25 août 2009

Washington - L'Afghanistan est encore dans une situation vulnérable face à la menace d'insurgés qui tentent de reprendre en main le pays, et cette menace ne va pas disparaître de sitôt, a déclaré le chef de l'état-major interarmées, l'amiral Mike Mullen.
Dans deux semaines environ, a-t-il dit, le commandant des forces américaines et des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, devrait annoncer une nouvelle stratégie qui sera accompagnée d'une évaluation de la situation dans ce pays. « Les consignes qu'il a reçues étaient d'assumer le poste de commandant, de former une nouvelle équipe, de revenir et de nous dire exactement comment il évalue la situation sur le terrain. »
L'amiral Mullen et l'ambassadeur des États-Unis en Afghanistan, M. Karl Eikenberry, ont accordé une interview aux chaînes de télévision CNN et NBC le 23 août, à la suite des élections présidentielle et provinciales qui ont eu lieu le 20 août en Afghanistan. Les résultats définitifs de ces élections ne sont pas encore connus, mais il semble qu'un second tour de scrutin sera nécessaire pour l'élection présidentielle.
« L'évaluation que le commandant McChrystal nous soumettra dans deux semaines ne portera pas spécifiquement sur les besoins de ressources supplémentaires. Nous traiterons de la question des ressources supplémentaires nécessaires par la suite », a indiqué l'amiral Mullen.
Le président Obama a fixé la base de la nouvelle stratégie en Afghanistan le 27 mars. Cette stratégie doit porter sur la destruction des réseaux de terroristes et également sur diverses tactiques, dont le renforcement des forces régionales de sécurité et l'accroissement de l'importance accordée à la diplomatie, au développement et à la coopération internationale.
« Il nous faut veiller à ce que ni l'Afghanistan ni le Pakistan puissent servir de refuge à Al-Qaïda », a déclaré M. Obama le 29 mars. Il a indiqué que la nouvelle stratégie générale ne devait pas se limiter à l'aspect militaire, mais qu'elle devrait prévoir le rôle d'agronomes, de médecins, d'ingénieurs chargés de créer un environnement dans lequel la population se rendrait compte qu'elle avait tout intérêt à avoir des relations de partenariat avec les États-Unis et le reste de la communauté internationale plutôt que de céder à la tentation de certaines idéologies extrémistes.
La nouvelle stratégie fait suite à plusieurs mois d'études et de consultations étroites avec des responsables afghans et pakistanais, ainsi qu'avec les alliés des États-Unis qui font partie de la Force internationale d'assistance à la sécurité sous la direction de l'OTAN.
« Un élément essentiel de notre stratégie consiste à former les membres de l'armée nationale afghane pour qu'elle joue un rôle de premier plan », a précisé M. Obama.
Pour sa part, M. Eikenberry a déclaré que les élections revêtaient une importance historique, mais qu'elles avaient été entravées en partie par des insurgés qui étaient résolus à les empêcher. Les élections ont été difficiles, a-t-il dit tout en ajoutant qu'elles avaient aussi offert l'occasion de réaffirmer la confiance et les liens entre les Afghans et leur gouvernement. Au cours des trente dernières années, l'Afghanistan a connu la guerre civile, l'occupation russe et l'effondrement complet de ses institutions politiques et de l'État de droit, ce qui avait permis à des terroristes étrangers d'exercer leur contrôle sur l'État.
Les forces des États-Unis et de l'OTAN doivent, selon l'amiral Mullen, commencer à changer la situation en matière de sécurité dans les douze à dix-huit prochains mois. « Je pense, a-t-il dit, que la situation est grave et qu'elle continue de s'aggraver (…) Les insurgés talibans sont devenus plus à même d'appliquer leur tactique et de la perfectionner. »
L'armée nationale et la police nationale afghanes, a indiqué de son côté M. Eikenberry, assument une plus grande responsabilité pour assurer la sécurité, sont beaucoup plus compétentes et montrent qu'elles sont de plus en plus en mesure de garantir la sécurité de la population.
Le 27 mars, M. Obama a annoncé son intention de renforcer les forces américaines en Afghanistan. Les États-Unis ont déjà quelque 58.000 soldats dans ce pays, et leur nombre devrait atteindre 68.000 avant la fin de l'année. Quant à l'OTAN, sa Force internationale d'assistance à la sécurité se compose de quelque 39.000 soldats.
Les talibans qui apportaient leur soutien au réseau de terroristes Al-Qaïda ont perdu le pouvoir et été chassés du pays à la fin de 2001, après la survenance des attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis.