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29 avril 2009

La stabilité au Pakistan est au cœur des efforts des É.-U. en Afghanistan

 
M. Robert Gates et des Marines américains
Le ministre de la défense, M. Robert Gates salue des Marines en route pour l'Afghanistan à Camp Lejeune (Caroline du Nord) le 23 avril.

Washington - La stabilité durable de la démocratie au Pakistan est l'un des objectifs centraux qui motivent les activités des membres de la coalition militaire dirigée par les États-Unis en Afghanistan de même qu'elle définit les relations américano-pakistanaises, a affirmé le ministre de la défense Robert Gates.

« Ce que j'espère, c'est que le gouvernement pakistanais en viendra de plus en plus à reconnaître que la présence de talibans sur son territoire met en danger l'existence même d'un gouvernement démocratique dans le pays », a dit M. Gates lors d'une conférence de presse tenue le 23 avril lors de sa visite au camp « Lejeune » de marines en Caroline du Nord. Ces marines s'apprêtent à être déployés en Afghanistan dans les prochains jours.

« Je pense que certains des dirigeants pakistanais comprennent certainement cela déjà, mais il est aussi important qu'ils soient conscients de la nécessité de prendre les mesures appropriées pour y faire face. »

Ces préoccupations exprimées par Washington et d'autres capitales découlent de l'intensification des activités des insurgés talibans, qui lancent leurs opérations contre l'Afghanistan à partir de leurs bases dans les régions tribales du nord-ouest du Pakistan. Au lendemain des propos faits par M. Gates au camp Lejeune, un responsable des talibans a dit qu'il repliait ses hommes de la vallée de Buner, qui est située à seulement 100 kilomètres d'Islamabad, la capitale pakistanaise.

M. Gates a déclaré que les États-Unis souhaitent appuyer le gouvernement pakistanais mais il a souligné « qu'il était important que celui-ci reconnaisse les dangers qui menacent réellement le pays ».

Le président Obama tiendra des consultations trilatérales avec son homologue afghan Hamid Karzaï et le chef de l'État pakistanais Asif Ali Zardari les 6 et 7 mai prochains à Washington.

Une stratégie nouvelle

Vers la fin du mois de mars, le président a annoncé une nouvelle stratégie visant à perturber, démanteler et vaincre le groupe terroriste Al-Qaïda et les éléments résiduels de l'ancien régime taliban qui cherchent à reprendre le pouvoir en Afghanistan. Lors d'une récente audition au Congrès américain, la vice-ministre de la défense Michèle Flournoy a dit que pour accomplir cette mission, les États-Unis doivent éliminer les abris sûrs de ces groupes dans le massif montagneux situé à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan.

« Tous les éléments de notre pouvoir national que nous employons - politiques, diplomatiques, militaires et économiques - doivent tendre à cet objectif », a souligné Mme Flournoy. Et le succès de cette stratégie dépendra des fonds, des ressources et du temps qu'on aura consacrés à la faire aboutir, a-t-elle souligné.

Le président Obama a également indiqué qu'il enverrait en renfort en Afghanistan 17.000 soldats et marines qui se joindraient au cours des prochains mois aux 38.000 hommes déjà sur le terrain. Il a également ordonné le déploiement de 4.000 militaires supplémentaires qui seraient chargés de fournir de l'entraînement à l'armée afghane.

Chaque unité de combat des forces américaines en Afghanistan sera affectée en partenariat à une unité afghane, et les États-Unis demanderont à leurs alliés de l'OTAN d'envoyer du personnel d'entraînement afin de garantir que chaque unité afghane soit secondée par un partenaire de la coalition. Cet objectif vise à accroître les effectifs de l'armée et de la police afghanes pour les faire passer respectivement d'environ 80.000 à 134.000 soldats et de 78.000 à 82.000 agents.

Actuellement, le nombre total des forces américaines et alliées en Afghanistan se monte à 70.140 soldats, selon le Pentagone et l'OTAN.

De plus, M. Obama a indiqué avoir demandé au Congrès d'adopter une proposition de loi de finances qui prévoit un appui direct au Pakistan d'un montant de 1,5 milliard de dollars par an pendant cinq ans pour rebâtir l'infrastructure civile et renforcer le gouvernement pakistanais.

Sur le plan de la défense, Mme Flournoy a dit que les militaires œuvreraient pour renforcer les compétences des deux pays dans la lutte contre le terrorisme et l'insurrection.

M. Gates a indiqué que les États-Unis chercheraient à obtenir l'aide de leurs alliés et partenaires dans le cadre, entre autres, des activités visant à accroître les compétences civiles en Afghanistan, leur demandant d'envoyer « des experts comme des agronomes, des vétérinaires, des personnes qui savent installer des systèmes de distribution d'eau, des enseignants, des comptables, des avocats et ainsi de suite ».

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