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13 février 2009

Un haut responsable de l'armée américaine évoque l'avenir de l'Afghanistan

Une intensification de l'engagement de la communauté internationale est essentielle pour reconstruire ce pays brisé.

 
David Petraeus
Le général de l'armée des États-Unis David Petraeus.

Washington - La stabilisation de l'Afghanistan nécessitera un engagement renouvelé de la communauté internationale pour assurer la sécurité du peuple afghan et le servir, a déclaré le général de l'armée des États-Unis David Petraeus.

« Nos forces et celles de nos partenaires afghans doivent par-dessus tout s'attacher à servir la population et à assurer sa sécurité », a dit le général Petraeus, le 8 février, lors de la Conférence de Munich sur la politique de sécurité. « Avec nos partenaires afghans, nous devons œuvrer à garantir la sécurité de la population, à la traiter avec respect, à obtenir son appui, et à faciliter la fourniture de services essentiels. »

L'Afghanistan est aux prises avec une insurrection de plus en plus active qui opère à partir d'une zone sûre le long de la frontière avec le Pakistan, avec un commerce florissant de stupéfiants dans les provinces méridionales du pays et avec la corruption au sein de son nouveau gouvernement. La combinaison de ces problèmes risque de remettre en question les progrès réalisés dans le pays depuis qu'une coalition internationale a renversé le régime des talibans en 2001.

En qualité de principal commandant des forces américaines en Irak, le général Petraeus a supervisé le déploiement des renforts qui ont considérablement réduit la violence dans ce pays, préparant le terrain à des réformes politiques et à la poursuite de progrès en matière de reconstruction et de développement économique. En 2008, le général Petraeus a été promu à la tête du Commandement central des États-Unis, qui supervise les opérations dans l'ensemble de la région qui englobe l'Afghanistan, pays que le nouveau gouvernement Obama considère comme une haute priorité de politique étrangère.

L'Afghanistan est très différent de l'Irak, a affirmé le général Petraeus. Il est d'avis que les principes fondamentaux de la doctrine sur la répression des insurrections seront essentiels pour obtenir le succès : éliminer les communautés de talibans et autres groupes extrémistes, coopérer avec les forces afghanes de sécurité pour empêcher les insurgés de revenir, fournir aux résidents une aide humanitaire et une assistance à la reconstruction, et aider les Afghans à créer des institutions capables d'assumer l'entière responsabilité de la sécurité et de la gestion des affaires publiques.

Mais, comme en Irak, la lutte contre l'insurrection doit être locale. Les forces concernées vont devoir coopérer plus étroitement avec les collectivités qu'elles sont chargées de protéger. « Cela signifie qu'il faut écouter et respecter les anciens, les mollahs, les agriculteurs et les commerçants. »

Une coopération plus étroite avec les forces afghanes de sécurité est également essentielle, a affirmé M. Petraeus, afin de protéger les résidents et de réduire le nombre de victimes civiles. « Nous devons nous comporter conformément à nos valeurs. Après tout, c'est ce qui nous distingue de l'ennemi. »

Selon le général Petraeus, il n'existe pas de solution purement militaire à la situation en Afghanistan, mais un renforcement temporaire des forces sera essentiel pour stopper l'actuelle descente vers l'instabilité.

Il a exhorté les autres pays à imiter les États-Unis et à déployer des troupes supplémentaires auprès de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), forte de 40.000 hommes venus de 41 pays.

Il a invité les pays qui hésitent à entreprendre une telle démarche à envisager d'autres options, en s'inspirant notamment de la promesse qu'a faite l'Allemagne de déployer des équipes supplémentaires de formation de l'armée et de la police en Afghanistan - un élément clé de la consolidation des futurs progrès en matière de sécurité. Une formation civile est également nécessaire pour aider les Afghans à fournir des services publics essentiels, à réduire la corruption et à renforcer la légitimité de leur jeune démocratie auprès des citoyens.

L'ISAF doit également selon lui se consacrer à soutenir les efforts déployés par le gouvernement afghan en vue de la réconciliation politique avec les groupes militants prêts à retourner à la vie civile.

« Il existe déjà des programmes dans ce domaine. Leur mise en œuvre judicieuse sera essentielle au démantèlement des éléments rebelles afin d'amener divers groupes à déposer les armes et à soutenir le gouvernement légitime et la constitution de l'Afghanistan. »

Le général Petraeus est un agent clé de l'examen complet de la stratégie des États-Unis en Afghanistan réclamé par le nouveau gouvernement Obama. La Maison-Blanche cherche à achever cet examen avant le déplacement qu'effectuera le président Obama en Europe en avril prochain pour participer au sommet du soixantième anniversaire de l'OTAN, coparrainé par l'Allemagne et la France.

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