23 avril 2009
Les entretiens entre la secrétaire d'État américaine et Mme Johnson Sirleaf ont aussi porté sur le développement en Afrique.

Washington - À l'issue de son entretien au département d'État avec la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf le 21 avril, la secrétaire d'État américaine Hillary Rodham Clinton s'est félicitée lors d'une conférence de presse du programme de réduction de la dette récemment mis en vigueur au Libéria et a réaffirmé la détermination des États-Unis à soutenir le développement de ce pays.
Mme Clinton a fait l'éloge de Mme Sirleaf et de son gouvernement pour les négociations qu'ils ont récemment menées à bien et qui leur ont permis d'éliminer environ 1,2 milliard de dollars de leur dette commerciale. « Les États-Unis sont fiers d'avoir contribué à cet effort par l'entremise du Fonds de désendettement des pays de l'Association internationale de développement de la Banque mondiale », a déclaré Mme Clinton.
« Depuis 2007, les États-Unis ont consacré plus de 211 millions de dollars à l'apurement des arriérés au titre du service de la dette du Libéria au Fonds monétaire international et à la Banque africaine de développement, a ajouté Mme Clinton. « Et nous avons annulé plus de 390 millions de dollars de sa dette bilatérale. »
Mme Clinton s'est engagée « à aller au-delà des termes » d'allègement de la dette négociés par le Libéria et « d'annuler le total de sa dette aux États-Unis quand il aura atteint le point d'achèvement prévu au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ».
« Nous sommes fiers d'avoir joué un rôle clé dans l'élimination de la dette du Libéria, ce qui permettra aux enfants libériens de ne pas avoir à épauler une dette à laquelle ils n'ont absolument rien contribué, m'a affirmé sa présidente. Nous continuerons à soutenir fermement la transformation du Libéria auquel nous avons alloué plus d'un milliard de dollars en aide bilatérale au cours des trois dernières années », a indiqué Mme Clinton.
« Avec notre programme exhaustif d'assistance, nous souhaitons entre autres aider les Libériens à revigorer l'économie, encourager la croissance dans le secteur privé, rebâtir l'infrastructure vitale, améliorer la gouvernance, renforcer la primauté du droit, utiliser les ressources naturelles de manière durable, et assurer la paix et la sécurité », a précisé la secrétaire d'État.
Mme Clinton a ajouté que la Société du Compte du millénaire des États-Unis (MCC) œuvrait de concert avec le Libéria pour mettre au point un programme dit de seuil qui lui permettrait par la suite de recevoir une aide supplémentaire visant la réduction de la pauvreté, la croissance économique durable et l'amélioration de la gouvernance.
Le Programme du seuil du MCC a été établi pour aider les pays qui sont sur le point de devenir admissibles aux Accords de la Société du Compte du millénaire qui fournissent une plus grande assistance. Ce Programme vise à aider les pays à concentrer leurs efforts sur les faiblesses spécifiques de leur politique, telles que déterminées par une évaluation de 17 points particuliers dans 3 catégories : la gouvernance équitable, les investissements dans le développement humain et les efforts en faveur de la liberté économique.
Mme Clinton a dit que c'était « un grand honneur et un privilège personnel » que d'accueillir Mme Sirleaf au département d'État. « Je lui suis reconnaissante à la fois pour son rôle à la tête du Libéria et pour son amitié, et je lui suis particulièrement reconnaissance pour le fait qu'elle n'ait jamais perdu de vue l'objectif de sa mission primordiale - à savoir, faire en sorte que le peuple de son pays puisse vivre sa vie dans la paix et la sécurité, qu'il ait la possibilité de progresser dans la limite de ses propres compétences et d'élever des enfants qui connaîtront un avenir encore meilleur. Mme Sirleaf a aussi continué à s'occuper des questions qui touchent les femmes et les petites filles, ce qui est très important pour moi », a ajouté Mme Clinton.
Pour sa part, Mme Sirleaf a fait l'éloge de la secrétaire d'État pour ses efforts en faveur des droits des femmes et de l'éducation des petites filles - deux facteurs qui jouent un rôle clé dans le processus de développement en Afrique.
Mme Sirleaf a décrit les conditions actuelles dans son pays. « Le Libéria se redresse après 14 ans de conflit, une période au cours de laquelle le pays était négligé et rien n'était fait pour mettre ses ressources au service du développement du peuple… Quand nous sommes entrés en fonctions, nous avions à faire face à une économie effondrée, à une infrastructure détruite, et à un grand nombre de jeunes gens qui n'avaient connu que la guerre et les privations. »
« Mais aujourd'hui nous sommes heureux d'avoir eu la chance de pouvoir rebâtir le pays », a déclaré Mme Sirleaf à la presse. L'ancienne économiste et banquière éduquée à Harvard a ajouté : « Nous avons formulé une stratégie de réduction de la pauvreté, tenté de réformer notre secteur sécuritaire pour qu'il puisse fonctionner de nouveau, et rebâti notre économie. Nous disons toujours que le Libéria n'est pas un pays pauvre ; c'est simplement un pays qui a été mal géré. C'est pourquoi, grâce à nos ressources naturelles, nous pouvons ouvrir notre économie - minerais, forêts, poisson, agriculture. Nous pouvons alors créer de l'emploi pour notre peuple. »
La présidente du Libéria a également dit que son gouvernement travaillait diligemment à réhabiliter l'infrastructure du pays.
Mme Sirleaf a remercié les États-Unis pour son appui durable. La volonté commune des membres des deux partis d'aider les Libériens, a-t-elle ajouté, permet à ces derniers de dire maintenant : « Nous avons bien avancé sur la voie où nous nous étions engagés comme un État en faillite - ce qu'était le pays il y a deux ans - vers un avenir qui, nous l'espérons, sera l'histoire d'une réussite à l'issue d'un long conflit. »
« Nous savons que nous sommes principalement responsables de notre propre développement, que nous devons rendre compte à notre peuple de l'utilisation bien avisée de nos ressources, que vous devez recevoir des dividendes pour les investissements que vous faites en faveur de notre paix et de notre développement et que nous devons parvenir aux résultats que nous souhaitons tous », a affirmé Mme Sirleaf à son auditoire.