17 août 2009

Washington - Persuadé que le bien-être et la sécurité des Américains sont « inextricablement liés » à ceux des autres peuples du monde, le gouvernement Obama a entrepris « des changements assez remarquables » en faveur du multilatéralisme aux Nations unies, a déclaré la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, Mme Susan Rice.
« Les États-Unis sont de retour » sur la scène internationale, a-t-elle déclaré le 12 août à l'université de New York. « Nous nous y engageons avec passion et détermination parce que nous savons que le changement qui a vu le jour en Amérique peut aussi changer le monde. Le moment d'agir est aujourd'hui. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont nombreux mais les possibilités le sont encore plus. Et nous les saisirons toutes. »
Des défis internationaux extraordinaires, tels les dangers de la prolifération nucléaire, les changements climatiques, les pandémies et la crise financière mondiale, menacent la sécurité des États-Unis en ce XXIe siècle, a indiqué Mme Rice.
« Il n'a jamais été aussi nécessaire qu'aujourd'hui d'œuvrer en faveur d'une coopération multilatérale efficace pour répondre aux intérêts des États-Unis et pour assurer un avenir commun de paix et de prospérité », a affirmé Mme Rice. Cette coopération exige un nombre toujours plus grand « d'États démocratiques, compétents », doués de la volonté politique nécessaire pour relever les défis transnationaux.
Mais Mme Rice, qui était conseillère en politique étrangère de M. Obama lors de sa campagne présidentielle de 2008, a ajouté que le gouvernement reconnaissait « la simple réalité » que si les États-Unis souhaitent la coopération des autres sur les menaces qui les concernent eux-mêmes le plus, ils doivent aussi collaborer avec les autres pays sur les défis qui sont les plus pressants pour ces derniers.
« Pour un grand nombre de pays, ces menaces consistent tout d'abord en questions qui touchent les personnes dans la vie de tous les jours : la corruption, la répression, les conflits, la faim, la pauvreté, les maladies et le manque d'éducation et de possibilités économiques », a souligné Mme Rice.
« Lorsque nous manifestons notre engagement de nous attaquer aux dangers qui menacent tant d'autres pays, quand nous investissons pour protéger la vie des autres et quand nous reconnaissons que la sécurité nationale n'exclut pas les autres, alors nous accroissons la volonté des autres pays de coopérer avec nous sur les questions qui sont les plus vitales pour nous », a dit Mme Rice.
Les Nations unies, à leur meilleur, aident à rebâtir les sociétés déchirées par les conflits et les catastrophes, à établir les fondements de la démocratie et du développement, et à créer les conditions dans lesquelles les gens peuvent vivre dans la dignité et le respect mutuel, a dit Mme Rice.
En même temps, le gouvernement Obama est conscient du fait que les Nations unies sont imparfaites, avec des divisions au Conseil de sécurité qui ont eu des effets sur les réponses à des crises telles que celles du Darfour, du Zimbabwé et de la Birmanie, avec « de la politique théâtrale » qui distrait des questions importantes à l'Assemblée générale où Israël « est injustement pointé du doigt », et avec un système « de gaspillage et d'abus » auquel il faut faire face tout en relevant « les nouvelles responsabilités qui sont écrasantes », a souligné l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU.
Mme Rice a mis l'accent sur plusieurs aspects qui distingueront la nouvelle approche des États-Unis envers l'ONU sous le gouvernement Obama.
Le gouvernement Obama se tourne vers les Nations unies pour la promotion de ses intérêts essentiels de sécurité nationale, tels la non-prolifération nucléaire, la stabilité et le développement en Irak et en Afghanistan, et les missions de maintien de la paix de par le monde pour prévenir les conflits violents et la déstabilisation régionale, a dit Mme Rice.
Deuxièmement, les États-Unis participent maintenant au Conseil des droits de l'homme après avoir refusé d'y briguer un siège dans le passé. Mme Rice a reconnu l'existence de certaines défaillances à ce conseil devant lequel « les dictateurs ne sont pas tenus responsables de leurs actes de répression, où les voix des citoyens victimes d'abus ne sont pas écoutées, et où des attaques obsessives et sans but ont fait rage contre Israël ». Mais le refus des États-Unis d'y siéger n'a donné aucun résultat, a ajouté Mme Rice.
« Le changement réel ne vient pas si l'on reste sur la touche. Il ne peut se faire que grâce à une diplomatie assidue fondée sur des principes. C'est pourquoi nous œuvrerons pour réduire les divisions habituelles. Nous demanderons qu'Israël soit traité équitablement. Nous amplifierons les voix de ceux qui souffrent sous le joug des régimes les cruels du monde. Et nous dirigerons par l'exemple, par notre comportement dans notre pays et par notre appui en faveur de ceux qui risquent leur vie pour défendre la démocratie et les droits de la personne à l'étranger », a précisé Mme Rice.
Sept mois seulement après son entrée en fonction, le gouvernement Obama a changé plusieurs aspects de la politique américaine et notamment adopté les Objectifs du millénaire pour le développement, permettant d'allouer des fonds fédéraux à des programmes qui appuient la planification familiale et les soins de santé génésique, contribuant au Fonds des Nations unies pour la population, signant la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées, soutenant la déclaration de l'Assemblée générale contre la violence et la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle de la personne, et cessant de s'opposer à toute mention de santé génésique ou de la Cour pénale internationale.
Les États-Unis s'acquitteront de leurs obligations envers les Nations unies, a affirmé Mme Rice. « Nos paiements aux Nations unies sont des obligations prises dans le cadre de traités et nous sommes engagés à œuvrer de concert avec le Congrès américain pour les régler entièrement et dans les délais prévus », a-t-elle dit. Le Congrès a permis aux États-Unis de régler ses arriérés de paiements de 2005 à 2008 au regard du budget régulier et de maintien de la paix de l'ONU ; Mme Rice a ajouté que Washington s'acquitterait également de ses obligations au regard du budget des opérations de maintien de la paix 2009.
Le projet de budget soumis par le gouvernement Obama au Congrès comprend des dispositions qui permettront aux États-Unis de s'acquitter de leurs paiements dans les délais prévus et « de mettre fin à la pratique, entamée dans les années 1980, de payer les sommes que nous devons aux Nations unies et à d'autres organisations internationales importantes avec près d'un an de retard », a expliqué Mme Rice.
Avec un comportement responsable à la direction, un ton décent et respectueux, « une politique pragmatique fondée sur des principes » et en respectant les mêmes règles que les autres pays doivent respecter, le gouvernement Obama bâtira la volonté politique chez les autres nations d'œuvrer de concert avec lui pour relever les défis mondiaux, a dit Mme Rice.