09 février 2009
L'intégrité du territoire géorgien doit être respectée.

Washington - L'intention de la Russie d'installer trois bases militaires en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux régions de la Géorgie, pourrait se révéler provocatrice et déstabilisante, a affirmé un haut responsable du gouvernement des États-Unis.
Les États-Unis réagissent avec inquiétude aux articles de presse selon lesquels la Russie prévoirait d'installer ces bases, a dit le chargé d'affaires américain Kyle Scott, lors d'une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), tenue le 5 février à Vienne, en Autriche.
« Ces démarches, si elles se confirment, seraient provocatrices et déstabilisantes, et saperaient les efforts internationaux entrepris dans le cadre des pourparlers de paix de Genève en vue de réduire les tensions dans la région. »
Ces bases viendraient s'ajouter aux atteintes russes à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Géorgie, a dit M. Scott. Leur création aggraverait les violations, par la Russie, de l'accord de cessez-le-feu conclu le 12 août 2008, dans lequel Moscou s'engageait à replier ses forces à leurs positions d'avant le conflit, a-t-il souligné.
« Sont également très inquiétantes les informations selon lesquelles des hélicoptères russes survoleraient fréquemment des territoires au-delà de la région géorgienne de l'Ossétie du Sud », a dit M. Scott.
Des observateurs de l'OSCE et de l'Union européenne, actuellement en Géorgie, ont fait savoir, le 26 janvier, que des hélicoptères de l'armée russe avaient été signalés dans l'espace aérien, sous contrôle de la Géorgie, au-dehors de l'Ossétie du Sud, qui est l'une des deux régions sécessionnistes de la Géorgie. Des hélicoptères russes ont également été signalés au-dessus de villages géorgiens bien au-delà des deux régions séparatistes.
« Ces incidents soulignent clairement la nécessité d'avoir les observateurs de l'OSCE sur place et de leur assurer un accès sans entrave à toute la Géorgie, y compris à l'Ossétie du Sud », a dit M. Scott dans sa déclaration faite lors d'une réunion du Conseil permanent de l'OSCE.
La Russie et la Géorgie se sont affrontées dans un conflit qui a duré cinq jours, en août 2008, en rapport avec les régions de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Suite au cessez-le-feu, la Russie a reconnu l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud comme étant des États indépendants et a continué son occupation de ces deux régions avec une force militaire importante. Un seul autre pays, le Nicaragua, reconnaît l'indépendance de ces régions.
Selon des informations rapportées le 26 janvier par des agences de presse russes, les forces maritimes de Moscou prévoient de construire une base en Abkhazie, sur la mer Noire. La Russie cherche un nouvel emplacement pour une base navale au cas où elle perdrait le droit d'ancrer ses bâtiments de guerre sur sa base principale de la mer Noire à Sébastopol, en Ukraine. Son bail, à cette base, vient à expiration en 2017.
Le sous-secrétaire d'État adjoint Matthew Bryza a dit à l'agence de presse Reuters, le 31 janvier, que « la possibilité du déploiement d'une base navale en Abkhazie, d'une base aérienne également en Abkhazie, et d'une base militaire en Ossétie du Sud, semble être un pas dans la mauvaise direction. La Russie s'est engagée à réduire ses troupes pour les ramener à leurs niveaux et à leurs positions d'avant la guerre russo-géorgienne. »
M. Scott a ajouté que les rapts et les meurtres de policiers et de civils géorgiens, qui continuent dans ce pays, prouvent la nécessité d'accroître le nombre d'observateurs civils de l'OSCE et de l'UE qui y sont déployés.
« Nous sommes toujours convaincus qu'il est nécessaire d'avoir aujourd'hui en Géorgie une présence internationale accrue, et non pas réduite, pour contribuer à décourager les actes de violence et à assurer la sécurité et la protection des civils, à promouvoir les droits de l'homme, à encourager le dialogue et la réconciliation, et à surveiller l'application du cessez-le-feu du 12 août et des accords subséquents », a indiqué M. Scott.
Celui-ci a dit que les États-Unis s'attendaient à ce que la Russie s'acquitte des engagements qu'elle a pris dans le cadre de ces accords.