19 août 2009

Washington - Le président Obama a réaffirmé son engagement, de concert avec son homologue égyptien Hosni Moubarak, à relancer le processus de paix israélo-palestinien.
« Nous avons évidemment de nombreux défis à relever, et nous continuerons à coopérer à la recherche des éléments qui peuvent présenter des domaines d'entente et à travailler ensemble en faveur de la paix et de la sécurité dans la région », a dit le président Obama le 18 août à l'issue d'un entretien prolongé avec M. Moubarak. Celui-ci n'avait pas tenu de consultations à Washington depuis 2003.
« La situation israélo-arabe est un dossier d'intérêt permanent, et nous avons eu une longue conversation sur les moyens qui nous permettraient de contribuer à la reprise d'un processus efficace pour toutes les parties impliquées, afin de rompre un statu quo qui n'est avantageux ni pour le peuple israélien, ni pour le peuple palestinien, ni en fait, à mon avis, pour toute la région », a expliqué M. Obama.
Bien que les entretiens entre les deux dirigeants aient porté sur un vaste éventail de dossiers, le processus de paix au Proche-Orient, qui est un objectif stratégique du gouvernement Obama, était au centre de leur conversation. MM. Obama et Moubarak s'étaient entretenus le 4 juin dans la capitale égyptienne quand le chef de l'exécutif américain avait prononcé son discours aux musulmans du monde entier à l'université du Caire, puis s'étaient de nouveau rencontrés en Italie lors du sommet du G8.
« Nous avons parlé des préoccupations que nous partageons au regard de la prolifération potentielle d'armes nucléaires dans la région, y compris de la mise au point de telles armes par l'Iran, et de la manière dont nous pourrions collaborer sur ces fronts », a dit M. Obama.
Les deux dirigeants se sont également penchés sur le dossier irakien et ont examiné les moyens de renforcer ce pays alors qu'il entame une transition d'une période de guerre à un climat politique et économique plus stable. Le président Obama a ajouté qu'il avait discuté avec son homologue des moyens de promouvoir les intérêts des États-Unis et de l'Égypte en matière de développement, d'éducation et de santé publique.
« Et pour vous donner un exemple seulement, nous nous sommes mis d'accord pour travailler de pair avec l'Organisation des États islamiques pour éradiquer la poliomyélite, une maladie que nous avons combattue avec succès ici aux États-Unis, mais qui touche encore des membres des communautés musulmanes de par le monde », a précisé M. Obama.
M. Moubarak a fait l'éloge du discours que le président Obama avait adressé en juin aux musulmans, disant qu'il avait éliminé tous les doutes quant à l'opinion des États-Unis à l'égard des musulmans du monde entier. « L'importance de la visite de M. Obama au Caire a été énormément appréciée par le monde musulman et islamique parce que celui-ci avait cru que les États-Unis étaient en guerre contre l'Islam, mais son grand discours extraordinaire a éradiqué tous ces doutes », a déclaré M. Moubarak par le truchement d'un interprète.
« Nous nous sommes peut-être concentrés sur la question palestinienne parce qu'elle est d'une importance cruciale et qu'elle a un effet sur le monde, sur la région, que ce soit sur l'Occident ou sur les États-Unis », a ajouté M. Moubarak.
À une question de la presse sur les informations selon lesquelles le gouvernement israélien n'aurait pas accordé de permis pour la construction de nouvelles implantations dans les territoires de Cisjordanie, M. Obama a répondu en disant qu'il y avait eu un mouvement dans le bon sens à cet égard.
« J'ai commencé dès le début par dire que toutes les parties concernées devaient prendre certaines mesures concrètes pour relancer des négociations sérieuses, pour régler ce qui est un conflit qui perdure et qui n'est bon ni pour le peuple israélien ni pour ses voisins », a dit le président Obama. « Et je pense que le gouvernement israélien a pris ses discussions avec nous très au sérieux. »
M. Obama a ajouté qu'il enverrait son envoyé spécial George Mitchell pour une nouvelle tournée dans la région d'ici une semaine pour encourager les pourparlers sur un vaste éventail de questions.
Le président Obama s'est aussi dit encouragé par les informations selon lesquelles certains points de contrôle en Cisjordanie auraient été éliminées, que les capacités des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne se seraient améliorées et que celles-ci auraient été en mesure de faire face aux questions sécuritaires en Cisjordanie, et qu'il y aurait une certaine croissance de l'activité économique sur ce territoire.
« Cela crée un climat dans lequel il nous est possible de voir certains pas positifs et d'espérer de négocier en vue d'un règlement définitif de ces problèmes tenaces », a dit M. Obama.
« Toutes les parties devront prendre certaines mesures. Toutes les parties devront prendre certains risques », a-t-il ajouté.
M. Moubarak a indiqué qu'il avait eu des entretiens avec des responsables israéliens et palestiniens. « Nous avons eu de très bonnes conversations et nous nous avançons dans la bonne direction », dit-il. Mais il a ajouté que les négociations sur le statut définitif entre les Israéliens et les Palestiniens ne seraient pas faciles. « C'est pourquoi je suis venu ici aujourd'hui pour parler au président Obama et pour m'assurer que si nous œuvrons pour aller de l'avant sur ce dossier, nous pourrons donner plus d'espoir et de confiance aux gens », a souligné M. Moubarak.
Celui-ci s'était entretenu le 17 août pendant environ une heure avec la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, en vue de sa rencontre avec M. Obama à la Maison-Blanche. L'entretien entre M. Moubarak et Mme Clinton a porté sur divers sujets, allant des questions bilatérales à la sécurité régionale et à plusieurs dossiers internationaux intéressant l'Égypte et les États-Unis, a dit le secrétaire d'État adjoint Philip Crowley.