08 avril 2009

Washington - Le 7 avril, le président Obama a fait une visite surprise en Irak, où il a déclaré que le retrait progressif des forces américaines contribuerait à cimenter les progrès en matière de sécurité au fur et à mesure que le gouvernement irakien continuerait d'asseoir son autorité.
« Vous avez donné à l'Irak une chance d'être un pays démocratique indépendant », a déclaré M. Obama aux troupes américaines rassemblées au camp Victory à proximité de Bagdad. « Il est temps de transmettre (le contrôle) aux Irakiens. Ils doivent prendre la responsabilité de leur pays et de leur souveraineté. »
M. Obama est arrivé en Irak de Turquie, la dernière étape de sa tournée d'une semaine durant laquelle il a participé au sommet du G20 à Londres, au Sommet du soixantième anniversaire de l'OTAN à Strasbourg (France) et à Kehl (Allemagne), et à des discussions avec les responsables de l'Union européenne à Prague, durant lesquelles il a lancé un appel à la réduction des arsenaux nucléaires. Un peu plus tôt dans la même journée, il avait évoqué les efforts de stabilisation de l'Irak - un sujet de premier plan de sa campagne électorale de 2008 - lors d'une table ronde avec des étudiants turcs à l'université Mimar Sinan d'Istanbul.
« J'étais opposé à la guerre en Irak. Je pensais que c'était une mauvaise idée. Maintenant que nous y sommes, j'ai la responsabilité de m'assurer que nous retirons nos troupes, et que nous le faisons de façon suffisamment prudente pour éviter un effondrement total dans le chaos. »

Après sa visite des troupes américaines, M. Obama et son conseiller à la sécurité nationale James Jones se sont entretenus avec le commandant de la coalition, le général Ray Odierno, au palais al-Faw, où M. Obama a également eu de brefs entretiens avec le premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le président Jalal Talabani.
M. Obama s'est félicité des progrès politiques, mais a reconnu que la sécurité demeurait fragile, comme le prouvait l'attentat à la voiture piégée perpétré le matin même dans le quartier de Sadr City de Bagdad. Selon les médias, une série d'explosions a en effet fait 37 victimes. « Il est important que les gens sachent qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. »
« Vous avez constaté une plus grande volonté de la part de toutes les factions irakiennes de régler leurs différends par des moyens politiques et non violents. Mais avec les élections nationales qui approchent, nombre des dossiers qui n'ont pas été bouclés risquent de reprendre de l'importance », a dit M. Obama. « Il est important que nous exercions toute notre influence pour encourager les parties à régler ces problèmes de façon équitable et juste. »
Le 27 février dernier, M. Obama a annoncé que son gouvernement avait l'intention de retirer près de 142.000 troupes d'Irak. Ces forces se replieront sur des bases situées en dehors des grandes villes d'ici au 30 juin, d'où elles se prépareront à quitter le pays. Les effectifs déployés devraient rester à peu près constants jusqu'aux élections générales irakiennes, qui auront lieu en décembre. Ensuite, le processus de retrait commencera sérieusement.
En 2011, lorsque toutes les troupes américaines devront quitter le territoire irakien conformément à l'Accord sur le statut des forces passé entre les États-Unis et l'Irak, de 35.000 à 50.000 hommes resteront sur place afin de former, d'équiper et de conseiller les forces irakiennes de sécurité ; de mener des opérations ciblées de contreterrorisme ; et de protéger les activités civilo-militaires américaines. M. Obama a déclaré qu'il aimerait achever le retrait des troupes à l'avance du calendrier établi.
« Le retrait de notre armée devrait envoyer un message clair indiquant que l'Irak est responsable de son avenir. Le succès à long terme de la nation irakienne dépendra des décisions prises par les dirigeants et du courage du peuple irakiens. »
Au fur et à mesure que les brigades de combat se retireront, les États-Unis poursuivront le deuxième volet de leur stratégie, à savoir une diplomatie soutenue en faveur d'un Irak plus pacifique et plus prospère. Le nouvel ambassadeur des États-Unis auprès de ce pays, M. Christopher Hill, sera à la tête de cet effort. Il quittera donc son poste de secrétaire d'État adjoint aux affaires de l'Asie du Sud et du Pacifique et de principal négociateur au sein des pourparlers à Six relatifs au programme nucléaire nord-coréen.
Les Irakiens « vont devoir se concentrer sur la fourniture de services publics qui donneront confiance aux citoyens. Nous ne pouvons pas le faire pour eux. Mais ce que nous pouvons faire, c'est de faire en sorte d'être des partenaires inconditionnels, de les soutenir et de veiller à leur succès. »