'un pas en avant. Si l'on considère que c'était la guerre il y a six mois, la nouvelle est bonne. »
Des représentants des forces russes, des forces géorgiennes, des milices des régions séparatistes ainsi que des observateurs étrangers doivent se réunir au moins une fois par semaine en vue d'aborder la question des incidents qui se poursuivent et d'empêcher que ceux-ci n'entraînent un conflit de grande ampleur. Les parties sont aussi convenues de permettre aux observateurs étrangers de surveiller l'accès aux territoires en cause ainsi que de mettre en place une ligne de téléphone directe destinée à permettre de désamorcer les situations d'urgence, a indiqué le représentant de l'Union européenne, M. Pierre Morel.
Pour sa part, M. Fried a précisé que l'insécurité régnait le long des limites des régions séparatistes avec le reste de la Géorgie et que les attaques sporadiques dirigées contre des policiers géorgiens et contre des habitants continuaient de faire obstacle à la réalisation de progrès en matière de paix.
Il a également exprimé son inquiétude au sujet des nombreuses familles déplacées par le conflit qui n'étaient pas encore en mesure de rentrer dans leurs foyers car elles craignaient les attaques de milices de l'Ossétie du Sud et d'autres personnes désireuses d'exploiter l'absence de maintien de l'ordre public dans la région.
En outre, il a incité les intéressés à appliquer cet accord et à poursuivre les négociations de paix de Genève en faisant remarquer que les choses tendaient à empirer en Géorgie si on les négligeait.
La dernière série de négociations n'a pas abouti à la conclusion d'un accord au sujet de la distribution de l'aide humanitaire en Ossétie du Sud, comme prévu dans la résolution 1866 du Conseil de sécurité de l'ONU, mais on observe, selon M. Fried, des progrès modestes pour ce qui est du rétablissement de l'alimentation en eau et en électricité en Ossétie du Sud et de la mise en place de centres d'hébergement pour les familles déplacées en Abkhazie.
M. Fried a exprimé l'espoir que l'amélioration de la sécurité donnerait aux autorités de l'Ossétie du Sud la confiance nécessaire pour autoriser la distribution de l'aide alimentaire. « Il incombe à toutes les parties, a-t-il dit, d'agir aussi rapidement que possible pour améliorer la situation sur le terrain. »
Si les États-Unis continuent d'inciter la Russie à exécuter l'accord de cessez-le-feu conclu le 7 août sous l'égide de l'Union européenne et à ramener toutes ses forces aux positions où elles se trouvaient avant le conflit, M. Fried a admis que la décision de Moscou de reconnaître les régions séparatistes comme des États indépendants et de renforcer les forces russes indiquait que celles-ci n'allaient pas se retirer de sitôt.
Néanmoins, a-t-il dit, Washington compte continuer d'œuvrer de concert avec Moscou en vue d'encourager le rétablissement de la paix dans cette partie du monde, ainsi qu'afin de relever d'autres défis diplomatiques et sécuritaires mondiaux, dans le cadre des efforts du gouvernement Obama visant à améliorer les relations américano-russes. « Nous et les Russes, a-t-il dit, avons un désaccord fondamental, mais ce désaccord ne doit pas nous empêcher d'œuvrer de concert dans d'autres domaines » où les États-Unis et la Russie ont des intérêts communs.