17 février 2009
Une participation internationale plus intense est essentielle à la reconstruction de ce pays dévasté.

Washington - Pour stabiliser l'Afghanistan et mieux servir les intérêts du peuple afghan, il sera essentiel d'avoir une participation intensifiée de la communauté internationale, a dit le général David Petraeus.
« De concert avec nos partenaires afghans, nous devons nous efforcer d'assurer le salut public, de respecter la population, de gagner son appui et de faciliter la fourniture des services de base dont elle a besoin », a dit le général Petraeus aux dirigeants et diplomates internationaux rassemblés à la conférence de Munich sur la sécurité, le 8 février.
L'Afghanistan est confronté à une insurrection de plus en plus active, qui lance ses opérations à partir de sanctuaires du côté pakistanais de la frontière, à un trafic de drogue florissant dans ses provinces du sud-est, et à la corruption au sein du nouveau gouvernement afghan. L'ensemble de ces problèmes risque de défaire les progrès accomplis dans ce pays de l'Asie du Sud depuis 2001, lorsqu'une coalition internationale a renversé le régime taliban.
En tant que commandant des forces armées américaines en Irak, le général Petraeus avait dirigé l'initiative, couronnée de succès, d'envoyer des renforts dans ce pays où elle a réduit la violence de manière très significative, permettant d'entamer des réformes politiques et de poursuivre la reconstruction et le développement économique. En 2008, le général Petraeus a été promu à la tête du Commandement central des États-Unis, qui est chargé des opérations dans toute la région, y compris en Afghanistan, pays que le nouveau gouvernement a qualifié de priorité principale de politique étrangère.
L'Afghanistan est bien différent de l'Irak, a dit le général Petraeus. Les principes fondamentaux de la doctrine de lutte contre l'insurrection, pense-t-il, seront essentiels à la réussite dans ce pays : débarrasser les collectivités des talibans et des autres groupes extrémistes, œuvrer de concert avec les forces de sécurité afghanes pour prévenir le retour des militants, étendre l'assistance humanitaire et à la reconstruction aux habitants locaux, et aider les Afghans à bâtir des institutions efficaces qui seront en mesure d'assumer l'entière responsabilité de la sécurité et de la gouvernance.
Comme en Irak, a dit le général Petraeus, tout effort contre l'insurrection doit avoir une fondation locale. Les forces armées devront coopérer étroitement avec les communautés qu'elles protègent, « ce qui exige de leur part d'écouter et de respecter les sages de ces communautés, les moullahs, les agriculteurs et les commerçants », a-t-il expliqué.
Une coopération plus étroite avec les forces de sécurité afghanes sera également nécessaire, a ajouté le général Petraeus, pour protéger les habitants et réduire les pertes civiles. « Nous devons nous montrer à la hauteur de nos principes », a dit le général Petraeus. « C'est là, en effet, un élément important qui nous distingue de l'ennemi. »
Il n'y a pas de solution purement militaire en Afghanistan, a indiqué le général Petraeus, mais une augmentation, à court terme, des effectifs sera essentielle pour arrêter la dérive actuelle vers l'instabilité. Le général Petraeus a instamment invité d'autres pays à se joindre aux États-Unis pour envoyer des troupes supplémentaires qui appuieront la Force internationale d'assistance à la sécurité (en Afghanistan) qui compte 40.000 hommes.
Il a exhorté les alliés qui sont réticents à le faire à envisager d'autres options de participation, telle la promesse faite par l'Allemagne, à la conférence de Munich, de déployer des équipes supplémentaires de l'armée et de la police pour former leurs collègues afghans - un élément clé pour consolider les gains futurs sur le plan de la sécurité. Les compétences administratives civiles sont également nécessaires pour aider les responsables afghans à assurer les services essentiels à la population, réduire la corruption et accroître la légitimité de la démocratie naissante auprès de la population.
En plus de partenariats internationaux renforcés, a dit le général Petraeus, la force internationale d'assistance à la sécurité doit renouveler son engagement d'appuyer les efforts de réconciliation nationale du gouvernement afghan avec les groupes militants qui souhaitent rejoindre la vie civile.
« Des programmes existent déjà dans ce domaine », a dit le général Petraeus. « Les mettre en vigueur de manière avisée sera essentiel pour diviser et séparer l'insurrection en divers éléments afin de convaincre les différents groupes de déposer les armes et de soutenir le gouvernement légitime et la Constitution de l'Afghanistan. »
Le général Petraeus joue un rôle clé dans l'étude globale, effectuée actuellement par le gouvernement Obama, de la stratégie des États-Unis en Afghanistan. La Maison-Blanche vise à achever cet examen avant le départ du président Obama en avril pour l'Europe, à l'occasion du sommet marquant le 60e anniversaire de l'OTAN, avec la France et l'Allemagne pour hôtes.