08 avril 2009

Washington – Le président des États-Unis, M. Barack Obama, a déclaré que le quinzième anniversaire du génocide rwandais de 1994 constituait une « sombre commémoration » qui faisait réfléchir sur la mort de plus de huit cent mille personnes tuées « simplement à cause de leur appartenance ethnique ou de leurs opinions politiques ».
« Le souvenir de ces événements renforce en outre notre détermination à agir face au génocide et à nous unir à des partenaires de par le monde afin de prévenir de telles atrocités à l'avenir. Ce chiffre de huit cent mille est si énorme, si effrayant qu'il risque de devenir une statistique », dit-il dans le communiqué que la Maison-Blanche a diffusé le 7 avril.
Quelque 800.000 hommes, femmes et enfants rwandais ont été tués en l’espace de cent jours en avril et juin 1994. La plupart des victimes étaient des Tutsis, mais aussi des Hutus de tendance modérée. Le génocide a fait suite à la mort du président Juvénal Habyarimana, qui était hutu et dont l’avion a été abattu alors qu’il s’apprêtait à atterrir à l’aéroport de Kigali le 6 avril 1994.
« Alors que nous pleurons leur mort insensée, nous devons également saluer les hommes et les femmes courageux qui ont survécu au génocide et qui ont, depuis, fait preuve d'une force et d'une générosité remarquables en pardonnant aux auteurs de ces faits abominables », déclare M. Obama dans le communiqué.

Les États-Unis, ajoute-t-il, sont très attachés à leurs relations de partenaire avec le Rwanda et « ne cesseront d'appuyer les efforts qui seront déployés en vue d'y favoriser le développement, le respect des droits de l'homme et la paix permanente ».
Pour sa part, la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, a souligné que les Rwandais avaient fait un travail héroïque au cours des quinze dernières années pour retrouver une vie normale. « Leur exemple nous inspire et nous leur offrons notre soutien pour leur reconstruction extraordinaire dans les domaines politique et socio-économique. »
Quant à la représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU, Mme Susan Rice, elle a fait état de ses souvenirs du génocide. Elle était membre du Conseil national de la sécurité du président Clinton lorsqu’elle s’est rendue au Rwanda six mois après cette épuration ethnique.
« Pour moi, le souvenir d’avoir marché autour et au-dessus des cadavres restera le rappel le plus fulgurant que l’on puisse imaginer de ce que notre tâche ici doit viser à prévenir », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie organisée au siège de l’ONU le 7 avril, à New York.
« Le Rwanda, a-t-elle dit, occupe sa place tragique dans la sombre litanie des grands massacres du XXe siècle. »
Ce pays n’a pas souffert du fait des « anciennes haines » entre les tueurs hutus et les victimes tutsies. « Il a souffert de l’action de démagogues modernes, des ex-FAR (forces armées rwandaises), des Interahamwe, de Radio Mille Collines. Il a souffert de l’action de ceux qui étaient disposés à tuer au nom de différences ethniques, de ceux qui considéraient la division et la mort comme un moyen d’obtenir le pouvoir.
« Il a également souffert de l’inaction de la communauté internationale, des institutions internationales et des gouvernements individuels, y compris le mien, face à la vaste propagation du mal. »