10 février 2009
Les États-Unis cherchent également à établir des objectifs clairs pour leur politique en Afghanistan et au Pakistan.

Washington - Selon le vice-président Joe Biden, une collaboration étroite entre les États-Unis et leurs partenaires arabes et européens sera nécessaire pour trouver une solution aux défis compliqués qui entravent l'avènement d'une paix durable au Proche-Orient.
« À court terme, nous devons consolider le cessez-le-feu à Gaza en œuvrant de concert avec l'Égypte et d'autres entités pour mettre fin au trafic d'armes et lancer un effort international d'assistance et d'aide à la reconstruction qui renforcera l'Autorité palestinienne et non pas le Hamas », a affirmé M. Biden, le 7 février, à Munich, lors de la Conférence annuelle sur la sécurité.
« Puis, nous devons établir les fondements d'une initiative élargie en faveur de la paix. »
Dans son allocution aux plus de 300 responsables gouvernementaux, spécialistes des affaires étrangères et de la défense et journalistes rassemblés pour étudier les questions relatives à la sécurité transatlantique, qui souvent s'étend bien au-delà de l'Europe, M. Biden a présenté les grandes lignes de la politique étrangère du gouvernement Obama et des principes qui la guideront.
Parmi les questions soulevées par M. Biden, à la fois dans son discours et lors d'entretiens bilatéraux tenus les 7 et 8 février, figuraient l'avenir des négociations de paix israélo-palestiniennes et les défis que représentent l'Afghanistan et le Pakistan.
« Dans le cadre de ces deux initiatives, l'Amérique vous demande d'être son partenaire », a dit M. Biden. « Aucun de ces objectifs ne peut être atteint sans une collaboration étroite entre notre pays, l'Europe et nos partenaires arabes. »
M. Biden a souligné qu'il était plus que temps de parvenir à une solution équitable du problème israélo-palestinien assurant la coexistence pacifique de deux États, l'un israélien, l'autre palestinien. « Nous œuvrerons pour la concrétiser. Et nous œuvrerons pour vaincre les extrémistes qui perpétuent le conflit », a-t-il dit.
De plus, les États-Unis travailleront en faveur de la paix entre Israël et tous ses voisins arabes, a ajouté M. Biden.
Réexamen de la stratégie en Afghanistan et au Pakistan
Le président Obama a donné l'ordre d'effectuer une réévaluation stratégique de la politique américaine vis-à-vis de l'Afghanistan et du Pakistan, a dit M. Biden, afin de déterminer si les objectifs des États-Unis dans ce domaine sont clairs et s'il est possible de les atteindre. Et pendant que ce processus d'évaluation se poursuivra, les États-Unis ont demandé à tous leurs partenaires et alliés de partager avec eux leurs idées et suggestions à cet égard.
« Nous vous demandons sincèrement votre conseil », a dit M. Biden lors de la conférence sur la sécurité. « Le résultat doit être une stratégie globale dont nous serons tous responsables, qui réunira nos ressources civiles et militaires, privera les terroristes de tout asile sûr et aidera le peuple afghan à se doter des moyens d'assurer son avenir. »
Toutefois, a dit M. Biden, aucune stratégie pour l'Afghanistan ne peut être couronnée de succès sans le Pakistan. « Nous devons tous renforcer notre coopération avec le peuple et le gouvernement pakistanais, les aider à stabiliser les régions et promouvoir le développement dans tout le pays, » a souligné M. Biden.
Afin d'établir la meilleure voie à adopter et de faire avancer ce processus, le président Obama a nommé deux diplomates chevronnés : l'ancien sénateur George Mitchell en tant qu'envoyé spécial pour la paix au Proche-Orient, et l'ambassadeur Richard Holbrooke comme représentant spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan.
M. Mitchell vient d'achever une tournée au Proche-Orient, et M. Holbrooke a entamé, le 9 février, une mission en Afghanistan et au Pakistan. Ce dernier est arrivé à Islamabad pour un voyage de 3 jours pendant lequel il se rendra également en Inde.
Les États-Unis ne pensent pas qu'il existe un conflit des civilisations ni qu'un tel conflit soit inévitable, a souligné M. Biden à la conférence de Munich. « Nous voyons un seul conflit, qui nous oppose tous à l'extrémisme - et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir collectif pour aider les forces de la tolérance à prévaloir », a-t-il déclaré.
« L'Amérique tendra la main à tous ceux qui, comme le président Obama l'a dit, sont disposés à desserrer le poing. »