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09 février 2009

M. Joe Biden énonce les objectifs de la politique étrangère des États-Unis

Washington accorde désormais une grande importance à la coopération.

 
Joe Biden
Les vice-président des États-Unis d'Amérique, M. Joe Biden.

Washington - Selon le vice-président des États-Unis, M. Joe Biden, les États-Unis seront guidés dans leurs relations avec les autres pays par le principe selon lequel il n'existe pas de conflit entre leur sécurité et leurs idéaux car ils se renforcent mutuellement.

Tous les pays ont l'obligation « de s'écouter les uns les autres, d'apprendre les uns des autres et d'œuvrer de concert en faveur de la prospérité commune et de la sécurité pour tous », a-t-il dit lors du discours qu'il a prononcé à la conférence annuelle sur la sécurité qui s'est tenue à Munich (Allemagne) le 7 février.

À cette occasion, le vice-président a donné un aperçu des principes qui guideront la politique étrangère du gouvernement Obama. Ce discours très attendu est le premier à présenter les idées du président Obama en ce qui concerne les relations des États-Unis avec leurs alliés et leurs amis.

En général, c'est le ministre de la défense des États-Unis qui assiste à cette conférence, mais cette année le président Obama a envoyé M. Biden, qui était auparavant président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, pour présenter sa politique.

« Notre gouvernement rejette le faux choix entre notre sécurité et nos idéaux. Les États-Unis défendront avec vigueur leur sécurité et leurs principes, et ce faisant nous sommes convaincus que la sécurité de nous tous sera plus grande », a dit M. Biden. Si les États-Unis s'engagent à faire davantage, ils demanderont aussi davantage de leurs partenaires.

Le vice-président a souligné que M. Obama avait donné l'ordre de fermer d'ici à un an le centre de détention de terroristes situé sur la base navale des États-Unis à Guantanamo (Cuba). Le président a pris cette décision moins de quarante-huit heures après être entré en fonction le 20 janvier.

« Les États-Unis ne tortureront pas. Nous ferons respecter les droits de ceux que nous traduirons en justice », a dit M. Biden.

Outre le vice-président, plusieurs hauts responsables américains ont assisté à la conférence de Munich : le conseiller du président pour la sécurité nationale, M. James Jones, le secrétaire d'État adjoint, M. James Steinberg, le général David Petraeus, qui est à la tête du Commandement central des États-Unis, et le représentant spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan, M. Richard Holbrooke.

Un des grands principes que le gouvernement Obama suivra sera d'œuvrer de concert avec ses partenaires toutes les fois que cela sera possible et d'agir seul uniquement lorsqu'il le faudra.

« Les menaces auxquelles nous avons à faire face ne tiennent pas compte des frontières, a déclaré M. Biden. Aucun pays à lui seul, quelle que soit sa puissance, ne peut faire face à ces menaces. Nous sommes convaincus que les alliances et les organisations internationales ne diminuent pas le pouvoir des États-Unis ; nous croyons qu'elles contribuent à favoriser notre sécurité collective, nos intérêts économiques et nos valeurs. »

« Nous participerons. Nous écouterons. Nous consulterons. Les États-Unis ont besoin du monde, tout comme, j'en suis convaincu, le monde a besoin des États-Unis », a-t-il ajouté

L'examen de la politique iranienne des États-Unis

Les États-Unis examinent à l'heure actuelle leur politique envers l'Iran et ils sont disposés à entrer en pourparlers avec ce pays, a dit M. Biden.

Toutefois, Washington offre « un choix très clair aux Iraniens : poursuivre la voie actuelle, qui sera accompagnée de pressions et d'un isolement croissants, ou renoncer au programme nucléaire illicite et au soutien du terrorisme, ce qui ira de pair avec des avantages importants ». L'Iran n'agit pas d'une manière qui soit propice à la paix dans cette partie du monde ou à la prospérité du pays. « Son programme nucléaire illicite n'en est qu'une des manifestations. »

La prévention

Dans toute la mesure du possible, a-t-il dit, les États-Unis choisiront de prendre des mesures préventives. « Nous ferons appel à tous les éléments de notre puissance - force armée, diplomatie, renseignements, police, économie et culture - pour empêcher une crise de se produire. En bref, nous allons tenter de recapturer la totalité de la force des États-Unis, en commençant par la diplomatie. »

Le rôle central que le président Obama s'est engagé à accorder à la diplomatie est illustré par la nomination de deux envoyés spéciaux, l'un pour le Proche-Orient et l'autre pour l'Afghanistan et le Pakistan. Dans ces deux cas, les États-Unis souhaitent coopérer avec la communauté internationale.

« Le président Obama a demandé que l'on réalise d'un point de vue stratégique un examen de la politique américaine envers l'Afghanistan et le Pakistan pour veiller à ce que nos objectifs soient clairs et réalisables. Alors que nous entreprenons cet examen, nous souhaitons recevoir des idées de vous et de tous nos partenaires », a indiqué M. Biden.

Pour faire face à ces problèmes et aux autres problèmes de ce nouveau siècle, la défense et la diplomatie ne sont pas suffisantes. Il faut aussi avoir recours au développement.

« Les pays pauvres et les États dysfonctionnels peuvent devenir, comme vous le savez aussi bien que moi, des terrains propices à l'extrémisme, aux conflits et aux maladies, a-t-il dit. Les pays non démocratiques ne satisfont pas les aspirations légitimes de leurs habitants et suscitent le ressentiment. »

Enfin, M. Biden a indiqué qu'il était temps pour les États-Unis et leurs alliés d'œuvrer de concert avec la Russie. Les États-Unis et la Russie ne seront pas d'accord dans tous les domaines, a-t-il dit en rappelant le refroidissement des rapports entre la Russie et l'OTAN ces dernières années, mais ils peuvent agir de concert lorsque leurs intérêts coïncident, ce qui est le cas dans de nombreux domaines.

La conférence de Munich

La conférence annuelle de Munich rassemble des ministres, des spécialistes des affaires étrangères et de la défense ainsi que des journalistes et a pour objet l'étude de questions relatives à la sécurité transatlantique.

Outre l'élargissement de l'OTAN et la structure de la sécurité européenne, ces questions ont porté cette année sur la non-prolifération et la sécurité des armes nucléaires ainsi que sur des crises régionales notamment en Afghanistan, au Proche-Orient, au Moyen-Orient, au Caucase et dans les Balkans.

Le vice-président devait également s'entretenir séparément avec la chancelière allemande, Mme Angela Merkel, le premier ministre polonais, M. Donald Tusk, la première ministre ukrainienne, Mme Ioulia Tymochenko, le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, le ministre britannique des affaires étrangères, M. David Miliband, le secrétaire général de l'OTAN, le général Jaap de Hoop Scheffer, et le ministre allemand des affaires étrangères, M. Frank-Walter Steinmeier.

Le 8 février, il devait aussi avoir des entretiens avec le président de la Géorgie, M. Mikheil Saakashvili, et le premier ministre adjoint russe, M. Sergei Ivanov.

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