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26 août 2009

M. Obama crée une unité chargée de l'interrogation de suspects liés à des groupes terroristes

 
M. Eric Holder
Le ministre de la justice, M. Eric Holder sera responsable de toute enquête éventuelle relative aux abus possibles.

Washington - En vue d'obtenir davantage de renseignements à l'aide de moyens établis scientifiquement, le gouvernement Obama a créé une unité chargée d'interroger les détenus de haut rang dont on a des raisons de croire qu'ils possèdent des informations utiles sur les groupements d'extrémistes violents, a indiqué le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche, M. Bill Burton, le 24 août.

Cette nouvelle unité, que le président Obama a formée à la suite des recommandations d'un groupe interministériel, fera partie du Bureau fédéral d'enquête (FBI). « Elle réunira tous les divers éléments des milieux du renseignement afin d'obtenir tous les renseignements possibles au moyen de méthodes bien établies sur le plan scientifique et conformes au manuel de campagne de l'armée de terre (…) C'est là une manière dont les milieux du renseignement peuvent procéder le mieux, en particulier dans les cas présentant un grand intérêt », a dit M. Burton.

Lors du discours qu'il a prononcé le 20 janvier à l'occasion de son entrée en fonction, le président Obama avait souligné qu'il n'y avait pas lieu de choisir entre la sécurité du pays et le respect de ses principes. Peu de temps après, il avait annoncé son intention de fermer le centre de détention de Guantanamo situé sur un base militaire américaine à Cuba, de mettre fin aux méthodes brutales d'interrogation par des agents du renseignement, de suspendre au moins pour cent vingt jours le fonctionnement des tribunaux militaires jugeant des personnes soupçonnées de terrorisme à Guantanamo et de supprimer les prisons maintenues secrètement à l'étranger par les milieux de renseignement des États-Unis.

Le président a promulgué un décret qui abolit ces prisons secrètes à l'étranger et donné l'ordre que tout interrogatoire de détenus devrait être conforme au manuel de campagne de l'armée de terre relatif aux interrogatoires. Ce manuel, qui date de 2006, est lui-même conforme aux Conventions de Genève et à ses protocoles que les États-Unis ont ratifiés et qui interdisent explicitement la torture et le traitement cruel, inhumain et dégradant des prisonniers. Il est également conforme à la loi de 2005 sur le traitement des détenus.

Le manuel de campagne de l'armée de terre décrit 19 techniques d'interrogation qui sont légales et en interdit 9.

Selon un article paru le 24 août dans le quotidien The Washington Post, la Maison-Blanche exercera un contrôle direct sur cette nouvelle unité par l'intermédiaire du Conseil de la sécurité nationale, et cette unité sera composée de spécialistes de plusieurs organismes de renseignement et d'organismes chargés de veiller au respect de la loi.

En réponse à des questions relatives à l'éventualité de l'ouverture d'une enquête sur les abus qu'auraient commis des interrogateurs américains et de leur traduction en justice, M. Burton a indiqué que le président Obama était d'avis que ces décisions revenaient au ministre de la justice, M. Eric Holder.

« Lorsque le président a nommé M. Holder au poste de ministre de la justice, a-t-il fait remarquer, il a dit clairement qu'il voulait qu'il soit indépendant et qu'il voulait que le ministère de la justice soit aussi indépendant. Il a une grande confiance en M. Holder, qui devra prendre les décisions pertinentes. »

Le président a aussi déclaré que les Américains devaient regarder vers l'avenir et non vers le passé. Il est d'avis avec le ministre de la justice que « toute personne qui a commis des actes qui ont été sanctionnés ne doit pas être poursuivie en justice », a précisé M. Burton.

Selon des informations parues dans les médias, M. Holder a décidé, le 24 août, de nommer un procureur et de le charger d'enquêter dans une dizaine d'affaires où des interrogateurs de la CIA et d'organismes du secteur privé sont accusés d'avoir enfreint les lois interdisant la torture, entre autres, lors de leur interrogatoire de suspects liés à des groupements d'extrémistes violents.

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