06 février 2009
Les États-Unis mettront l'accent sur la coopération et le partenariat.

Washington - Le vice-président Joseph Biden mettra l'accent sur la nécessité d'avoir des partenariats solides pour relever les défis communs auxquels sont confrontés les États-Unis et leurs alliés européens dans son allocution à la 45e Conférence annuelle de Munich sur la politique sécuritaire qui s'ouvre le 6 février ;
Le discours que doit prononcer M. Biden à la mi-journée, à Munich, en Allemagne, offrira la première chance au gouvernement Obama de présenter son concept de politique étrangère et les principes sur lesquels il fondera ses décisions politiques. Ce discours, que la Maison Blanche a qualifié de « marquant », lors d'un point de presse, soulignera le fait que la coopération et la diplomatie seront une force primordiale dans les relations étrangères des États-Unis, et le multilatéralisme. Cet accent servira à donner le ton à une politique qui se veut clairement différente de celle du précédent gouvernement.
Le vice-président « invitera instamment nos alliés à faire face aux questions sécuritaires économiques dans ce monde d'après la guerre froide et les attaques du 11 septembre 2001 », lit-on dans un communiqué de la Maison-Blanche.
En plus de son allocution, M. Bident aura des entretiens bilatéraux avec la chancelière allemande Angela Merkel ; le premier ministre polonais Donald Tusk ; la première ministre ukrainienne Yula Tymoshenko ; le président français Nicolas Sarkozy ; le chef de la diplomatie britannique David Miliband ; le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ; et le ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, a indiqué la Maison-Blanche, le 6 février. MM. Miliband et Steinmeier se sont tous deux récemment entretenus avec la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton à Washington.
Avant de rentrer aux États-Unis, le 8 février, M. Biden aura également des rencontres bilatérales avec le président géorgien Mikheil Saakashvili et avec le vice premier ministre russe Sergei Ivanov.
M. Biden, qui était président de la commission sur les relations étrangères au Sénat américain, sera accompagné du conseiller à la sécurité nationale James Jones, du secrétaire d'État adjoint James Steinberg, du général David Petraeus, qui dirige le Commandement central des États-Unis, chargé du Proche-Orient et de l'Asie du Sud, et de Richard Holbrooke, le représentant spécial récemment nommé pour l'Afghanistan et le Pakistan, a annoncé la Maison-Blanche.
La Conférence de Munich, qui se tient traditionnellement à l'hôtel Bayerischer de Munich, en Allemagne, rassemble, chaque année, des membres de gouvernements, des spécialistes en politique étrangère et en défense, ainsi que des journalistes, aux fins de consultations sur les questions de sécurité transatlantique.
Les organisateurs de la conférence ont fait savoir qu'outre l'élargissement de l'OTAN et de l'arrangement sécuritaire européen, d'autres thèmes seront à l'ordre du jour, parmi lesquels la non-prolifération et la sécurité des armes nucléaires, et les crises régionales telles que l'Afghanistan, le Proche-Orient, le Caucase central et les Balkans. « La conférence accordera également une attention particulière aux nouveaux défis internationaux, tels la politique sur l'énergie, les changements climatiques ou encore la cybercriminalité, ont dit les organisateurs de la conférence.
Pour ses contributions à la paix dans le monde et la coopération internationale, l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger recevra le premier Prix Ewald von Kleist de la Conférence de Munich, a dit son président, l'ambassadeur allemand Wolfgang Ischinger. La Conférence de Munich, appelée aussi Wehrkunde Conference, a été créée en 1962 par l'éditeur allemand Ewald-Heinrich von Kleist-Schmenzin.
M. Kissinger reçoit cette distinction pour les accomplissements et les travaux de sa vie. De 1969 à 1977, M. Kissinger était conseiller à la sécurité nationale et secrétaire d'État, jouant un rôle crucial dans la formulation et l'application de la politique étrangère des États-Unis sous les présidents Richard Nixon et Gerald Ford. M. Kissinger est lauréat du prix Nobel de la paix.
Ancien ambassadeur de l'Allemagne en Grande-Bretagne et aux États-Unis, M. Ischinger a dit que les relations entre l'Europe occidentale et la Russie, suite au conflit entre celle-ci et la Géorgie, en août 2008, seront l'une des questions principales auxquelles devront faire face les participants à cette conférence de trois jours.
« Une nouvelle entente entre l'Occident et la Russie, sur les questions fondamentales de la sécurité européenne et internationale, y compris les futures adhésions à l'OTAN, est nécessaire et ne s'est faite que trop attendre », a dit M. Ischinger, lors d'un point de presse en décembre. « Il nous faut donc trouver le moyen d'œuvrer de concert pour faire face aux crises actuelles et à celles de l'avenir. »
L'OTAN s'est chargée des efforts de stabilisation et de reconstruction en Afghanistan après la campagne menée sous la direction des États-Unis pour débarrasser ce pays du régime autoritaire des talibans et du groupe terroriste transnational Al-Qaïda, après les attaques terroristes du 11 septembre 2001. La Force internationale d'assistance à la sécurité, sous les auspices de l'OTAN, est chargée de contribuer à stabiliser et à rebâtir ce pays en assurant une formation à l'armée et à la police de même qu'aux membres de l'appareil judiciaire de l'Afghanistan, en appuyant la lutte contre le trafic des stupéfiants, en établissant une infrastructure économique de marché et en éliminant les talibans.
Le Sommet 2009 de l'OTAN, qui marque le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, se tiendra à Strasbourg-Kehl, à la frontière franco-allemande, les 3 et 4 avril.